Le Jardin du Monastère des Ursulines a été tenu à l'abri des regards pendant près de quatre siècles. Il est ouvert au public pour une troisième année consécutive.

Monastère des Ursulines: un jardin à l'abri des regards

Le jardin du Monastère des Ursulines est un poumon verdoyant au coeur du Vieux-Québec. L'édifice Price le surplombe telle une sentinelle de roc, tandis que les ailes anciennes du couvent et une haute muraille l'enserrent et le tiennent à l'abri des regards.
<p>Cette maquette à l'échelle de l'actuel Monastère des Ursulines a été fabriquée par François Dufaux, professeur à l'École d'architecture de l'Université Laval.  </p>
<p>La petite porte ouverte du «tour» cache un élément pivotant dans lequel transitaient les objets qui entraient et qui sortaient du Monastère quand il était un cloître. À droite, la porte monastique en bois n'a ni serrure ni clé.</p>
Le Soleil a participé, début juillet, à une visite guidée du jardin qui a été précédée par de courts arrêts dans le hall du Monastère et dans la chapelle.
Notre hôte, Gentiane Lafrance, s'est d'abord attardée à des maquettes à l'échelle du Monastère, qui le montrent tel qu'il était il y a 375 ans: une petite cabane à toit versant bâtie sur le bord du fleuve. Au fil d'une ligne du temps qui s'étend jusqu'à aujourd'hui, on voit que l'ensemble conventuel se développe, que des ailes s'ajoutent, que des bâtiments brûlent et sont reconstruits.
Le Monastère, sa cour intérieure et son jardin occupent aujourd'hui une superficie de 24 000 mètres carrés, en plein Vieux-Québec, ce qu'aucun promeneur ne peut soupçonner, vu de l'extérieur.
Le Monastère des Ursulines a été un cloître jusqu'en 1967. Dans le hall, le «tour» faisait office de guichet. Une soeur tourière protégée par un grillage filtrait tout ce qui entrait et sortait grâce à un petit sas rotatif. «C'était pour empêcher l'ennemi du Christ d'y pénétrer», a expliqué Gentiane Lafrance.
Une porte monastique sans serrure ni clé marquait la frontière étanche entre les espaces publics et privés.
La chapelle en forme de «L» se trouve «dans l'axe public du Monastère». Jadis, une aile était ouverte au public, tandis qu'une seconde, fermée par des grillages, était réservée aux religieuses. Le décor de la chapelle date de 1739.
<p>Les épitaphes de ces petites pierres tombales font face au Monastère.</p>
Singulier cimetière
L'allée qui mène au jardin est bordée par un singulier cimetière qui a été utilisé entre la fin du XIXe siècle et les années 50. Religieuses, aumôniers et pensionnaires y sont enterrés et leurs épitaphes sont dirigées vers le monastère. De l'allée, les pierres tombales semblent muettes.
Le jardin lui-même est immense. Parsemé de grands arbres, de bosquets de vivaces, de rangées de fleurs et de vastes espaces gazonnés, il fait face à l'aile Sainte-Famille, la plus vieille du Monastère. À sa fondation, il répondait à plusieurs fonctions, notamment à celle de subsistance de la communauté qui entretenait un potager, une étable et une basse-cour.
«Au XIXe siècle, le jardin était considéré comme un espace hygiénique», relate Gentiane Lafrance. C'était en fait - et c'est encore - une cour de récréation pour les religieuses et leurs élèves. Au temps des épidémies, il était courant de penser que l'air frais éloignait les maladies.
Aujourd'hui, le jardin joue un rôle de lieu contemplatif. Les vieilles religieuses - il en reste une cinquantaine - longent l'enceinte ombragée de cette enclave paisible où le silence est encore possible.
Vous voulez y aller?
Quoi: jardin des Ursulines
Où: dans la cour du Monastère, 12, rue Donnacona
Quand: tous les jours à 11h et à 16h jusqu'au 17 août. Visite en anglais à 13h30
Coût: 3 $ ou inclus dans la visite du Musée
Réservations: 418 694-0694 ou murq-info@vmuq.com