Les colonnes périphériques en forme de V sont à la fois esthétiques et fonctionnelles, alors que l'utilisation du bois réfère à l'histoire de la Mauricie, dont la croissance est liée à l'exploitation forestière.

Le nouveau magasin Tanguay réfère à l'histoire de la Mauricie

En utilisant le bois pour le magasin Tanguay de Trois-Rivières, les concepteurs ont voulu évoquer l'histoire de la région dont le développement est lié à l'exploitation de la forêt. Mais le bois n'est-il pas simplement synonyme de beauté et de confort?
Construit entre février et octobre 2016 le long de l'autoroute 55, sur un terrain qui lui donne une belle visibilité, ce magasin Tanguay est le plus gros de la bannière avec sa superficie de 80 000 pieds carrés. Pour la firme de Québec Coarchitecture, il s'agissait d'un quatrième mandat avec Tanguay, après les succursales de Beauport, Rimouski et Lévis. «C'est le plus gros magasin en bois du Québec», s'enorgueillit Alain Tousignant, architecte principal senior.
Le magasin est construit autour d'un axe de circulation central mis en valeur par un puits de lumière linéaire tout de bois qui traverse le bâtiment. Il diffuse la lumière naturelle qui vient du nord, «parfaite pour magasiner, car elle donne la bonne couleur des objets et des meubles», a commenté Chantal Lachance, responsable de l'aménagement intérieur chez Tanguay.
Lorsque la lumière naturelle est insuffisante, un éclairage entièrement à la DEL (peu énergivore) a été privilégié.
L'entrée principale, à l'ouest, est soulignée par un volume de verre double hauteur qui ressemble à une lanterne, le soir venu.
L'utilisation du bois réfère à l'histoire de la Mauricie, dont la croissance est liée à l'exploitation de la forêt.
Le puits de lumière linéaire en bois traverse tout le bâtiment. La lumière naturelle vient du nord.
Ode au bois lamellé-collé
La firme Coarchitecture a collaboré avec l'entreprise de Chibougamau Nordic Structures à qui elle doit la structure apparente de bois lamellé-collé. Elles avaient travaillé ensemble pour le stade de soccer Chauveau et le stade TELUS de l'Université Laval, deux bâtiments de Québec salués par un prix d'excellence Cecobois. Le magasin Tanguay de Trois-Rivières vient de leur en valoir un autre (catégorie bâtiment commercal de plus de 1000 mètres carrés).
Le bois lamellé-collé est un matériau régional, naturel et renouvelable, qui requiert peu d'énergie pour sa transformation. Il provient de forêts gérées de façon responsable.
Il contribue à l'ambiance paisible et chaleureuse du lieu. Mais son utilisation présente aussi des avantages du point de vue technique. Comme la structure de bois autorise des portées de 15 mètres, elle permet de réduire au minimum le nombre de colonnes dans le magasin, ce qui libère le plancher et donne une impression de légèreté.
Les colonnes en périphérie du magasin ont été traitées comme des supports en forme de V. Elles sont à la fois esthétiques et fonctionnelles. Et elles sont intégrées à la composition architecturale du bâtiment.
«C'est une splendeur», résume Chantal Lachance, qui apprécie l'aspect épuré, presque dénudé, du nouveau magasin. Elle précise que l'ancien était «ceinturé de partout avec des rues et des voies ferrées», et qu'il était impossible de l'agrandir ou de lui ajouter un étage.
Elle salue la minutie des ouvriers qui ont fait de «grands efforts» pour camoufler la mécanique du nouveau bâtiment (électricité, gicleurs, ventilation, etc.), malgré la quasi-absence de plafond. La construction a coûté 13 millions $. 
Pour une visite virtuelle, visitez tanguay.ca
Source complémentaire : V2com
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Nordic Structures concernée par le conflit du bois d'oeuvre
L'entreprise de Chibougamau Nordic Structures a un chiffre d'affaires de plus de 200 millions $ par année. «Le quart est généré par la vente de bois d'oeuvre aux États-Unis», souligne le responsable des communications, Frédéric Verreault, qui s'insurge contre les droits compensateurs de 20 % imposés aux exportations canadiennes de bois d'oeuvre par le Département du commerce américain.
«Farfelue, aléatoire» : ainsi décrit-il cette surtaxe qui réactive pour une cinquième fois le conflit du bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis. «Aléatoire», parce que Produits forestiers Résolu, «l'exception au Québec», bénéfice d'une surtaxe de 12 %.
«On a eu victoire sur victoire contre les États-Unis dans ce dossier depuis 1982», rappelle Frédéric Verreault qui compare la récurrence de ce conflit à une «récurrence de cancer». «Serrons-nous les coudes et allons au bout de ce conflit», lance-t-il au gouvernement Trudeau. «Notre dossier est solide. On n'a aucune raison de céder.»
Déficit de productivité 
Il se défend de personnaliser le dossier au président américain Donald Trump. «Ce qui est en cause, c'est le déficit de productivité de l'industrie américaine du bois», analyse-t-il. Selon lui, la reprise de la construction résidentielle aux États-Unis augmentera leurs besoins en bois d'oeuvre. Ils auront besoin du Canada pour répondre à la demande.
Le gouvernement du Québec a déjà annoncé des mesures pour aider les 178 entreprises québécoises concernées à traverser cette tempête commerciale. Il presse Ottawa de faire sa part.