Pascale Faubert Créations Textiles de Rimouski souhaite devenir une entreprise zéro déchet textiles.

Pascale Faubert Créations Textile: vers une entreprise zéro déchet

RIMOUSKI — Pascale Faubert Créations Textiles de Rimouski veut devenir une entreprise zéro déchet textiles. Pour y arriver, cela demande beaucoup d’espace. L’artisane designer et son équipe devront donc déménager dans un plus grand atelier, ce qui leur permettra également de recevoir la clientèle dans une salle de montre et de pouvoir offrir des cours de dessin d’observation, d’impression aux blocs et de sérigraphie.

Pour que son entreprise atteigne son objectif zéro déchet, l’artisane doit trier la fibre et la classer en fonction de sa composition et de ses dimensions. Par la suite, les retailles de textile seront valorisées. Sa collaboration avec l’artiste Laura Kenny de la Nouvelle-Écosse est d’ailleurs un bel exemple de valorisation de la fibre. «Laura utilise mes retailles de tissus pour faire des tapis crochetés», indique Mme Faubert. Si celle-ci a décidé de déménager, c’est aussi parce que les cadres de sérigraphie qu’elle utilise sont grands et requièrent beaucoup d’espace. 

Avant l’ouverture de son nouvel atelier, prévue en avril, Pascale Faubert fait appel au public par l’entremise d’une campagne de sociofinancement sur La Ruche Bas-Saint-Laurent (laruchequebec.com/projet/nouvel-atelier-textile-pour­-pascale-faubert-6512/). Celle-ci lui permettra de financer le déménagement dans son nouvel espace de travail, sans l’inconvénient du prêt et des intérêts. «C’est une alternative pour alléger le fardeau financier de mon entreprise et maximiser sa pérennité», explique l’entrepreneure rimouskoise.

«Pour les gens, ce n’est pas juste un don, précise-t-elle. Ils reçoivent quelque chose en échange.» Ainsi, chaque contributeur choisit une contrepartie qui lui convient en fonction du montant versé, qui varie de 15 $ à 5000 $.

Dix jours après son lancement, plus de 80 personnes avaient contribué à la campagne, qui avait franchi le cap des 10 000$ sur un objectif de 30 000$. «Les gens reconnaissent l’importance de mon métier, se réjouit la principale intéressée. Ce sont des gens de partout au Québec.» 

L’artiste revalorise les retailles de textile.

En perpétuant la technique de l’impression au cadre plat, Pascale Faubert poursuit une tradition et un savoir-faire qui existent depuis plus de 150 ans. «Des ateliers comme le mien, il n’y en a pas des tonnes, spécifie-t-elle. Il y en a moins de dix au Québec.»

La passion

Après trois ans à Rimouski et huit ans sur la Côte-Nord, Pascale Faubert est fascinée par la mer et tout ce qui s’y rattache. «J’adore observer les multitudes de petits organismes marins, autant par leurs formes, leurs couleurs que leurs textures», précise-t-elle. La pratique de la plongée sous-marine est, pour elle, un moment privilégié d’inspiration. «Les couleurs sous l’eau sont vraiment différentes et les textures des organismes marins sont d’une beauté qui me captive, décrit-elle. Sous l’eau, il y a tellement plus de détails et de textures que quand on les voit à l’extérieur. C’est sûr que tout ce qui touche le Saint-Laurent, autant la faune que la flore, ça a toujours été un sujet que j’ai voulu explorer. C’est pour ça que j’ai fait le choix de venir vivre en région. Mon univers créatif est plus grand que dans un grand centre.»

Pascale Faubert est fascinée par la mer et tout ce qui s’y rattache. Elle y puise son inspiration.

La designer aime aussi illustrer des formes végétales. «Poésie du paysage racontée dans un esprit calme et sensuel, mon travail se veut un témoignage de ma passion pour la nature», philosophe-t-elle. Pour Mme Faubert, les tissus sont précieux. Elle les rend complices de sa créativité, tout en apprenant à les connaître et à les rendre vivants. «Le velours est gourmand, la soie coquine, dépeint-elle. Le chanvre joue les durs, mais au fond, il aime se faire caresser.»

Par son travail, l’artisane «valorise la souplesse et la liberté des tissus». Elle ne peut se contenter d’une seule technique. «J’adore utiliser différentes techniques comme l’impression au cadre, la peinture sur soie, l’application directe et le batik, confirme-t-elle. Chaque technique a un potentiel à offrir et les juxtaposer l’une à l’autre est un défi qui laisse place à l’évolution dans mon travail.»

Info: pascalefaubert.com