L'artisan Pierre Chayer préconise pour ses créations des lignes épurées et simples afin de mettre en valeur les pièces de bois.

Pierre Chayer, un ébéniste en quête de bois d'exception

Alors que Pierre Chayer venait de s'aménager un atelier tout neuf derrière sa maison, voilà que la quincaillerie culinaire La folle fourchette, à Limoilou, lui commandait des moulins à poivre. Quelle occasion inespérée pour cet homme à l'aube de la soixantaine dont le souhait est de vivre de l'ébénisterie!
<p>Bol en érable coti </p>
<p>De gauche à droite: moulins en érable, en frêne, en érable coti et en merisier</p>
Il rêve de bols sculptés dans la loupe de merisier et de moulins tournés dans l'érable coti. Les «bois d'exception», c'est son truc. Il préconise pour ses créations des lignes épurées et simples afin de mettre en valeur les pièces de bois.
Mais «trouver le beau bois» représente un sacré défi. Certaines essences réclament des années de séchage. Pierre Chayer est à l'affût des défauts. Il est allumé par les excroissances (loupes) et par les champignons (une phase de dégradation qui donne des formes et des couleurs surprenantes).
Il sollicite les émondeurs et les propriétaires de terre à bois. Il se fait des contacts dans les moulins à scie. Il pousse ses recherches jusqu'en Colombie-Britannique.
Il a étudié à l'École du meuble et du bois ouvré, à Victoriaville, après avoir passé son enfance dans l'atelier d'ébénisterie de son père, à L'Épiphanie, dont il partageait la passion pour le bois. «À l'adolescence, je l'aidais à faire ses meubles», a-t-il relaté, fin décembre, depuis sa maison de Saint-Hyacinthe.
Passe-temps
Mais l'ébénisterie n'avait toujours été qu'un passe-temps pour lui, même s'il a travaillé au sein de plusieurs usines dans le domaine du bois. «J'ai repris ce loisir il y a 10 ans, poursuit-il. Je me suis remis sur mon tour.» Ses stylos ont aussitôt séduit les amateurs de beaux objets.
Il a alors décidé de se perfectionner et de se doter de meilleurs outils. Il s'est lancé dans la fabrication de «bols uniques» avec ces pièces de bois brut qui l'inspirent tant.
Le bouche à oreille a fait son oeuvre. Les filles de La folle fourchette ont craqué pour ses poivrières. L'artisan a développé des idées. Il a notamment quelques modèles de coffre à bijoux sur sa planche à dessin. Il est en train de se bâtir une petite notoriété. S'il déniche du bois à la hauteur de ses aspirations, Pierre Chayer sera un artisan heureux et productif.