Le collectif Pierre&Marie (Pierre Brassard et Marie-Pier Lebeau) entremêle des oeuvres photographiques et sculpturales. Les photos et la sculpture représentent des guimauves qui symbolisent l'idée du jeu, du vice, de l'éphémère, de la célébration, de la fragilité et du cycle de la vie.

RÉcréation à MATERIA: dans la sphère du jeu, du malaise et des sens

Une souris perdue dans une mégaguimauve calcinée, une machine à pop-corn d'inspiration médiévale, un piano-robot bricolé avec des couvercles de chaudron : le Centre MATERIA, à Québec, convie le public dans la sphère du jeu, avec une exposition qui titille les sens, même le toucher.
Présentée jusqu'au 22 mai, RÉcréation est une chouette proposition qui rassemble les oeuvres de 10 artistes multidisciplinaires sous le commissariat de Nathalie Racicot. Son objectif? Trouver le lien entre le jeu et les arts. Elle a sélectionné certains artistes dont elle connaissait les oeuvres, Yann Farley, notamment, et ses Instruments sonores à clavier sur lesquels les visiteurs ont le droit de jouer.
<p>Yann Farley a utilisé des couvercles de chaudron pour fabriquer son<i> Instrument sonore à clavier</i>. </p>
Charnier 2 ou There Will Always Be Joy at the Mountain Top, d'Olivier Roberge, est une oeuvre troublante. L'adulte qui l'appréhende d'en haut ressent la joie simple de personnages s'amusant dans une éclaircie au sommet d'une montagne. Vue d'en bas, la maquette révèle le chemin douloureux qui mène à ce parc parsemé de cadavres lilliputiens. Ébéniste de formation, Olivier Roberge a construit un piédestal afin que les enfants aient accès, eux aussi, à la félicité.
<p>L'ébéniste Olivier Roberge est fou des maquettes. Baptisée <i>Charnier 2 ou There Will Always Be Joy at the Mountain Top</i>, celle-ci révèle une ascension morbide qui aboutit à de la joie. «Il nous suffit que d'un peu de joie pour nous faire oublier une montagne de malheur», écrit-il.</p>
Le collectif Pierre&Marie propose deux oeuvres mettant en scène des guimauves. La première, plus classique, est composée de trois photos qui révèlent le destin - prévisible - de cette friandise. La seconde est une sculpture de polyuréthane représentant une guimauve géante, boursouflée et calcinée, où est tapie une souris empaillée. À vous de la dénicher.
Pop-O-Matik, la grande éclateuse à maïs fait aussi éclater les rires. Encombrante, compliquée, bruyante, brinquebalante, l'oeuvre de Mathieu Fecteau fait réfléchir sur la consommation tout en témoignant du plaisir de la fête foraine. On dirait une invention médiévale. Dotée d'un lecteur optique, elle s'active au passage des visiteurs et produit vraiment du popcorn. L'artiste l'a créée spécialement pour RÉcréation.
<p><i>P</i><i>op-O-Matik, la grande éclateuse à maïs</i> a été fabriquée par Mathieu Fecteau expressément pour l'exposition <i>RÉcréation</i>.</p>
Mais il y a plus. Fecteau a poussé le réalisme de son invention en rédigeant un guide de l'utilisateur, avec schémas et instructions, à la manière d'IKEA. Le texte est d'autant plus drôle qu'il est dépourvu d'humour, l'artiste se contentant d'énumérer les étapes, de façon systématique et un brin infantilisante.
Tony Bloom, Ludovic Boney, Nicole Bourgault, Laurent Gagnon, Nicola Mainville et Viatour-Berthiaume complètent le groupe d'artistes rassemblés à MATERIA, situé au 395, boulevard Charest Est, dans le quartier Saint-Roch, et ouvert du mercredi au dimanche. Information : www.centremateria.com