Le défi de Michel Morelli était de donner une valeur ajoutée à de vieux wagons cédés à la Société du chemin de fer de la Gaspésie par l'Agence canadienne de transport.

L'objet design: le train de Gaspé

Le design industriel façonne notre quotidien. Chaque semaine, Le Soleil vous présente un objet issu de cette discipline et son concepteur.
Concepteur
Michel Morelli, 59 ans, de Montréal
Il a fait des études en techniques d'architecture, puis en design industriel à l'Université de Mont­réal. Sept étudiants sont sortis du baccalauréat en même temps que lui, en 1980, dont Madeleine de Villers, qui a plus tard fondé les magasins Zone. Michel Dallaire a été son professeur à l'Université de Montréal. «Il nous a tous influencés», confie M. Morelli.
Son objet
Les quelques wagons et la locomotive du train de Gaspé, baptisé L'Amiral.
Le défi
Donner une valeur ajoutée à de vieux wagons cédés à la Société du chemin de fer de la Gaspésie par l'Agence canadienne de transport. En faire des «éléments porteurs» avec un budget restreint. Donner aux visiteurs américains et européens une idée du patrimoine et de la culture de la région. Le mandat du train de la Gaspésie était différent de celui du train touristique de Charlevoix, qu'il a aussi conçu. «Comme il s'agissait d'un gallery car, tout résidait dans le paysage magnifique», fait-il observer.
<p>Michel Morelli</p>
Le truc
L'imagerie peinte à l'extérieur des wagons, qui évoque la Gaspésie. L'aménagement intérieur, qui est inspiré du bois de rivage et de la mer, avec des motifs de vagues sur les tissus et des images de pêcheurs.
Citation
«J'aime être déstabilisé, être challengé, aller au-delà de mes limites dans le but de découvrir de nouvelles façons.»
Son entreprise
Morelli designers, qu'il a fondée au début des années 80 alors que le design industriel, était peu connu. M. Morelli faisait alors plus de graphisme et d'aménagement, car il avait du mal à vendre ses services de designer industriel aux entreprises. Il a aujourd'hui 12 employés.
Son modèle
Son modèle n'est pas un être humain, car à l'époque où il étudiait, le design industriel n'existait pas au Québec. Ce sont plutôt des images de voitures concepts ou des illustrations qui ont fait naître chez lui l'objectif de devenir designer dans le domaine de l'automobile.