Fleurs et animaux se profilent souvent sur fond blanc.

Les motifs Otomi sur le radar

Au printemps, ils s'affichaient sur des bols de la Boutique Roseville, rue Saint-Paul, à Québec. Cet automne, ils animent un jeté bleu nuit, une nouveauté chez Simons. Les motifs Otomi, fleurs et animaux imaginaires inspirés de l'artisanat folklorique mexicain, s'invitent à la maison.
Ils reprennent le profil d'oiseaux, de lapins, de chevaux, de plantes et d'arbres, plus souvent sur fond blanc. Pinterest regorge d'images sur le sujet et une rapide recherche sur Internet permet de trouver des pochoirs pour les reproduire aux murs, sur un meuble ou sur un tissu.
Aujourd'hui copiés, souvent imprimés, ces motifs frais et colorés sont une version simplifiée des broderies réalisées depuis des siècles par les communautés Otomi originaires de l'État d'Hidalgo, au Mexique. On appelle tenangos ces tissus brodés de fils multicolores sur lesquels les artisans transposent leur environnement, leur quotidien et leur imaginaire. 
«Ces motifs étaient originellement utilisés par ce peuple pour décorer les vêtements des femmes», souligne Britanny McBain, aux communications à la Maison Simons (simons.ca). Elle ajoute qu'ils ont pris leur envol seulement dans les années 1960. À cette époque, en effet, les communautés Otomi ont connu une grave crise économique, due à une sécheresse et à de mauvaises récoltes. Pour se relever du marasme, les brodeuses ont commencé à commercialiser leurs oeuvres.
La tête de lit Otomi de la New-Yorkaise Grace Bonney, fondatrice du site Design Sponge
En 2012, ces jolis motifs ont connu un coup de popularité, repris par la maison parisienne Hermès pour sa ligne de foulards, ajoute Mme McBain. Une collaboration avec le Museo de Arte Popular et des artisans locaux.
Maude Jetté, fondatrice de la boutique en ligne Cactus & Béton (cactusetbeton.com), a beaucoup voyagé au Mexique. «Aujourd'hui, les broderies se retrouvent sur les couvertures, les coussins et sur de très beaux vêtements de femme, comme les robes, les blouses, les jupes. On les voit surtout dans les marchés d'artisans et dans les boutiques chics. Les pièces originales se détaillent très cher. Je n'en ai pas encore vues ici» au Québec, dit celle qui propose sur le Web des articles de décoration inspirés des voyages, mais pas de broderies Otomi.
Michelle Desmeules, propriétaire de Boutique Roseville (facebook.com/boutiqueroseville), a presque épuisé ses bols affichant les dessins mexicains. «Je ne suis pas une experte, mais j'aime beaucoup ce motif. Je le remarque lorsqu'une compagnie s'en inspire.»
Elle a en tête plusieurs références. La compagnie de papier peint Hygge & West offre un modèle dans plusieurs coloris intitulé Otomi (hyggeandwest.com). La maison Robert Allen, spécialisée dans la fabrication de tissus pour designers d'intérieur, a un motif qui s'en inspire (goo.gl/87Wc5C). Michelle Desmeules pense aussi à la tête de lit Otomi de la New-Yorkaise Grace Bonney, fondatrice du site Design Sponge (goo.gl/j2pNmX).
Le jeté motifs Otomi, 20 $ chez Simons
Et preuve qu'elle est une vraie groupie de ce motif, elle se rappelle que les membres du groupe Arcade Fire portaient des vestons faits dans ce tissu mexicain à l'époque de la sortie de l'album Reflektor, en 2013!
Qu'est-ce qui l'émeut tant dans ces dessins? La forme naïve des animaux et la répétition du motif qui donne un côté moderne. «Je le préfère d'ailleurs lorsqu'il est uni plutôt que multicolore.»