Chaque poupée a son histoire, une histoire que Mado prend plaisir à raconter à ses visiteurs.

Mado et ses poupées antiques

Un jour, une dame entre chez Mado, entreprend la visite des lieux, puis fond en larmes. «Vous ne savez pas ce que vous me faites vivre en dedans!» dira-t-elle à la collectionneuse.
Pénétrer dans la résidence de Madeleine Delisle - elle préfère qu'on l'appelle Mado -, c'est s'offrir une incursion dans un monde magique, un retour dans le passé. Dans toutes les pièces, des jouets antiques soigneusement disposés. Des poupées surtout, mais aussi des maisons miniatures meublées, décorées et habitées par des figurines.
L'histoire débute quand Mado a 10 ans. En 1948, à Neuville, un incendie détruit complètement la demeure familiale. Le sinistre créera un traumatisme chez la fillette, qui accepte difficilement l'idée qu'elle ne reverra plus ses jouets. Au fil du temps, le triste événement fera toutefois naître, puis alimentera une véritable passion.
Mado admet avoir rêvé d'ouvrir une boutique. Au tournant des années 80, elle commence plutôt à collectionner les jouets. Antiquaires, magasins spécialisés, revues : elle ratisse large en vue d'acquérir de beaux objets, certains très rares. Elle cite à cet égard l'exemple de poupées japonaises représentant les jumelles Dionne.
«Dans le monde, il n'existe que quelques exemplaires de ces poupées que j'ai finalement revendues», dit-elle, expliquant avoir réagi aux craintes formulées par des proches lui suggérant qu'elle pourrait être victime de vol. Plusieurs articles - 138 au total - issus de sa collection se retrouvent d'ailleurs aujourd'hui au Musée de la civilisation.
Quoi qu'il en soit, l'assortiment de jouets qui pare l'intérieur de son domicile reste impressionnant. Un village de Noël - dont elle a réduit la taille cette année -, un mannequin d'époque, des poupées européennes dont quelques-unes ont atteint l'âge vénérable de 250 ans... et une dizaine de maisons miniatures.
Chaque objet a son histoire, une histoire que Mado prend plaisir à raconter à ses visiteurs.
«Je veux que les gens connaissent les miniatures!» lance la collectionneuse, montrant le détail d'une maisonnette qu'elle a restaurée, électrifiée et habillée. Un à un, les articles qui la composent ont été achetés ou fabriqués à la main, réparés et minutieusement placés.
<p>Le village de Noël... dont Mado a réduit la taille cette année.</p>
Un antidépresseur
«J'utilise les moyens du bord parce qu'on ne trouve pas d'outils et je fais cela à mon rythme. C'est une vocation, mon antidépresseur», déclare celle qui ajoute que sa passion l'a aidée à traverser bien des épreuves. «Ce qui est fantastique, c'est qu'il n'y a pas de limites. Et ce que je possède, j'ai travaillé pour l'avoir!»
Si sa résidence abrite beaucoup moins d'objets qu'auparavant - son mari Didier rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, «à certains endroits, ça ne passait pas» -, aux yeux de Mado, la maison ne sera jamais assez grande pour contenir tout ce dont elle souhaiterait s'entourer.
Malgré tout, la collectionneuse songe bientôt à approcher des musées «à cause du poids des années qui la rattrape et pour que tout soit exposé en permanence».