Le monde de l'architecture en deuil de Zaha Hadid

Le monde de l'architecture a été secoué jeudi par la mort de Zaha Hadid, figure phare de l'architecture contemporaine, brusquement décédée à Miami à l'âge de 65 ans d'une crise cardiaque consécutive à une bronchite.
Avec ce décès, le monde de l'architecture perd une de ses stars mondiales, et la première et unique femme à obtenir le prix Pritzker, l'équivalent du Nobel chez les architectes. C'était en 2004. Elle a également été la première femme à remporter la prestigieuse médaille d'or royale pour l'architecture pour l'année 2016, après Jean Nouvel, Frank Gehry ou Oscar Niemeyer.
Femme architecte, un combat
Se revendiquant du déconstructivisme, courant qui remet en question les canons architecturaux classiques et revendique de repenser la géométrie des bâtiments, Zaha Hadid était réclamée aux quatre coins du monde.
On lui doit notamment le tremplin de saut à ski d'Innsbruck en Autriche, l'opéra de Canton en Chine, le MAXXI (Musée national des arts du XXIe siècle) à Rome et la tour du groupe de transport maritime mondial CMA-CGM à Marseille (France).
Elle a également créé la piscine des JO de Londres en 2012 et le Musée Guggenheim de Taichung (Taïwan). Ses bâtiments aux concepts mixtes marient souvent lignes obliques tendues et courbes, en quête d'apesanteur.
Son succès en tant que femme dans un milieu toujours très masculin n'a pourtant pas été une évidence, a-t-elle déclaré à de multiples reprises. Cette brune aux formes épanouies et au caractère bien trempé confiait ainsi au milieu des années 2000 que pour percer, «ce n'est pas tant le racisme que le fait d'être une femme en Grande-Bretagne qui a longtemps fait obstacle».
«Oui, j'ai réussi, mais la route n'était ni facile ni parsemée de roses; c'est le résultat d'un très long combat. Au début, j'étais une acharnée de boulot et je travaillais de jour comme de nuit», a-t-elle dit en 2012 au Courrier de l'architecte.
Zaha Hadid est née en Irak en 1950 où elle reçoit une éducation libérale. Elle a d'abord choisi d'étudier les mathématiques, obtenant une licence de l'université américaine de Beyrouth, avant d'opter pour l'architecture. Diplômée de l'Association d'architecture de Londres en 1977, elle décide de rester dans cette ville où elle crée son cabinet dès 1979 tout en collaborant avec l'Office for Metropolitan Architecture (OMA).
Son succès a été terni récemment par une déconvenue au Japon. Choisie pour superviser la construction du stade olympique pour les JO de Tokyo en 2020, son projet, jugé trop onéreux, a finalement été abandonné en 2015.