Le Noël de la fleuriste

Plants de romarin, branches de pin, amaryllis, pommettes, fleurs séchées : pour composer son décor de Noël, la fleuriste Marie Baillargeon a «regardé dans la nature» et transféré dans son salon les végétaux de son jardin qui ont survécu à l'automne.
«J'insiste là-dessus, ça ne coûte rien», révèle la sympathique commerçante des Halles du Petit-Quartier. À la demande du Soleil, elle a apprêté son condo du Vieux-Québec pour le temps des Fêtes en faisant honneur à son métier.
Les cyclamens, le houx, les amaryllis, les azalées et les gardénias sont des plantes qui gagnent à rester dehors longtemps, fait-elle valoir. «On les rentre pour Noël», recommande-t-elle. Le 1er décembre, ses azalées étaient encore alignées dans les marches de l'escalier extérieur. Elles peuvent survivre jusqu'à -5 °C, mentionne Marie. Elle a fiché dans leurs pots des lampes solaires. Visible de la cuisine, cet agencement ravissant est complété par des gardénias qu'elle a placés sous la fenêtre, à l'intérieur. 
Son arbre de Noël est un cyprès de l'Orégon. Il vivra longtemps puisqu'il est en terre. Marie ne l'a pas surchargé. Elle souhaitait que les ornements et le cyprès se magnifient les uns les autres.
À la base, elle a planté des tiges de coton qui ressemblent à des boules d'ouate. Dans les branches, elle a suspendu des oiseaux tricotés par la comédienne Linda Laplante. Elle a intercalé des mini-bouteilles transparentes dont elle se sert à sa boutique. Elles tiennent grâce à des fils de métal enroulés autour de leur col. «On pourrait en faire des guirlandes», conseille Marie.
Le manteau de sa cheminée est une ode à l'accumulation réfléchie. Des clématites et des roses séchées - «les dernières fleurs de mon jardin» - veillent dans un pot de grès. Des pingouins et des sapins de carton côtoient des patineurs de métal naïfs et une crèche de roches créée par Normand Simard.
Des branches d'ilex débordant de baies rouges donnent de la hauteur à cette vignette opulente. «Dans l'eau, elles dureront tout le temps des Fêtes», assure-t-elle.
Et les bibelots de tous les jours? Marie leur a mis des rubans, des boucles et des clochettes de Noël. Il s'agit là de son astuce : «adapter» les objets décoratifs usuels en fonction de la fête. Même Rosée, la chienne, a son collier assorti.
Quintessence de la paix
Foi de Marie, Noël n'est pas un prétexte pour dépenser. «Pour moi, c'est la quintessence de la paix», glisse-t-elle. Un souvenir d'enfance lui revient : la guerre du Viêtnam. «Dans Le Soleil, il était toujours question de la ''trêve de Noël''», se rappelle-t-elle.
Cette paix, elle l'a transposée dans ce condo qui se prend pour «un petit hôtel particulier». Certes, il faut du talent et du jugement pour réussir un tel décor, à la fois champêtre et naturel. Marie a la chance de s'approvisionner en végétaux à sa propre boutique (les Halles en fleurs). Mais elle répète que les plantes en pot du balcon peuvent survivre plusieurs mois dans la maison et constituer un point de départ à coût nul pour la déco de Noël.
La table qu'elle a dressée participe du même esprit convivial. La fleuriste a choisi deux amaryllis, une en pot, l'autre coulée dans la cire rouge. La sentimentale, elle, a sorti de l'armoire les verres de cristal de Baccarat, cadeau de son père de 100 ans. Elle a fait cuire un poulet de la boucherie Labrie et disposé des biscuits de la pâtisserie des Halles. Écologiste, elle préconise l'achat local.
L'heure est venue d'exhiber vos linges à vaisselle aux couleurs des Fêtes, de composer des natures mortes avec des chandelles et des fruits, puis de rapailler votre belle vaisselle et d'y déposer des branches de romarin et des pommettes décoratives pour un Noël botanique tout en simplicité.
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