Les Jardins de Métis, en ouvrant leurs allées trois semaines plus tard, offriront une végétation plus avancée.
Les Jardins de Métis, en ouvrant leurs allées trois semaines plus tard, offriront une végétation plus avancée.

Les Jardins de Métis: une patience récompensée

En ouvrant leurs allées le 20 juin, c’est la première fois en 25 ans que Les Jardins de Métis accueilleront leurs visiteurs aussi tard en saison. Si certains amoureux d’horticulture trépignent d’impatience, les trois semaines de retard récompenseront leur attente puisque la nature n’a pas pris de pause pendant la pandémie. «La végétation est très avancée», observe Alexander Reford. L’expérience de visite s’en trouvera aussi enrichie de plusieurs nouveautés.

«Les Jardins sont magnifiques, la végétation est très présente, poursuit le directeur du site situé aux portes de la Gaspésie. Les pavots bleus vont être en fleurs.» Avec ses 3,5 km de sentiers aménagés, le territoire à ciel ouvert est l’endroit tout désigné, selon M. Reford, pour respecter la distanciation sociale. 

Pour l’équipe, qui est de retour au travail depuis le 4 mai, l’ouverture du site représente de multiples défis, dont le principal consiste à partager l’espace public en toute sécurité, en assurant la santé de chacun. Par conséquent, les Jardins de Métis ont entamé un ambitieux virage numérique. Ainsi, leur site Web permettra l’achat de billets, de cartes de membres et de produits dérivés en ligne. Afin d’assurer une circulation fluide qui respecte les normes de distanciation sociale, les billets devront être achetés en ligne et une heure de visite précise devra être sélectionnée. Une fois entrés, les gens seront libres de sortir quand bon leur semblera. «Tous les groupes sont annulés pour la saison», souligne Alexander Reford.

Plusieurs nouveautés

Parmi les nouveautés, les Jardins offriront un espace de travail extérieur en nature, dans la cour arrière de la maison écologique ERE 132. Cette terrasse, réservée au travail collaboratif et dotée d’un accès Internet amélioré, invitera la clientèle à lire, à travailler, à prendre un verre ou à méditer, tout en s’inspirant de la beauté des lieux. 

Comme chaque année, des ateliers seront offerts, à la différence qu’ils seront virtuels. Ces activités auront l’avantage d’être accessibles à plus grande échelle dans les domaines notamment de l’horticulture, de la cuisine et de la muséologie.

Le directeur des Jardins de Métis, Alexander Reford, a été récompensé du prix Ambassadeur de la qualité en architecture 2020 décerné par l’Ordre des architectes du Québec.

Ce que l’organisation appelait «le festival de jardins» revient, mais sous le concept d’une exposition de jardins contemporains. Elle présentera cinq nouvelles installations sous le thème «Métissages», qui s’ajouteront à la vingtaine d’autres des derniers étés. La nuance, cette année, c’est que les concepteurs des nouvelles installations n’ont pu se rendre sur les lieux. «Ça nous a poussés vers des relations numériques, explique M. Reford. On travaille à distance, comme tout le monde. On est capables de construire quelque chose de très près des concepts.»

Le chef Frédérick Boucher et son équipe, bien qu’un peu réduite, prépareront des paniers à déguster dans les Jardins ou à la maison. «On ne parle pas de grande gastronomie avec des repas complets», précise le directeur. Comme autre nouveauté, une épicerie éphémère regorgeant de produits dérivés et locaux sera installée à l’entrée. Les visiteurs pourront ainsi apporter à la maison une parcelle des Jardins. «C’est un peu notre manière de réinventer notre boutique horticole», fait savoir M. Reford.

Parmi les nouveautés, une épicerie éphémère regorgeant de produits dérivés et locaux.

Alexander Reford a été récompensé du prix Ambassadeur de la qualité en architecture 2020 décerné par l’Ordre des architectes du Québec. «J’ai été surpris parce qu’au Québec, il y a beaucoup de prix, où on doit faire notre propre présentation, mentionne le lauréat. Dans ce cas-ci, ce sont vraiment les architectes qui m’ont proposé. Alors, je suis honoré parce que je n’ai rien fait pour obtenir le prix. C’est une belle reconnaissance! J’ai adoré travailler avec des architectes depuis 25 ans. Je reconnais beaucoup leur talent.»