Louisa, dans sa cuisine avec son frère Charles

O': la cuisine, là où se jouent les drames

La cuisine comme «lieu de transition» : l'idée ne date pas d'hier. Souvenez-vous du téléroman Les dames de coeur et des «p'tits cafés» partagés entre amies. Dans O', c'est pareil : nombre de drames se jouent dans la cuisine. Et les personnages souffrent autant que nous tous, en dépit du marbre et de l'inox.
<p>Kathleen avec François, son amoureux. Le comptoir de marbre, la toile sur le mur, la céramique blanche et l'immense frigo en inox témoignent de l'opulence de ce condo.</p>
<p>Ordonné, le bureau de Kathleen correspond à sa personnalité organisée.</p>
«Ils ont de l'argent», résume la productrice Sophie Deschênes en parlant des O'Hara, une famille qui s'est enrichie grâce à une entreprise d'eau embouteillée. Devenus adultes, les enfants se sont émancipés. Ils ont quitté la somptueuse demeure de leurs parents, Samuel et Jacqueline, mais ils vivent encore dans le luxe. Et leurs cuisines incarnent bien leur train de vie.
Les producteurs d'O' ont choisi de tourner «en location», c'est-à-dire dans des maisons existantes. «Ça nous permet d'utiliser la lumière extérieure», explique Sophie Deschênes. «Et des vrais planchers, ça craque», ajoute-t-elle, de toute évidence ravie par ce détail réaliste.
Kathleen, interprétée par Maxim Roy, est une workaholique, mais elle aime popoter. Elle avait invité toute sa famille pour lui présenter son nouvel amoureux, François, rappelle la productrice. C'est une femme «très organisée». Ce trait de caractère est souligné par l'ordre qui règne partout dans sa maison et dans son bureau.
Sa soeur Louisa, jouée par Marilyse Bourque, vient de donner naissance à un garçon. Sa cuisine ultracontemporaine nous apparaît bordélique, donc tout à fait crédible dans ce contexte : la papa est mort pendant la grossesse de Louisa, qui s'occupe seule de son nouveau-né.
Philippe, leur frère (Louis-David Morasse), et sa conjointe Mina se sont créé un décor opulent, mais classique, plus encore que celui de Samuel et Jacqueline. La cuisine est à l'image de leur couple : beige. Mais elle est vivante, fait remarquer Sophie Deschênes. On voit l'homme et la femme vider le lave-vaisselle, prendre un verre de vin, entrer les sacs d'épicerie, autour de l'îlot où s'agitent leurs deux enfants.
<p>Mina et Philippe dans leur cuisine classique</p>
Jacqueline (Marie Tifo) et Samuel (Guy Nadon) habitent une vaste demeure cossue bâtie le long d'une rivière. Les adeptes de l'émission La galère auront reconnu le Manoir McDougall, qui appartient à la Ville de Montréal et qui est souvent réquisitionné pour des tournages. «Elle est vide, il faut la remettre telle quelle», explique la productrice.
Leur cuisine a été aménagée sur la terrasse extérieure, qui a été fermée pour l'occasion. «Le poêle, l'évier, le frigo, tout est fonctionnel, précise Sophie Deschênes. Car la télé ne pardonne pas.»
Le téléroman O' est présenté à TVA le mardi à 21h.
<p>Cette maison de Saint-Bruno-de-Montarville appartient à l'architecte Frédéric Leclerc.</p>
<p>Photo Éric Myre</p>
>> Les beaux malaises: une vraie maison d'architecte
L'équipe de production de la série Les beaux malaises cherchait «la maison de rêve» de Martin Matte. Elle l'a dénichée en banlieue, à Saint-Bruno-de-Montarville. Moderne, épurée et élégante, elle révèle son luxe en un coup d'oeil. Mais comme l'action se déroule à Montréal, il a fallu camoufler la verdure du parc voisin.
«On n'avait pas de budget pour tourner en studio», a expliqué le directeur artistique Jean Babin. Les régisseurs extérieurs sont donc partis sur la route, en quête d'une maison existante qui correspondrait à l'idéal du personnage de Martin Matte et qui traduirait son aisance financière. Elle devait aussi répondre aux critères de la vedette et du réalisateur, Francis Leclerc.
Munis de leur banque de photos et d'adresses, les régisseurs ont trouvé cette résidence près du parc du Mont-Saint-Bruno. «Ils ont simplement cogné à la porte du propriétaire, l'architecte qui l'a conçue [Frédéric Leclerc]», relate M. Babin. Il y vit sans femme avec trois garçons adolescents.
Dans la série, l'humoriste a une conjointe, Julie, ainsi que deux enfants, Florence, huit ans, et Léo, cinq ans. «On a ramené un côté féminin, avec des coussins notamment, explique le directeur artistique. On a aussi aménagé une chambre d'enfants et une salle de jeux.»
Le temps se fige
L'habillage des fenêtres et l'éclairage ont été des éléments déterminants dans le tournage. La continuité dans le récit est primordiale. Quand une scène est refaite plusieurs fois, le soleil continue de se déplacer, la lumière change. L'ajustement des rideaux et des lampes devient donc un outil pour donner l'impression que le temps s'est figé à une heure précise.
Le jeu des stores a aussi servi à masquer la nature généreuse du parc du Mont-Saint-Bruno. Montréal n'est pas aussi verte que Saint-Bruno.
<p>Ce décor correspond à l'idéal du personnage de Martin Matte.</p>
Jean Babin raconte qu'il a dû fabriquer un mur pour la scène dans laquelle Martin s'évertuait à poser un cadre. C'était très cocasse de le voir détruire ce mur à coups de marteau alors que le cadre glissait, glissait... «Il y avait quelqu'un qui tenait un aimant derrière le mur», révèle le directeur artistique.
Le tournage s'est étalé sur deux semaines pendant l'été. Le travail du réalisateur a été facilité par les grandes pièces modernes qui laissaient beaucoup d'espace à son équipe de cinéma.
Les accessoiristes et les décorateurs constituent une armée de «petites fourmis qui déplacent et replacent tout sans rien briser».
La série Les beaux malaises était présentée à TVA. La dernière a eu lieu mercredi.