Un sucrier, un crémier et un pichet de verre, dons de Pierre-Paul Bertin

L'élégance du verre, d'hier à aujourd'hui

Transparent, coloré, iridescent... mais toujours en finesse. Le Musée de la civilisation de Québec expose jusqu'en mars une sélection des pièces de verre qui jouent avec la lumière, chacune à leur façon. Une vitrine d'élégance et de poésie.
<p>Une robe pour Sarah a été conçue par Helmer Joseph et Jean-Marie Giguère pour le défilé Verre Couture, présenté à l'occasion du congrès des verriers canadiens à Montréal, en 2010. Elle a remporté le premier prix du public. </p>
<p>Présent sur les tables bourgeoises depuis le XVIIIe siècle, le surtout de table, aussi appelé épergne, se place au centre de la table et permet d'offrir aux convives des fruits, des noix ou des condiments.</p>
Le Musée voulait mettre de l'avant une partie des importantes donations qu'il a reçues au cours des dernières années. Objets de lumière regroupe 24 pièces de verrerie aussi anciennes que contemporaines. Il s'agit donc plus d'une installation que d'une exposition. Une vitrine qui se découvre bien en marge de la visite d'une autre expo plus importante, remarque la conservatrice Nicole Grenier. Les objets choisis font partie des acquisitions récentes de l'institution qui a une collection garnie de plus de 1000 objets en verre, indique-t-elle.
On a réuni les objets et oeuvres sous quatre thèmes : le verre dans les réceptions, le verre dans les lieux de recueillement, le verre vu par les designers et le verre modelé.
Associé à l'art de vivre et aux fêtes, le verre se retrouve souvent à table lors de grandes occasions. Plusieurs objets de la table présentés sont tirés de la collection du donateur Pierre-Paul Bertin. On peut notamment y admirer un crémier, un sucrier et un pichet, exemples des premières pièces de verre produites en série, au début du siècle dernier.
Le verre carnaval, éclaté, se fait remarquer avec ses teintes arc-en-ciel. Celui-ci a connu un véritable engouement au début du vingtième siècle. Tout indiqué pour un plat à bonbons, dont on peut voir un exemplaire, offert par M. Bertin. On quitte ensuite la table pour les luminaires, qui décorent les espaces communs de la maison. De verre opaque ou transparent, les lustres de plafond et lampes fonctionnaient jadis à l'huile et émettaient une lumière différente de celle diffusée par les ampoules électriques.
Le visiteur peut également y voir un chandelier en cristal de Baccarat ayant appartenu à Maurice Duplessis et des objets décoratifs peints à la main des Soeurs de la Charité de Québec.
À porter
On sort un peu de la thématique «décoration» avec deux créations contemporaines à porter. Vedette de la vitrine, la robe de verre signée Helmer Joseph et Jean-Marie Giguère est accompagnée d'un sac de verre de Ying Gao et Michèle Lapointe.
Ce dernier, un assemblage de verre et d'organza qui a l'air tout léger, pèse en fait 10 kilogrammes, indique Mme Grenier. L'oeuvre symbolique s'intitule justement Le poids de ce que nous (trans)portons.
L'installation a été réalisée en collaboration avec les étudiants du cours Textes muséologiques du Département de langues, linguistique et traduction de l'Université Laval.
Au terme d'une évaluation, le concept d'Édith Boucher et Lise Fontaine a été sélectionné. Elles ont aussi rédigé les textes de la vitrine.
Objets de lumière est présentée au Musée de la civilisation, à Québec, jusqu'au 29 mars 2015.