Modernité retrouvée dans Charlesbourg

L'architecture moderne et l'imposant escalier-passerelle de cette résidence à paliers multiples de Charlesbourg ont séduit Michel Pelletier et Marie-France Miller, il y a près de cinq ans. Les rénovateurs d'expérience ont l'oeil, car il leur a fallu passer par-dessus la présence de plusieurs recouvrements et couleurs indésirables avant d'acheter.
À la première visite, le couple de retraités remarque l'abondance de tapis et de papiers peints, les murs du sous-sol en préfini ainsi que l'omniprésence du bourgogne et du vert forêt. Un look un peu trop «surchargé» à leur goût. Mais les lignes modernes du bâtiment leur restent en tête. Son emplacement de choix les convainc : ils n'ont pas de voisin arrière, puisque la cour donne sur le corridor des Cheminots. Ils ont même une vue sur le Château Frontenac quand il fait beau. 
Les deux anciens employés de la fonction publique quittent donc Sillery pour la rue Doucet, dans Charlesbourg. 
L'architecture de la maison surprend. M. Pelletier jure qu'on n'en trouvera pas une pareille dans la région de Québec. Les deux grandes sections rectangulaires à toit plat, de hauteurs différentes, lui font penser aux modules d'Habitat 67. Les deux prismes sont reliés par une section plus basse, couronnée d'un toit à deux versants. 
La résidence compte quatre paliers en plus du sous-sol aménagé. L'aire principale comprend la cuisine et la salle à manger. On doit descendre quelques marches pour pénétrer dans le grand salon. L'escalier-passerelle, quant à lui, mène à la «suite» privée des propriétaires, leur chambre à coucher avec une très grande salle de bain attenante. Ils ont dû fermer un mur pour pouvoir créer ce cocon intime. Au dernier palier se trouvent «les appartements» de leur fille Alex, étudiante à l'université. 
Michel Pelletier et Marie-France Miller rénovent des maisons ensemble depuis plus de 23 ans. M. Pelletier est particulièrement fier du résultat de celle-ci, la troisième. Le couple conçoit les nouvelles aires, réalise de petits travaux, mais fait appel à son «entrepreneur préféré», Mario Ferland, et à une designer d'intérieur, Josée Samuel, pour mettre leurs plans à exécution. 
Les murs repeints en blanc, pour la plupart, mettent l'architecture moderne de l'intérieur et «ses beaux plafonds de cèdre» en valeur. La cuisine a été agrandie pour devenir «ultra-fonctionnelle», indique Mme Miller. Le rangement signé IKEA y est d'ailleurs optimal.
M. Pelletier a patiemment plâtré et «lissé» la brique mouchetée des deux foyers de la maison pour la faire disparaître. Exit l'ambiance champêtre. «Je ne suis pas très, très bon, mais je suis très, très patient», dit le retraité. Il souligne d'ailleurs la «collaboration» de sa conjointe qui n'en fait pas un plat quand les pinceaux traînent un peu trop longtemps. On devine, à les écouter, que ce ne sera pas leur dernier projet commun!