Julie Dubé, architecte chez BISSON | associés

Parole aux architectes: Julie Dubé

Les débuts d'année donnent envie de se projeter plus loin. Dans cet esprit, nous avons posé cinq questions à des architectes de tout âge sur notre façon d'habiter au Québec. Cette semaine, nous poursuivons avec Julie Dubé de chez BISSON | associés. Une série à suivre chaque samedi.
PRÉSENTATION 
Nom: Julie Dubé
TITRE: Architecte chargée de projet et chef d'atelier pour BISSON | associés
Dans 20 ans, Julie Dubé aimerait voir davantage de maisons plus compactes. Voici un projet de BISSON | associés, la résidence Dumas Chouinard, qui démontre cette pensée.
Rêver de maisons évolutives
1. Quelle est la maison type dans la région de Québec en 2017?
De façon générale, je pense que la maison type actuelle est trop grande et, surtout, modelée selon d'anciennes façons d'habiter.
2. Selon vous, comment sera la maison type en 2037, dans 20 ans?
Aujourd'hui, les terrains valent de plus en plus cher et l'énergie coûte de plus en plus cher. Dans ce contexte, une utilisation optimale des terrains semble la clé pour l'avenir, comme une densification douce à certains endroits ciblés. Ceci étant dit, dans 20 ans, j'aimerais voir davantage de maisons plus compactes - sans nécessairement être aussi petites que des minimaisons -, mieux pensées et multifonctionnelles pour offrir aux propriétaires le pouvoir de moduler leurs espaces de vie en fonction des besoins changeants des familles d'aujourd'hui et de demain. Les espaces centraux qui prennent de plus en plus d'espace, la cuisine notamment, demeureront au coeur des propriétés de demain.
Je souhaite voir des maisons évolutives, permettant aux enfants de demeurer plus longtemps dans la maison familiale tout en acquérant une certaine autonomie, et aux aînés de bénéficier de la proximité de leur famille, au besoin. J'aimerais aussi que notre perception du sous-sol, étage mal-aimé de nos maisons québécoises, soit totalement repensée. Croyez-moi, il est tout à fait possible de concevoir un sous-sol aussi intéressant que les étages supérieurs. Quant au style et à l'utilisation des matériaux, j'aimerais voir davantage de maisons contemporaines qui mettent judicieusement en valeur notre identité architecturale et notre histoire québécoise.
3. Qu'adviendra-t-il de nos quartiers de bungalows?
Je suis consciente de l'investissement que représente pour les propriétaires une rénovation majeure ou un agrandissement de leur propriété. Dans certains quartiers centraux de la ville, où la valeur des propriétés est supérieure, l'investissement en vaut la peine la plupart du temps et nous voyons de plus en plus d'exemples de transformations tout à fait réussies. Il suffit de regarder les finalistes et gagnants des Mérites d'architecture de la Ville de Québec au cours des dernières années. Par contre, en considérant la valeur des propriétés dans les quartiers situés en périphérie, l'investissement est plus difficile à justifier. J'ai donc l'impression que la plupart des bungalows de ces secteurs seront un jour démolis et que de nouvelles maisons modernes, plus adaptées aux réalités d'aujourd'hui, les remplaceront.
Dans la résidence Dumas Chouinard, Julie Dubé salue l'optimisation des surfaces intérieures et la grande flexibilité, les aires ouvertes, les fenestrations massives pour profiter des vues et de l'ensoleillement.
4. Que pensez-vous de la mode des minimaisons?
Je pense que le concept est pertinent pour densifier certains endroits au centre-ville ou pour un pied-à-terre à la campagne. Je doute toutefois qu'un quartier entier de minimaisons soit une bonne idée.
5. Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit quand vous pensez au projet de tour Le Phare? Quelle serait, selon vous, la limite optimale de hauteur pour permettre la densification à Québec et pourquoi?
La densification devrait toujours passer par un consensus et par un processus d'analyse très rigoureux. Pour ce qui est de la hauteur du projet Le Phare, je vais laisser le soin aux experts et aux urbanistes de se prononcer sur la question.