Depuis cet hiver, l'artisan autodidacte Marc Paquet s'est lancé dans les poivrières. «J'adore coller le bois!»

Marc Paquet: le tourneur public de l'île d'Orléans

Dès le 19 juin, Marc Paquet s'installe avec son tour à bois au parc des Ancêtres de la Fondation François-Lamy, à Sainte-Famille. Ce nouveau retraité s'en donnera à coeur joie en façonnant en public de jolies toupies.
<p>Les petits copeaux frisent et Marc Paquet se pâme: «Voyez-vous comment c'est beau?»</p>
<p>Une planche à découper en bois de bout. Marc Paquet alterne aubier et duramen pour créer les motifs.</p>
En sept minutes, il transforme un morceau d'érable à sucre en petit jouet d'une seule pièce. Il la colore au crayon feutre, il la cire, toujours en tournant, la détache, puis la signe.
Les petits copeaux frisent et lui se pâme : «Voyez-vous comment c'est beau?» Cet amoureux du bois a développé ses talents de bricoleur en travaillant d'abord sur sa maison. Puis en 2001, il est devenu membre de l'Association des tourneurs sur bois du Québec. Il explique que la toupie est la première chose que l'on apprend à tourner. La piqûre est restée.
Il a raffiné sa technique et crée aujourd'hui des duos de toupies à superposer. «Il faut qu'elles matchent, c'est comme un couple.» Il les fait tourner dans son atelier, en bas de chez lui, et doit parfois les arrêter pour aller souper. 
«Si elle dort, elle est parfaite», dit-il en faisant référence à cette impression que la toupie est immobile sur son pied. Son taux de réussite? «99,9 %. À l'Île, on est humble», lance-t-il en riant.
Marc Paquet attribue cette «perfection» à ses outils, qu'il fabrique lui-même à partir de pièces de photocopieurs. 
<p>En plus de sa spécialité, les toupies, Marc Paquet tourne des stylos en bois et façonne même des crayons à partir de clous du vieux quai de Sainte-Famille.</p>
<p>Voici un bol fait à partir d'une loupe de bouleau jaune, une excroissance ligneuse du bois. </p>
Poivrières, planches et stylos
Depuis cet hiver, il ajoute à sa production des salières et des poivrières, qu'il vend environ 75 $. «J'adore ça, c'est très artistique.» Il colle ensemble différents bois. Il surmonte parfois le tout d'un moulin apparent.
Il offre aussi toute une panoplie de planches à découper en bois «de bout». «J'aime le travail d'ébéniste. Il fallait que je me serve aussi de mon banc de scie et de mon planeur.» Il dit avoir puisé sa technique sur YouTube d'un artisan russe. «Ça marche très bien.» Pour l'esthétisme, il mélange érable et noyer noir, frêne blanc, zebrano... «Et j'alterne l'aubier et le duramen pour créer les motifs.» 
S'il tourne encore des bols, il trouve que «c'est beaucoup d'ouvrage». Il faut tourner le bol dans le bois vert, le laisser sécher un an dans ses copeaux dans un sac, puis le retourner à nouveau. 
Autrement, il façonne des stylos, notamment en bois de pommier. Et il en fabrique d'autres à partir de vieux clous du quai de Sainte-Famille. Il en enlève la rouille avec un produit importé d'Allemagne. Le résultat est intéressant et lourd. Pour une signature qui a du poids!
Marc Paquet tournera ses toupies en public du 19 juin jusqu'à l'Action de Grâce au parc des Ancêtres-de-l'Île-d'Orléans à la Fondation François-Lamy. Il y tiendra également un kiosque avec tous ses produits. Le parc est situé au 3907, chemin Royal, Sainte-Famille, Île-d'Orléans.  
Information : paquetmarc01@hotmail.com