Au cours des cinq dernières années, l'artiste multidisciplinaire Paule Laperrière a compilé photos et informations sur les petites dépendances de l'île.

Le petit patrimoine de l'île en exposition

Tous les dimanches, Paule Laperrière fait le tour de l'île d'Orléans. Elle chante à l'église de Sainte-Famille, dirige la chorale de l'église de Sainte-Pétronille. Et sur la route, elle scrute, observe, admire les petits bâtiments secondaires qui se fondent dans le décor. Amoureuse de ce patrimoine, elle en a fait une exposition.
Jusqu'au 9 octobre, la Maison de nos Aïeux accueille Les petites dépendances de l'île, une recension qui a occupé l'artiste multidisciplinaire les cinq dernières années. Des photos, mais aussi une quinzaine de reproductions miniatures de poulaillers, de hangars, de laiteries, de fournils... Des maquettes en trois dimensions à l'échelle, puisque Paule Laperrière est allée les mesurer sur place, planche par planche.
Toutes les reproductions sont à l'échelle et tous les détails ont été respectés, jusqu'aux cabanes d'oiseaux et aux girouettes.
«J'aime le travail d'archives que ça représente», confiait l'artiste à quelques heures de son vernissage la semaine dernière. Elle explique que l'évolution des pratiques agricoles et la modernisation des outils de travail ont détourné ces dépendances de leur fonction première. Au fil des ans, plusieurs de ces bâtiments ont disparu, certains se trouvent dans un état de préservation précaire, d'autres servent prosaïquement de cabanons. 
Par cette exposition, elle souhaite sensibiliser le public, et plus particulièrement ses concitoyens de l'île, à la beauté de ces constructions «de la plus rouillée à la mieux restaurée» et à l'importance des les préserver.
Une photo que Paule Laperrière a transposée en tapis crocheté.
Ces vestiges racontent notre histoire, insiste Paule Laperrière, qui a contacté tous les propriétaires des bâtiments recensés. Ici, on élevait des chapons, des coqs castrés, engraissés et destinés à la consommation. Là, une bécosse qui aurait appartenu au père Lachance. Et cette laiterie en pierre d'Argentenay, qui a été transportée et déménagée à l'île avec la maison par ses propriétaires.
Paule Laperrière a aussi préparé un diaporama où défilent d'autres dépendances des différentes municipalités de l'île. L'artiste, qui a une formation en théâtre, en chant, en arts et a été dentellière et chapelière pour le Cirque du Soleil, s'émeut du «format attendrissant» de ces petits bâtiments. Ils évoquent pour elle «la solidité, la résilience, l'ancrage, la fierté de se tenir debout».