Camille Chevallier, fondatrice et unique employée de La Fée du rangement

«Moins j’entasse, moins j’angoisse»

La fée du rangement est un nom qui convient parfaitement à Camille Chevallier. Drôle, volubile, énergique, on l’imagine aisément papillonner dans une pièce pour la remettre sur le droit chemin.

Originaire de Bretagne, en France, Camille Chevallier a mille et une phrases colorées pour expliquer l’importance de son travail d’organisatrice résidentielle. Son leitmotiv : «Moins j’entasse, moins j’angoisse.»

À force d’aider «des amis et des amis d’amis» à ranger de façon informelle, elle a lancé son entreprise en septembre. Formée dans le domaine «très exigeant» de l’hôtellerie en France, elle a acquis une rigueur et aiguisé son oeil dans de grands établissements.

Les neuf derniers mois, La fée du rangement s’est rendue jusqu’à Montréal et en Beauce. Depuis le quartier Saint-Roch où elle habite, elle se déplace dans un rayon de 300 kilomètres.

Une cuisine avant le passage de Camille Chevallier... et le résultat, quelques heures plus tard.

Dans son nouveau quotidien, Camille Chevallier ne s’attendait pas à voir autant de choses chez les gens. Elle constate que ses clients (90 % de femmes) sont très désemparés devant certaines pièces, pris dans leurs problèmes de rangement et de surconsommation. «Il n’y a aucun jugement de ma part, j’interviens toujours avec beaucoup de bienveillance. Ce sont souvent des mamans avec de jeunes enfants. Je comprends que le rangement ne soit pas une priorité.»

Un autre projet avant/après. «Il n’y a aucun jugement de ma part, j’interviens toujours avec beaucoup de bienveillance», insiste La fée du rangement.

Mais quand elle découvre le même livre acheté trois fois à un mois d’intervalle, des jouets encore emballés et oubliés au fond d’un sac ou 13 coupe-ongles «parce qu’on préfère racheter plutôt que de chercher», elle se désole des sommes d’argent perdues à cause de la désorganisation et de l’encombrement.

Elle voit aussi des factures impayées à travers des tas de paperasse et imagine les frais qui courent. Normalement, une pochette accordéon suffit pour archiver les papiers administratifs.

La fée du rangement explique le bazar accumulé dans les maisons par l’achat en ligne, la multiplication des loisirs et des équipements, les héritages auxquels «on a du mal à dire non», les «bonnes affaires» à 50 % de rabais... «Ce n’est pas un bon investissement si le sac n’a jamais été ouvert. Mieux vaut acheter à plein prix quelque chose d’utile.»

Elle nomme tous les petits objets distribués gratuitement chez McDo et dans les divers Salons. «Il faut apprendre à dire non.»

Camille Chevallier propage quelques trucs pour ne pas crouler sous les vêtements et les bibelots. Se donner 48 heures de réflexion pour éviter les achats compulsifs. Sortir un objet quand on en rentre un autre. Une solution assez radicale, qu’elle applique particulièrement dans les chambres d’enfants.

«Le but n’est pas de devenir bouddhiste et de s’enfermer dans la forêt. Juste de faire plus attention à ses dépenses.» L’économie sera à la fois financière et écologique. Parce qu’accumuler cause beaucoup de gaspillage. La fée du rangement propose d’ailleurs à ses clients d’apporter leurs surplus à des organismes de leurs choix.

Lors de ses visites à domicile, elle met de l’huile de bras pour transformer les pièces. «Certains clients cherchent du rangement rapide et ne veulent voir que le résultat. D’autres s’impliquent et ont une vraie prise de conscience.» Elle prend le temps de leur montrer, par exemple, comment plier rapidement et efficacement.

Une méthode de pliage et de rangement efficace, à la verticale

Système facile et durable
Camille Chevallier vise à instaurer un système de rangement facile et durable. «Je prends toujours le temps de comprendre comment la famille fonctionne pour personnaliser mon intervention.» Elle rappelle au bout d’un à trois mois pour savoir comment les choses ont évolué.

«Au cas où», elle traîne toujours avec elle des boîtes, du matériel de rangement et de la déco à petit prix. Elle fait aussi de l’aide au déménagement et peut prêter main-forte pour vider l’habitation d’une personne défunte.

Les avantages d’une maison très rangée sont nombreux, poursuit l’organisatrice. L’ordre permet de voir ce qu’on a sans racheter inutilement. On ne perd pas de temps à chercher des objets égarés. Quand chaque chose est à sa place, le ménage se fait beaucoup plus rapidement. Et on ne risque pas de chuter dans un escalier trop encombré.

Elle estime faire gagner 28 % d'espace aux pièces qu'elle attaque. Ce qui est parfois suffisant pour éviter aux gens de déménager dans plus grand.

Après son passage, Camille Chevallier a vu des clients recevoir de nouveau, alors qu’ils n’osaient plus inviter personne à la maison. Elle a aussi aidé une dame en arrêt de maladie à reprendre le dessus sur son ménage. Elle est retournée au boulot depuis. «On a le sentiment que les gens repartent sur de bonnes bases. Ça ne règle pas tous les problèmes, mais les gens se sentent mieux.»

Camille Chevallier participera à une conférence dédiée aux gens qui travaillent à domicile le mercredi 13 juin à 9h au Pacini Lebourgneuf (35 $), puis à une autre plus générale sur les astuces pour optimiser son espace le jeudi 14 juin à 18h30 à la garderie Esprit de Famille (26 $).

Les tarifs de La fée du rangement sont affichés sur Internet (lafeedurangement.com) et oscille entre 158 $ pour 3h et 266 $ pour 7h.

Des chiffres qui font mal

196 000 objets perdus au cours de notre vie 

153 jours entiers passés à essayer de les retrouver

13 % de notre revenu annuel perdu dans la désorganisation

20 % de nos affaires sont utilisées 80 % du temps, comme le principe de Pareto

Source : Camille Chevallier, organisatrice résidentielle et conférencière, d’après des études canadiennes, américaines et européennes.