Les soins du printemps: le toit au premier rang

Eu égard à l'examen de sa maison et aux soins qu'on doit lui administrer le printemps venu, le toit vient sans doute au premier rang, trouve Mario Grondines, inspecteur en bâtiments chez Habitation Expert-Conseil de Loretteville.
Car il se sera opposé aux rafales, aura reçu de lourdes charges de neige mêlées de pluie, aura été remué par les alternances de gel et de dégel, tandis qu'il aura tenu tête, durant l'année, à des températures extrêmes.
L'entretoit, en effet, lui aura communiqué ses températures torrides pendant les canicules, alors que des vents polaires l'auront martyrisé au plus fort de l'hiver.
«Vérifiez les bardeaux, spécialement ceux qui sont près de la corniche. Les plus susceptibles d'être endommagés sont du côté exposé au soleil et dans les noues. Du moins, la plupart du temps», pense M. Grondines. S'ils sont soulevés, cornés ou dégarnis de leurs granules de céramique, faites-les remplacer. De même si le revêtement est en métal ou en tôle gaufrée. Lui aussi peut avoir été molesté par le vent, des barrages de glace et des coups de pelle.
Examinez aussi les noues, lesquelles constituent des angles internes à la rencontre de pentes de toit. Elles peuvent être trouées. Même légèrement, elles peuvent donner lieu à des infiltrations. Comme cela s'est vu récemment, à Québec, sur une maison neuve à toit cathédrale. L'eau a couru dans le matelas de laine, a cheminé jusque dans les murs pour suinter et causer des désordres troublants.
Cela vaut aussi pour les solins, qui sont des formations de métal, voire d'élastomère, pliées au bas de la cheminée, des lanterneaux (puits de lumière), des aérateurs d'entretoit, du contour des toits plats et qui servent à éloigner l'eau.
Symptomatiques
Si, en revanche, votre toit n'est pas pentu, mais plat, le gravier de sauvegarde de votre revêtement multicouche peut être inégalement réparti, tandis que des boursouflures peuvent s'être produites. Elles sont sans doute symptomatiques d'une fatigue du parement. Cependant que des blanches d'arbre que le vent aura peut-être soufflées l'ont peut-être encorné par endroits.
Amassez tous les débris qui s'y trouvent. Libérez l'avaloir s'il est encombré. Changez sa caboche de broche si elle est abîmée et irrécupérable.
Si votre revêtement est en pellicule élastomère et qu'il a été mis en place il y a six ou sept ans, faites examiner et réparer les soudures.
D'un autre côté, des flaques d'eau persistantes dans des dépressions locales pourraient, selon CAA-Habitation, suggérer un fléchissement de la structure. Ainsi, l'organisme suggère de vérifier la solidité de la cheminée, de l'antenne parabolique et des aérateurs.
Couronnement
Ne manquez pas, recommande Guy Lévesque, de scruter le couronnement de votre cheminée. Il s'agit du gros moulage en béton qui lui sert de chapeau et qui fait saillie au-dessus des parois.
«C'est la défense de la cheminée contre ce qui vient du ciel», schématise M. Lévesque. Il empêche la pluie d'entrer dans la partie intérieure et non vernissée, de s'introduire dans les pores de la brique, d'y demeurer captive et d'être saisie finalement par le gel. Auquel cas la glace fera éclater la brique, pourrait avec le temps donner son coup de grâce à l'ouvrage, jusque sous la toiture.
«Après 30 ou 40 ans, normalement, le couronnement doit être rénové ou remplacé. Pour ça, il faut un maître maçon», préconise-t-il. Cela est de loin préférable à la presque complète reconstruction de la cheminée du fait que le chapeau aura longtemps été laissé à lui-même.
Mais il n'y a pas que le toit qu'on doive regarder de près. Il y a aussi les fondations que le gel et l'eau auront éventuellement persécutées, les gouttières, le contour des fenêtres, la peinture et les margelles. Sans compter, mais les uns et les autres en leur temps, le ménage de la cour, la mise au point du barbecue et du climatiseur, la mise en marche de la piscine, le lavage des meubles de jardin, la réparation des pavés et trottoirs abîmés, des fractures et nids-de-poule dans l'asphalte, puis des clôtures.
Sans omettre d'inspecter, comme le recommande le CAA-Habitation, «les balançoires, les glissoires et les carrés de sable» des tout-petits pour vous assurer qu'ils sont solides, sûrs et sans risque de blessures.
Outre la restauration du gazon et la première tonte. Pour ce, il faudra attendre que le sol soit bien asséché, comme on ne se précipitera pas pour les travaux de peinture. La température ambiante, en prenant également en compte le refroidissement éolien, doit être au minimum de 10 °C.
Le CAA-Habitation trouve plus opportun de sortir ses pinceaux les jours de soleil, modérément humides et à une température de 15 °C à 25 °C. Encore qu'il n'est jamais opportun de peindre au plein soleil, à plus forte raison quand il fait très chaud.