Meubles en cuir: faire le bon choix

Laurie Richard
Laurie Richard
Le Soleil
Un meuble en cuir évoque chaleur et distinction. On voit souvent l'achat d'un sofa ou d'un fauteuil en cuir comme un investissement qui survivra à plusieurs années de vie domestique. Pour ce, il faut prendre le temps d'analyser ses besoins et son style de vie afin de choisir la peau qui convient le mieux à sa personnalité et à celle de la maisonnée.
«Il n'y a pas de mauvais cuir, ça dépend des goûts et du budget» des clients, avance André Blouin, designer d'intérieur et responsable de la formation des employés à la Galerie du Meuble à Québec.
«Le cuir, c'est plus qu'une mode; c'est un mode de vie», continue-t-il. Le cuir n'est pas à toute épreuve, mais son entretien est plutôt facile. On doit régulièrement passer l'aspirateur ou un linge humide dessus, car la poussière est abrasive, souligne M. Blouin. On devrait également réhydrater le cuir avec un produit conçu pour la chose à chaque changement de saison.
La confection d'un canapé trois places nécessite de quatre à cinq peaux, soutient M. Blouin. Les peaux européennes, les plus prisées, présenteront moins de défauts, les bêtes étant élevées dans des conditions idéales. Le grade du cuir en magasin n'a d'ailleurs pas rapport avec sa qualité, explique M. Blouin. Chaque compagnie établit sa propre échelle. On doit plutôt s'informer du type de cuir utilisé et de sa finition.
Le cuir pleine fleur, très souple, est la crème du cuir. La fleur est en fait la partie supérieure de la peau tannée de l'animal, la vachette - une peau de jeune bovin, souvent de vache - dans la plupart des cas.
La surface du cuir pleine fleur n'a pas été altérée. On voit son grain naturel et ses rides. Le cuir pleine fleur «aniline» a été teint dans sa masse, soit d'un côté à l'autre, dans un foulon. Donc, sur une peau finie de cette façon, une éraflure apparaîtra de la même couleur que la surface du meuble. Un cuir au fini «semi-aniline» aura pour sa part été teint au foulon et sera recouvert d'un film légèrement pigmenté, ce qui lui offrira une couleur plus nuancée, note M. Blouin.
On remarque aussi en boutique le cuir pull-up, qui - comme son nom le suggère - change de couleur lorsqu'on tire dessus. Sous l'effet de la traction, ce cuir pleine fleur prendra une teinte plus claire. On obtiendra donc avec le temps une pièce de mobilier joliment usée... si elle n'est pas malmenée.
Parmi les cuirs d'exception se trouve encore le nubuck : sa fleur a été poncée pour lui conférer un aspect velouté. Le nubuck est teinté dans sa masse, et aucun film protecteur ne le recouvre. À long terme, avec le frottement, les parties plus utilisées du meuble risquent de devenir plus luisantes, remarque M. Blouin.
En fait, tout cuir «pleine fleur est l'ennemi d'un salon à grande activité», car sa finition le protège peu contre les saletés et le soleil, avertit-il.
Les cuirs sont offerts en plusieurs épaisseurs selon le style désiré. Les matériaux haut de gamme fendus plus épais seront toutefois plus chers.
Cuir rectifié
Le cuir rectifié, moins onéreux, porte au départ plus de marques de vie de l'animal. C'est pourquoi on a poncé ses imperfections. On applique ensuite un pigment pour égaliser sa couleur. Ce cuir a moins de transparence, mais plus de nuances dans sa couleur que le cuir pleine fleur. Son grain est enfin égalisé : on «embosse» le cuir avec une presse pour recréer un relief. Le cuir plus épais pourra arborer un grain plus gros qu'un cuir mince. Durable, ce matériau s'entretient facilement.
Les cuirs encore moins chers nécessitent à la base plus de corrections, car la peau, de moins bonne qualité, porte encore plus de marques. Ces cuirs à fleur complètement rectifiée sont des produits d'entrée de gamme. Ils ont été pigmentés avec une teinture opaque. Ils «respirent» un peu moins que les cuirs de meilleure qualité.
Moins sensible, le cuir rectifié est davantage conseillé aux familles et aux propriétaires d'animaux de compagnie. Corrigés à différents niveaux, ces cuirs représentent 90 % de la production mondiale totale pour l'ameublement.
Imitations
Il existe aussi des produits qui ont l'apparence du cuir. Il ne faut pas se méprendre. On voit notamment en magasin ce qu'on appelle le bycast, un sous-produit du cuir. C'est en fait de la croûte de cuir, la partie située sous la fleur, qui est remodelée. On lui offre un fini plus lustré avec des couches de polyuréthane en surface. Il sera plus rigide, mais moins cher que le cuir.
Le vinyle aussi imite bien le cuir. Son prix se rapproche d'ailleurs parfois dangereusement des meubles semblables recouverts de peau d'animal. Le matériau ne respirant pas comme le cuir, certains pourraient avoir chaud une fois assis dans le fauteuil ou le sofa recouvert de vinyle. Attention : le manufacturier peut aussi baptiser son vinyle d'un nom confondant, du genre «ultra cuir», tel que vu en magasin.
Certains meubles peuvent être recouverts avec plusieurs peaux et produits. On applique parfois un différent type de cuir (ou même un vinyle) sur l'arrière ou les côtés d'un canapé. À vérifier, puisque ces variations auront un effet sur le prix.
Il ne faut pas oublier que la qualité du cuir utilisé sur un meuble ne compte que pour une partie du prix de la pièce convoitée. Le design et la structure pèsent aussi dans la balance.
Une fois le cuir choisi, il ne reste qu'à décider quelle sera la couleur de votre futur meuble... une opération qui s'avérera sûrement tout aussi délicate!