La maison Gomer, qui date de 1918, a été magnifiquement restaurée.

Le quartier anglophone de Tadoussac

Non loin de l'Hôtel Tadoussac et de la petite chapelle, entre la plage et le haut de la falaise, la maison de Lord Dufferin témoigne d'un passé prestigieux. Celui qui a été gouverneur général du Canada de 1872 à 1878 a attiré «sa cour» dans ce village de la Côte-Nord.
Cette résidence blanc et vert est «une première maison préfabriquée arrivée en modules sur une barge», glisse au passage Joëlle Pierre, présidente du comité consultatif d'urbanisme de Tadoussac.
Le secteur, ainsi que celui du quartier anglophone un peu plus haut, à gauche de la baie, est touché par l'érosion des berges, poursuit-elle. Comme les terrains sont généralement grands, certaines maisons pourraient être déplacées. Autrement, l'enrochement vient protéger.
Chez les Anglos, les demeures estivales ont été transmises de génération en génération. L'ambiance y règne encore avec le terrain de golf et le club de tennis où, les jeudis après-midi, le «Four o'clock tea» est servi aux membres.
<p>Les fenêtres de la maison Gomer ont été faites sur mesure. </p>
En chemin, on croise la maison Bailey avec ses pignons transversaux. Plus loin, la PeaSoup fait sourire, avec son revêtement de bois peint d'une belle couleur vert pois et ses chaises berçantes jaunes qui tranchent sur la galerie.
Celle que les locaux appellent la maison Gomer est une merveille de restauration, s'extasie Mme Pierre. La toiture rouge est impeccable. Un architecte a fait les plans et l'agrandissement par l'arrière est parfaitement intégré. Ce bel ouvrage revient aussi à l'ébéniste de Sacré-Coeur Luc Boivin, note l'experte qui relève également les fenêtres faites sur mesure.
Mais tout ça a bien sûr un prix, et là est souvent le problème. Les descendants n'ont pas tous les moyens de restaurer ces grandes maisons reçues en héritage avec les matériaux et le savoir-faire anciens. Demeures qui, de surcroît, ne sont pas isolées.
<p>La maison PeaSoup, nommée ainsi pour sa couleur, a été complétée en 1924. </p>
De la mousse recouvre quelques toitures et remises. La nature reprend parfois ses droits sur ces villas souvent camouflées dans les arbres.
L'attachement au patrimoine reste pourtant bien ancré dans la culture anglophone. C'est cette communauté qui a décidé de ramasser des fonds pour sauver la petite chapelle catholique, note Mme Pierre.
Quant à la chapelle protestante, qui est très bien entretenue, «les enfants et les petits-enfants viennent encore s'y marier».
<p>La maison Dufferin, entre la plage et le haut de la falaise  </p>
Circuit patrimonial, une application touristique en devenir
Il existe déjà à Tadoussac quelques panneaux explicatifs sur le patrimoine bâti. Or, la municipalité souhaite se moderniser et travaille avec la Chaire de recherche du Canada de l'Université Laval à la conception d'une application pour appareils mobiles, indique Claude Brassard, directeur du tourisme, de la culture et du patrimoine de Tadoussac. L'objectif? Que les visiteurs puissent faire une visite virtuelle des beaux bâtiments d'autrefois. M. Brassard, qui est actuellement en période de financement, espère offrir cette application dès mai 2014.