Le métal des vieux réfrigérateurs est généralement recyclé, mais les substances que ces appareils contiennent - néfastes pour l'environnement puisqu'elles produisent une grande quantité de CO2 - le sont rarement, selon Arnold Ross, directeur technique chez Recyclage ÉcoSolutions.

Projet pilote Frigoresponsable: recyclez votre vieux frigo de façon optimale

Saviez-vous que votre vieux frigo contient des composants très dommageables pour l'environnement s'ils ne sont pas récupérés adéquatement? Si vous souhaitez vous départir de votre vieil appareil, l'idéal est de le faire de façon «Frigoresponsable».
Ce projet pilote, mis en place en 2013 par Recyclage ÉcoSolutions (RES) et Nature-Action Québec (NAQ), a permis de récupérer
10 876 tonnes métriques en équivalent CO2 qui, autrement, auraient été libérées dans l'atmosphère, selon le communiqué publié par les deux organisations. «Les gaz [contenus dans les appareils] sont rarement récupérés», révèle Arnold Ross, directeur technique chez Recyclage ÉcoSolutions, précisant au Soleil que «100 grammes de gaz refroidissant génèrent environ une tonne de CO2», et que les réfrigérateurs contiennent quelque 125 grammes de ces gaz, appelés halocarbures.
En plus des halocarbures contenus dans le circuit de réfrigération et dans la mousse isolante des appareils, certains congélateurs construits avant l'an 2000 renferment de 1 à 1,5 gramme de mercure, une substance très toxique pour la chaîne alimentaire et l'être humain.
«Des CFC [chlorofluorocarbones] ont été utilisés dans les vieux frigos de 20 ans et plus, qui représentent environ 25 % des appareils obsolètes. Il s'agit d'une substance appauvrissant la couche d'ozone», ajoute Gerardo Barrios, chargé de projets chez Nature-Action Québec.
Dans les installations de RES, à Québec et à Laval, les appareils «froids» - réfrigérateurs, congélateurs, climatiseurs et déshumidificateurs - sont recyclés à «plus de 95 %», indique Arnold Ross. «Les halocarbures et le mercure sont retirés, puis détruits. L'huile de réfrigération est distillée et réutilisée. Il n'y a que la laine isolante minérale, contenue dans certains vieux appareils, qui ne peut être recyclée», explique M. Ross.
Vers une plus grande participation
Actuellement, le projet pilote Frigoresponsable compte sur l'implication du détaillant Ameublements Tanguay, qui ramasse les appareils «froids» en fin de vie transitant par son centre de distribution de Québec et en les transférant à RES. Certaines municipalités participent également au projet, dont la Ville de Montréal par l'entremise de ses écocentres.
«Avec notre campagne de sensibilisation, la roue commence à tourner», souligne Arnold Ross, indiquant que RES souhaite l'implication d'autres détaillants et municipalités. L'objectif est d'en arriver à un programme provincial pour la récupération optimale des appareils «froids», révèle le directeur technique de RES.
Pour y arriver, l'entreprise espère que ces appareils seront soumis à la responsabilité élargie des producteurs (REP), comme le sont notamment les appareils électroniques, d'ici un à deux ans.
Une autre option serait de modifier la réglementation sur les halocarbures pour y inclure les gaz contenus dans la mousse isolante des appareils «froids», soulève Gerardo Barrios de NAQ, précisant qu'à l'heure actuelle, seuls les gaz du système de refroidissement doivent être récupérés.
Au total, le projet pilote Frigoresponsable a permis de récupérer et de recycler de façon optimale
5919 appareils «froids» au Québec l'an dernier, soit 3835 réfrigérateurs et congélateurs, 1405 climatiseurs et 679 déshumidificateurs.