Conçu par l'architecte français Jean Nouvel, le Louvre Abu Dhabi a été construit sur une île déserte. Il sera inauguré le 11 novembre.

Le Louvre Abu Dhabi, musée du désert... ouvert sur l'eau

Grand nom de l'architecture mondiale, le Français Jean Nouvel, qui a conçu le Louvre Abou Dhabi dont l'inauguration est fixée au 11 novembre, a expliqué, dans un entretien à l'AFP, comment était né son projet.
Q Comment avez-vous conçu le Louvre Abu Dhabi?
R J'ai déjà travaillé à Paris sur l'Institut du monde arabe. J'avais surtout la volonté d'être à la hauteur de la situation parce qu'un quartier culturel se créait là, sur une île déserte (à Abu Dhabi), avec cinq grandes institutions (dont le Guggenheim, le Louvre étant le premier musée à être construit).
Je suis un architecte contextuel et je voulais que ce musée appartienne à l'histoire et à la géographie de ce pays (les Émirats arabes unis). Je ne voulais pas qu'on construise le même qu'à Paris. Je voulais qu'il appartienne à ce climat, dans tous les sens du terme. Et je voulais aussi que, symboliquement, il y ait une forme de spiritualité parce que le contenu est souvent sacré et la culture est une dimension de l'esprit.
Q L'architecture arabe vous a-t-elle inspiré?
R Je suis allé chercher le dôme blanc, un symbole clair, un lieu qui n'est pas banalisé. Je suis allé chercher aussi la géométrie de la ville arabe parce que je suis toujours dans cette idée qu'un musée, c'est beaucoup plus un quartier qu'un bâtiment. C'est un lieu de rencontres et de discussions. Il y a aussi cette ouverture sur la mer, avec des bateaux, qui fait beaucoup de sens sur le plan symbolique avec le dialogue des civilisations. J'ai voulu jouer sur cette ouverture qui était celle de ce site du désert au bord de l'eau.
Q Quel est le rôle de la lumière naturelle dans le musée, en grande partie recouvert par un immense dôme constellé d'étoiles?
R La spiritualité peut aussi se traduire par un symbole qui est de l'ordre de la lumière. Pour moi, la grande architecture arabe, c'est une géométrie aux lumières. J'ai essayé de trouver quelque chose qui soit en relation avec cette vibration. La vibration, je l'ai inventée à partir du moment où j'ai décidé de faire plusieurs couches pour la coupole et pour le dôme, en me disant qu'il va falloir qu'un rai de lumière traverse toutes ces couches pour arriver en bas et que, comme le soleil tourne, ça ne sera jamais la même géométrie et que des points de lumière vont apparaître et disparaître. Cette lumière vibrante, avec les reflets de l'eau qui rentrent souvent sous la coupole, crée une ambiance qui n'est pas ordinaire et qui est un héritage aussi de certains effets qui existent déjà dans la ville arabe, en particulier dans les souks.