Construite vers 1730, la Maison Drouin est à peine modernisée. Depuis 2010, elle est un immeuble patrimonial classé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Maison Drouin: 300 années et... une réouverture

Jeannine, Sylvie et Hubert sont les représentants de trois générations de Drouin. Sauvegardée grâce à une remarquable restauration, la maison ancestrale qui porte leur nom, à Sainte-Famille, est maintenant ouverte au public.
<p>Jeannine Drouin (née Létourneau) est entourée par son petit-fils, Hubert Drouin-Belleau, et par sa fille, Sylvie Drouin.  </p>
<p>Une portion de ce mur témoigne de l'authenticité de cette maison.</p>
Jeannine, 85 ans, y a vécu un an, au milieu du XXe siècle, avec son mari, Élie Drouin, qui y avait passé sa jeunesse avec ses parents, sa soeur Maria et son frère Cyril. Cette petite maison est un témoin de l'histoire de Sainte-Famille, un village de l'île d'Orléans.
Jeannine accompagnait sa fille Sylvie et son petit-fils Hubert, à la mi-juin, à la cérémonie qui marquait la réouverture de la Maison Drouin, après des travaux de réfection d'un million de dollars, supervisés par la Fondation François-Lamy et payés en grande partie par le ministère de la Culture et des Communications.
La pimpante octogénaire ne s'est pas laissée envahir par la nostalgie. En revisitant cette maison qu'elle a beaucoup fréquentée, elle reconnaissait les pièces exiguës, l'escalier abrupt, les fenêtres à carreaux. Mais les objets et les meubles lui étaient inconnus.
En réalité, l'enclume est le seul élément d'origine. «Tout le reste a été volé pendant que la maison était à l'abandon», a glissé un guide de la Maison Drouin.
Réalisme des siècles passés
Cet intérieur reflète avec réalisme la vie domestique des siècles passés. Pour faire écho à la restauration de la maison, une exposition baptisée 300 années et quelques choses la révèle aux visiteurs à l'aide d'une tablette interactive. Une trentaine d'objets propres à la vie des insulaires y sont présentés, physiquement ou virtuellement, évoquant le quotidien des occupants qui s'y sont succédé entre 1730 et 1984.
L'exposition a été confiée à l'entreprise Bergeron Gagnon. L'architecte Marie-Josée Deschênes était la chargée de projet. L'architecte Michel Boudreau, de BFH Société d'architecture, a réalisé les travaux de restauration.
Immeuble patrimonial
La Fondation François-Lamy tire son nom du premier curé de Sainte-Famille. Créée en 1978, elle a pour mission de préserver et de mettre en valeur le patrimoine architectural, culturel et naturel de Sainte-Famille et de l'île d'Orléans.
Construite en 1730 et agrandie en 1734, la Maison Drouin a été reconnue comme immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications en 2010. Sa valeur repose sur sa représentativité en tant que maison rurale d'inspiration française, sur l'intégrité de son intérieur et sur son intérêt ethnologique. En 2012, elle était dans un état lamentable, ce qui a entraîné sa fermeture complète pour mener à bien sa restauration.
À la mort d'Élie Drouin, en 1990, Jeannine et ses filles Sylvie et Linda en ont hérité. Elles l'ont vendue à la Fondation François-Lamy «afin de rendre une partie du patrimoine accessible au public». Située au 4700, chemin Royal, elle est ouverte de 10h à 18h tous les jours jusqu'au 19 août. Le coût d'entrée est de 5 $.