Nos coups de coeur de 2016

Au cahier Maison, une année représente des dizaines de maisons visitées, de rénovateurs rencontrés, de produits testés, de découvertes aux quatre coins de la ville. Notre plaisir est de les partager avec vous, le plus objectivement possible. Mais comme on ne peut pas empêcher un coeur d'aimer, voici les sujets qui nous ont fait le plus vibrer. 
Les maisons de Pierre Thibault
J'ai le privilège de visiter de beaux intérieurs toutes les semaines. Au cours de la dernière année, l'architecte de Québec Pierre Thibault m'a montré trois de ses maisons, deux dans Portneuf en février, la troisième dans Sillery cet automne. Chaque fois, j'en suis revenue enchantée, prête à me joindre à cette «communauté» de propriétaires convertis aux vertus d'une architecture intelligente et sensible. Thibault abolit les frontières entre l'intérieur et l'extérieur. Il abat les murs. Il traque la lumière naturelle. Il transforme les fenêtres en tableaux. Il multiplie les expériences et les sensations en mettant des seuils, des «ponts» de petites lattes, des paliers, des terrasses... Il peut même créer des microclimats. Il mise sur une circulation fluide entre les pièces qui incite les gens à être ensemble. Il dit qu'«une maison ne peut pas faire compétition à la nature». Ainsi, ses maisons sont très peu décorées. Elles invitent au repos : pas de bibelot, pas d'époussetage. Michèle LaFerrière
L'expo Arts décoratifs et design du Québec
Ma première visite au pavillon Pierre Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, fin juin, a commencé par l'exposition permanente consacrée au design et aux métiers d'art québécois. J'étais aux oiseaux. Des chaises iconiques, des objets rescapés d'Expo 67, des affiches qui m'ont fait voyager dans le temps, des tapisseries, des faïences : comme tout cela me parlait! Déjà que j'étais pas mal emballée de découvrir le nouveau pavillon Lassonde. Quand je me suis retrouvée dans la petite salle annexée à la grande, à l'arrière, j'ai été confrontée à la vraie beauté. Des oeuvres de verre sublimes y sont encore magnifiées par la lumière naturelle. Mais au début de l'été, le jardin aménagé devant les fenêtres s'amalgamait à cette ravissante portion de l'expo grâce aux doux coloris de la ciboulette en fleur. Mon doux, ai-je été atteinte du syndrome de Stendhal?  Michèle LaFerrière
Flamboyant Queen Mary 2
Par un magnifique lundi d'octobre, l'affectation est tombée sur mon bureau : une visite du Queen Mary 2. Le motif? Souligner ses rénovations de 132 millions $. Cette opulence d'une Angleterre classique et raffinée frise l'indécence. Mais honnêtement, je me trouvais chanceuse de faire cette tournée. Les chromes, les ors, les miroirs, les bois vernis, les vitraux et les arabesques défilaient, illustrant le style Art déco dans ce qu'il a de plus flamboyant. Au neuvième étage, Le Commodore Club s'avance comme une terrasse à l'avant du paquebot. C'est la «pièce iconique» du Queen Mary 2. De là, j'ai aperçu le Château Frontenac et ses alentours. J'ai embrassé Québec avec les yeux des touristes. Et ce décor ensoleillé m'a charmée, comme toujours.  Michèle LaFerrière
Des Jardins sous l'eau
En visitant la boutique Reef Origine à Wendake pour un reportage sur l'aquariophilie, j'ai découvert une charmante tendance : l'aqua-scaping. En magasin, j'ai été captivée par deux cubes d'eau douce où poussaient des jardins verdoyants. Dans ce type de projet, l'accent est davantage mis sur les végétaux et la mise en scène que sur les poissons, qui s'y promènent par petits bancs. Une simple recherche sur Google ou Pinterest permet d'apprécier cet art et j'ai perdu la notion du temps en surfant sur des centaines de photos inspirantes. Les paysages aquatiques se rapprochent souvent de paysages terrestres, recréent même des décors fictifs comme la forêt suspendue dans Avatar. Fascinant.  Alexandra Perron
La jolie poterie de Bleu Marie
À l'entrée de ma maison, un coeur en poterie bleu cobalt accueille mes invités. Je l'ai acheté cet été à l'atelier-boutique Bleu Marie à Saint-Vallier, un petit village de Bellechasse. Marie Hébert n'est pas banale. Jeune professeure, elle a eu un coup de foudre en visitant un potier de la péninsule de Dingle en Irlande. Elle a vendu son «char» et tout ce qu'elle avait pour s'acheter un tour, un four et se convertir à sa nouvelle passion. Inspirée par la mer, la lande et le sable, elle s'est mise à créer des assiettes, des tasses, des carafes, souvent bleues, sinon grèges, rouille, turquoise. J'ai aussi succombé à sa cruche de sirop d'érable et à son pot à fleur de sel. Parce que la poterie enjolive la vie. poteriebleumarie.com  Alexandra Perron
Du glamping chez Repère Boréal
Je déteste le camping. Mais j'adore le glamping, contraction des mots glamour et camping, façon Repère Boréal. J'ai écrit en juin sur la création de ce projet écotouristique d'habitations aux Éboulements, dans Charlevoix. Avec ma petite famille, nous avons eu envie d'essayer et nous avons loué deux nuitées au chalet Mashk, un cube tout confort en pleine forêt. La micro cuisine est complète avec possibilité de commander des petits plats de La table-Resto Boutique, livrés directement dans le frigo. Miam! On a aimé le site, la terrasse sur le toit, le décor scandinave, les matériaux recyclés, la douche en céramique, le lit qualité hôtel et la philosophie des frères Galarneau, qui développent ce terrain de camping sur la terre familiale. «On voulait donner plus de noblesse au prêt-à-camper», m'ont-ils dit. C'est réussi! repereboreal.com  Alexandra Perron
Accro Cuisine et Dépendances
J'ai un faible pour cette boutique de la rue Saint-Joseph, à Québec. D'abord, parce qu'elle est située dans Saint-Roch, le quartier où je vis et je travaille. Ensuite, parce que son gérant, Nicolas Courtemanche-Baril, a toujours des petites douceurs à me proposer quand je cherche des cadeaux. Je trouve à cette adresse tout ce que j'aime : des bons vinaigres, des biscuits fins, des plats de cuisson très chers, des produits Trudeau si pratiques, du linge de maison raffiné, des serviettes de table quasi données, des beaux sacs. Pas dans un centre commercial. Non! À deux pas de chez moi. Le frère de Nicolas, Éric, a investi 650 000$ dans l'achat et la rénovation du bâtiment qui abrite Accro, plus 200000$ pour constituer son inventaire. J'ai déniché là plusieurs cadeaux de Noël, pour mes proches... et pour moi.  Michèle LaFerrière
Un papa amoureux de ses enfants
Dans le cas de cette visite estivale, mon coup de coeur est d'abord allé au propriétaire. Il s'appelle Louis et il a perdu 40 livres en retapant sa maison de Sillery. Il a mis sa carrière en veilleuse pendant près d'un an pour tout faire lui-même. Constatant que ses enfants devenaient des ados, il a voulu leur aménager leurs propres quartiers au sous-sol, avec salle de bain, salle de télé, chambres individuelles et entrée indépendante. Il garde un contact visuel avec le sous-sol grâce au garde-corps en verre. Et de sa propre chambre, la vue en plongée est imprenable. Protecteur, mais pas naïf, le papa poule veille. Noël 2015 était son échéance. «Ils sont descendus le 23 décembre», avait-il raconté. Cette rénovation est une réussite. Et elle porte un nom délicieux : le «bungaloft».  Michèle LaFerrière
Le retour d'IKEA
Frénésie à Québec le 8 septembre. Au petit matin, IKEA convoquait les médias à 8h pour annoncer le retour d'un VRAI magasin dans la capitale. Beaucoup de fans ont eu le coeur léger cette journée-là. Bien hâte de retrouver plus que la poignée de produits offerts au centre de cueillette et de pouvoir manger les fameuses boulettes au restaurant, un rituel avec les enfants. Si les travaux commenceront ce printemps, il faudra attendre l'été 2018 pour déambuler dans la nouvelle succursale, aussi grande que celle de Boucherville. Ce 14e IKEA au Canada prendra place dans un mégacentre commercial du Groupe Dallaire, à l'intersection de la rue Mendel et de l'avenue Blaise-Pascal. Le géant suédois estime que cette ouverture créera 400 nouveaux emplois directs et indirects.  Alexandra Perron
Voisiner le Château
J'ai habité le Vieux-Québec quelques années et j'en garde un attachement indicible. J'étais énervée comme une puce en visitant le condo de Claude Malenfant sur l'avenue Sainte-Geneviève, dans une maison voisine du consulat des États-Unis avec vue sur le Château Frontenac. J'ai rencontré ce jour-là un homme passionné par sa ville, qui se disait volontiers privilégié d'habiter dans un tel cadre. Son grand condo, il l'a rénové dans le souci de rendre hommage au bâtiment de 1857 conçu par Charles Baillargé. Une fois le chantier terminé, il y a disséminé antiquités et oeuvres d'art. L'annexe à l'arrière est baignée de lumière. Les portes et fenêtres blanches rappellent les décors de la Nouvelle-Angleterre, alors que la terrasse parsemée de pots d'herbes fraîches rappelle Paris. Coup de coeur! Alexandra Perron