Johanne a une entrée indépendante sur le côté de son appartement, au bas des marches.

Maison bigénérationnelle: solution gagnant-gagnant

Ginette et Germain, un couple de retraités, voulaient «se rapetisser». Johanne, 87 ans, éprouvait désormais plus de stress que de plaisir à vivre seule. La solution, «bonne pour tout le monde», s'est imposée : une maison bigénérationnelle.
<p>La cuisine de Johanne</p>
<p>La «pièce tampon» sert de chambre d'amis. Habituellement, la porte est fermée et Johanne est totalement indépendante de sa fille et de son conjoint, qui vivent en haut.</p>
La réalité était particulière. Johanne demeurait depuis l'an 2000 dans une résidence de Saint-Nicolas, dont sa fille Ginette et son conjoint Germain étaient propriétaires. 
Le couple possédait et habitait une autre maison, quelques kilomètres plus loin. «C'était beaucoup d'entretien», raconte Germain.
Quand il est devenu clair que Johanne ne pouvait plus vivre seule, Germain et Ginette lui ont fait cette proposition : ils vendraient une de leurs maisons, réintégreraient celle habitée par l'octogénaire et lui construiraient une annexe indépendante, au sous-sol, où ils lui recréeraient son espace.
Très abstrait
«C'était très abstrait pour elle», se souvient sa fille unique. «Mais pour nous, il y avait une "fenêtre"», explique Germain qui, à 65 ans, voulait profiter de sa bonne santé et de son énergie pour mener ce projet à terme.
Reste que Johanne se retrouverait dans un sous-sol et qu'elle perdrait la vue magnifique sur le Saint-Laurent dont elle jouissait depuis 13 ans.
«Facilitant»
Quatre saisons ont passé. Le couple constate aujourd'hui que «c'était l'idéal».
«C'est facilitant», résume Ginette qui constitue, avec son conjoint, LE réseau d'aidants naturels de sa mère. «On s'est simplifié la vie, opine Germain. On s'est prolongé avec cette solution.»
Avec le recul, Ginette note qu'il a fallu un an avant que «chacun trouve sa place, son confort» et parvienne à établir une complicité avec les autres.