À travers la table Ju, Olivier Desrosiers voulait évoquer les souvenirs de l'enfance et le métissage des cultures.

L'ethnique et le «fait main» rappliquent

Olivier Desrochers a gagné un prix, en 2011, avec une table extensible en acier qu'il peut orner d'un panneau de courtepointe cousu à la main. Il dit qu'il pratique «un design émotionnel» afin de ramener la chaleur dans la vie des gens bousculés par les crises économiques et les mauvaises nouvelles.
L'artisanal, l'ethnique et le fait main rappliquent. «Le brillant italien est révolu», décrète le designer, qui puise beaucoup de son inspiration dans «le savoir-faire d'ailleurs». «L'Inde, la Chine, le Brésil nous touchent et nous influencent, moi le premier», a-t-il confié au téléphone. «Tout le monde voyage, le monde est rendu plus petit.» Et voilà qu'Internet propose des sites où tous les designers, même les moins connus, sont diffusés et se font voir. «Sur Internet, il y a des choses plus personnalisées que dans les grandes chaînes», ajoute-t-il.
Olivier Desrochers a conçu la table modulable «Ju» l'an dernier et elle lui a valu le prix du Nouveau Produit au Salon international du design d'intérieur de Montréal. Elle est constituée d'une armature d'acier laqué blanc et d'une planche de chêne auxquelles peut être ajoutée une pièce de tissu qui semble parfaite pour recevoir journaux et magazines. Olivier Desrochers a voulu lui donner une allure japonisante. Mais il désirait aussi évoquer les souvenirs d'enfance et le métissage des cultures.
La courtepointe renvoie à l'émotionnel. Elle lui a permis de réinventer le mobilier en se réappropriant un savoir-faire traditionnel qu'il a associé à de nouveaux matériaux. L'artisanat d'ici devient l'ethnique d'ailleurs. «Tout se rejoint dans le monde, philosophe-t-il. Même les grosses entreprises ont flairé l'engouement pour l'allure fait main, artisanale.»