Les grands horizons de Brigitte Thériault

La photographe Brigitte Thériault se nourrit de la nature. Dans les forêts d'Amérique centrale ou sur les plages des Maritimes, la perfection surgit sous ses yeux, dans des agencements idéalisés de teintes et de formes.
La photographe de 37 ans a son atelier rue Dalhousie, à Québec. Les hautes fenêtres plein cintre ont le fleuve et Lévis comme panorama. Mais ce n'est pas ce qui inspire Brigitte Thériault. Elle préfère la jungle à la ville, les grands horizons au bitume.
Ses photos ressemblent à des peintures. Monumentales, elles sont régies par la symétrie et «les contrastes forts». «J'aime qu'il y ait une couleur dominante», explique la jeune femme.
Les humains se font rares dans l'oeuvre de Brigitte Thériault. La plupart du temps, elle braque son objectif sur le sable, les herbes hautes, l'eau, les arbres, la neige. Elle travaille «en format traditionnel», avec un film et des diapositives, comme elle l'a appris pendant ses études au Cégep du Vieux-Montréal. «J'adore la surprise en laboratoire», confie-t-elle.
«Photoshop, c'est comme des pinceaux, c'est mon outil de création», poursuit-elle. Elle «pousse» ses noirs, elle estompe les formes et elle aboutit à des oeuvres poétiques et harmonieuses, dans lesquelles les lignes composent des paysages sauvages et apaisants.
Les photos ainsi travaillées sont envoyées dans un laboratoire de Montréal par fichiers électroniques. Elles sont généralement tirées à quatre exemplaires dans un format maximum de 60 pouces sur 60. Elles sont ensuite collées sur du bois et «emprisonnées» dans du plexiglas, en vertu d'une technique appelée diasec. «C'est luisant», fait-elle observer.
Brigitte Thériault fait de la photographie d'art depuis 2008. Native de la ville de Québec, elle y est revenue à l'âge de 24 ans, après ses études à Montréal. Elle a travaillé pour des magazines, souvent dans le domaine de la mode. Mais un jour, sa passion pour la nature a pris le dessus. «J'aime les détails et les atmosphères», dit-elle.
Voyages déterminants
Ses voyages ont été déterminants pour la suite de sa carrière. Elle a roulé sa bosse aux Caraïbes, au Costa Rica, en Amérique centrale, au Pérou et un peu partout aux États-Unis. Elle a fait de la plongée sous-marine et s'est adonnée à la photo sous l'eau. Elle a aussi touché au paradis dans les Maritimes et sur l'île d'Anticosti. «La nature de proche» lui plaît.
Elle ne rechigne pas à intégrer des êtres humains dans ses photos. Ses trois enfants y figurent à l'occasion, méconnaissables dans des paysages géométriques. Et si elle trouve les grands formats «plus intéressants», elle propose aussi des oeuvres plus petites, donc plus abordables.
Brigitte Thériault participe au projet Unis Vert l'Art, en compagnie d'une vingtaine d'artistes du Québec qui créent des oeuvres à partir du vieux cuivre du toit du Château Frontenac. Leur exposition itinérante sera prête l'an prochain. La photographe a déjà pris des clichés de la démolition du toit. Ce projet l'emballe. Information : brigittetheriault.com