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Pots lumineux Folia Lux de Twist Production
Pots lumineux Folia Lux de Twist Production

Le spectacle nocturne de l'éclairage extérieur

Marie-Anne Dayé
Marie-Anne Dayé
Collaboration spéciale
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L’éclairage extérieur est un point majeur dans l’aménagement paysager, soutiennent les experts du domaine. Comment bien planifier, choisir les bons luminaires et créer un équilibre pour ne pas reproduire l’effet d’une piste d’atterrissage? Quatre paysagistes et concepteurs de jardins répondent à nos questions.

La nuit tombe, la lumière naturelle s’estompe et voilà que des faisceaux lumineux prennent le relais pour éclairer les sentiers et les végétaux de votre cour. De toutes nouvelles scènes font leur apparition et vous permettent d’apprécier votre aménagement sous une autre perspective. 

L’art de l’éclairage extérieur réside dans la manière d’éclairer, l’évaluation de l’environnement, voire l’angle de l’ampoule. L’idée, c’est d’«avoir quelque chose qui soit le plus naturel possible», soutient Marjolaine Moisan-Bouchard, designer paysagiste derrière Signé MMB. «Plus c’est feutré, plus c’est discret, plus on se sent intégrés à la nature, pour moi c’est vraiment la chose parfaite». «Ça prend un bon œil pour choisir la bonne intensité de lumière, la bonne couleur», exprime pour sa part Simon Paquet, designer, paysagiste et chargé de projet aux Jardins de vos Rêves. 

Les passages piétonniers, les végétaux et les aires de vie sont mis en valeur par l’éclairage.

Penser sécurité 

On pense d’abord à l’éclairage en termes de sécurité : éclairer un passage piétonnier, des escaliers, un stationnement, par exemple. L’idée n’est pas d’éclairer directement le trottoir, mais d’éclairer autour afin de créer un reflet, explique Marjolaine Moisan-Bouchard. En utilisant des lampes sur tiges que l’on dissimule dans la platebande et dont les faisceaux projettent vers le bas ou encore en éclairant le mur de pierre à côté du trottoir, on met en valeur les végétaux et les matériaux tout en éclairant le chemin de manière plus subtile. 

Julie Villeneuve, directrice générale de Candide Villeneuve Paysagiste, mentionne la possibilité d’insérer des luminaires directement dans les dalles de béton préfabriqué au sol. L’important, pour un bon éclairage, «c’est l’ombre et la lumière». «Les mauvais éclairages, c’est parce qu’ils éclairent tout, mais il n’y a pas d’effet visuel», précise-t-elle. 

Les Jardins de vos Rêves conçoivent des lampes de bois et de pierre qui servent à éclairer les sentiers piétonniers de manière chaleureuse.

Trouver l’équilibre

Mettre en lumière les végétaux, les éléments architec­turaux ou un mur de roche participera à créer une belle ambiance en soirée. «De la maison, de l’intérieur, c’est vraiment intéressant de voir ça parce que c’est comme si tu avais une nouvelle pièce, un prolongement de la maison. Tu rentabilises ton aménagement paysager, tu en profites doublement et c’est incitant», affirme Ancolie Séguin, présidente et fondatrice des Jardins de vos Rêves. On place par exemple un projecteur au pied d’un arbre mature et on choisit la couleur de la lampe pour jouer avec la couleur du feuillage, on dissimule un spot au sol pour illuminer un rocher, on intègre une lumière submersible dans un bassin d’eau… il n’y a pas de limite dans l’éclairage, pourvu que ce soit équilibré. 

D’ailleurs, il est important d’évaluer l’environnement. Est-ce qu’un lampadaire éclaire déjà le terrain avant de la maison? L’éclairage est-il abondant chez les voisins? Y a-t-il un parc à proximité? Il faudra tenir compte de ces éléments avant de penser à son propre jeu de lumières. Et s’assurer de respecter le règlement de la municipalité.

L’éclairage idéal, selon Marjolaine Moisan-Bouchard, est celui qui est le plus naturel possible et met en valeur les végétaux et les matériaux avec parcimonie. Aménagement : Signé MMB

Bien planifier

Marjolaine Moisan-Bouchard con­seille aussi d’évaluer ses besoins avant de vouloir reproduire un éclairage extérieur qu’on aurait vu dans un magazine. Veut-on sublimer des murs de maçonnerie? Créer un cocon intime? Créer un point focal? Et quel montant est-on prêt à investir? La designer parle de 3 à 5% du budget pour un projet en général. «Si on va vers quelque chose de plus complexe, de plus luxueux, on va aller jusqu’à 7 à 10% de l’aménagement». 

Ancolie Séguin calcule qu’il faut un minimum de 1500$ pour éclairer une petite cour, incluant le filage, le transformateur et quelques projecteurs. Mais si on a une plus grande cour, il est préférable d’attendre d’avoir un peu plus d’argent à investir. Certains de ses clients vont demander d’installer l’éclairage en phase 2, l’année suivante. Le savoir d’avance permettra aux paysagistes d’au moins faire passer le filage la première année et ensuite les lampes pourront y être intégrées par après. 

Des ampoules à LED 2 watts sont recommandées pour un éclairage doux et de 7 watts pour éclairer de grands arbres.

Halogène ou solaire?

D’emblée, les quatre experts s’entendent pour dire que l’éclairage solaire n’est pas idéal, car la qualité des lampes n’est pas au rendez-vous et la puissance n’est pas suffisante. «Ça ne donnera pas le même effet. Les gens peuvent être déçus», prévient Marjolaine Moisan-Bouchard. Même son de cloche du côté de Candide Villeneuve Paysagiste : «Nous on ne s’occupe pas de ça parce que souvent c’est un peu plus cheap. Après un an, il faut changer parce que c’est moins de qualité», soutient la présidente. 

C’est plutôt l’éclairage à DEL qui l’emporte pour sa durabilité, sa faible consommation et sa variété de couleurs de faisceaux lumineux disponible. Et quand on investit dans des ampoules de qualité, on s’évite des remplacements inutiles. «Ça fait environ 10 ans qu’on fait de l’éclairage et je ne change même pas une ampoule par année», assure Ancolie Séguin. 

L’halogène, qui est moins coûteux mais plus énergivore, va plutôt servir à éclairer les jardins d’hiver. «Ça va faire fondre la neige parce que ça crée une dépense énergétique qui produit de la chaleur», explique Simon Paquet. 

L’halogène est plus prisé pour l’éclairage d’hiver. Aménagement : Candide Villeneuve Paysagiste.

Même que certains clients de Candide Villeneuve vont opter pour un combo DEL-halogène pour profiter des avantages des deux, été comme hiver. «Certains de mes clients veulent économiser tout l’été alors ils mettent de la DEL et ils nous engagent pour changer toutes les ampoules de leur éclairage deux fois par année», raconte Julie Villeneuve. 

Selon les experts, il est important de choisir une lampe en métal et qui soit scellée si on veut qu’elle résiste aux hivers. «Dans les grandes surfaces, ils vont vendre des enveloppes en plastique au lieu d’être en aluminium, mais si on l’accroche elle va casser, et l’eau et l’humidité sont l’ennemi numéro 1», met en garde Simon Paquet. Ancolie, sa collègue, vante les mérites des luminaires Kichler, qui se démarquent pour leur durabilité. Marjolaine Moisan-Bouchard mentionne Aquasol, Hydralis et aussi Kichler. Julie Villeneuve aime travailler entre autres avec DH Line pour sa durabilité.

Suspension en rotin, 220$ chez Royaume Luminaire

Une question de style

Quand on parle de style, les possibilités sont multiples, autant dans la couleur de l’éclairage que dans le design des aménagements et des sortes de luminaires. Pour un éclairage contemporain, certains vont opter pour des lumières au LED plus froid, mais Ancolie Séguin et Simon Paquet des Jardins de vos Rêves vont préférer un entre-deux. «Nous on travaille plus avec du 3000°K. Parce que 2700 c’est un peu jaune, 3000 c’est neutre et quand on va plus haut, comme 4000 ou 5000°K c’est très blanc néon. Ça peut donner un style plus contemporain, mais on perd de la chaleur, de l’ambiance.»

Lanterne, 30$ chez Bouclair
Lanterne, 40$ chez Bouclair

En dehors de l’éclairage général, plus complexe à installer, on peut s’amuser avec de l’éclairage d’appoint telles que des jardinières lumineuses (comme celles de l’entreprise Twist production), des lanternes ou un courant lumineux installé sur le toit de la pergola. Actuellement, ce qui a la cote selon Marjolaine Moisan-Bouchard, c’est le style farm­house et boho chic. «Un beau suspendu en bambou ça peut être très joli sous une pergola, ça ajoute une touche chaleureuse dans un aménagement boho chic. Les modèles en métal noir plus épurés vont donner une touche plus contemporaine avec élégance. Ça c’est quelque chose qui ne se démodera pas avec le temps. Ça dépend un peu du style de la résidence», nuance-t-elle. Elle a eu un coup de cœur pour les panneaux perforés éclairés et personnalisables Camellya offerts par EBM Laser, une entreprise située à Saint-Augustin-de-Desmaures. 

Selon Ancolie Séguin, la domotique fait aussi le bonheur de plusieurs clients, qui aiment pouvoir atténuer leurs lumières eux-mêmes, ouvrir et fermer certaines sections de la cour selon les besoins, et changer les couleurs. Elle rappelle que le plus important, c’est d’avoir envie de profiter de son aménagement extérieur même la nuit. «C’est ce qu’on veut, que les gens sortent! C’est ça notre mission.»