Avec son côté à la fois épuré et chaleureux, le kinfolk appelle à l'apaisement.

Le kinfolk prend l’air

En vogue depuis quelques années en alimentation et en décoration intérieure, le kinfolk prend l’air et s’intègre désormais à notre cour. Que ce soit en ville ou à la campagne, place aux matières brutes auxquelles on ajoute parfois une touche de glamour.

Au dernier Salon Cours et Jardins, l’entreprise de Québec, Paysagiste Jamo, mettait de l’avant cette tendance. Table en bois rustique, chaises dépareillées dont une dorée, chute d’eau apaisante dans la piscine : l’endroit appelait le repos. «Le kinfolk, c’est le retour aux traditions, le retour aux sources, explique Blanche-Annie P. Teixeira, créatrice d’ambiance extérieure chez Paysagiste Jamo. C’est une tendance qui s’est vue dans les intérieurs dans les deux dernières années et cette année, c’est quelque chose qui est en force à l’extérieur. Avant, les gens avaient tendance à diviser les styles de l’intérieur et de l’extérieur de leur maison, mais plus maintenant.»

En cuisine, Marilou de Trois fois par jour illustre bien le courant kinfolk dans la présentation de ses recettes. Bois brut, tissus naturels, accessoires trouvés dans des magasins de seconde main et fleurs des champs sont en vedette.

Dans notre cour, le kinfolk inspire une ambiance conviviale, propice aux réceptions. La table de bois reste nue. Sur elle sont déposés des couverts sobres, pris chez l’antiquaire du coin et de simples arrangements floraux. «On ne veut pas cacher la table, au contraire, dit Mme P. Teixeira. Avant, on mettait en valeur l’accessoirisation, c’est ce qui faisait la beauté. Maintenant, on met la base en valeur.»

Les tablées se font invitantes.

Le bois et la pierre naturelle se mélangent, ainsi que les motifs et les couleurs. «On n’hésite plus. On y va selon nos goûts, explique la créatrice d’ambiance. On n’a pas peur de marier les motifs ou les matériaux qu’ils soient bruts ou glamour

Table en bois brut, chaises dépareillées, fleurs blanches et feuillages sont quelques des éléments du kinfolk.

Les plantes sont présentes, mais discrètes. «Le sédum et le cactus sont très populaires, car ils demandent peu d’entretien», souligne-t-elle.

Le kinfolk, qui privilégie le naturel, prend tout son sens à l’extérieur, croit Mme P. Teixeira. «On vient souligner ce côté-là parce qu’on est dehors. Ça mène aux conversations, aux soirées festives.»

Au dernier Salon Cours et Jardins, le créateur d'ambiance Paysagiste Jamo avait mis de l'avant la tendance kinfolk.

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Pour recréer le style

› Privilégier les matériaux bruts (bois, lin, grès) qu’on laissera à leur état naturel.

› Récupérer ce qu’on a : mélanger une belle table en bois à des chaises laissées-pour-compte, relents d’un ancien ensemble de salle à manger.

› Intégrer de la verdure avec discrétion, beaucoup de feuillages et de fleurs blanches.

› Créer un environnement accueillant et confortable avec des jetés et des coussins pour que nos invités se sentent bien.

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L'origine du kinfolk

Couverture du magazine Kinfolk

Kinfolk est un magazine d’art de vivre créé par Nathan Williams, son épouse Katie Searle-Williams et leurs amis, tous originaires de Portland en Oregon. Publié pour la première fois en 2011, il met de l’avant une vie simple et saine et l’importance de la communauté à travers des articles sur l’habitation, le travail et l’alimentation. Son design épuré et l’esthétisme de ses photos ont rapidement séduit les hipsters du monde. Il est publié en chinois, en russe, en coréen et en japonais. Trois livres ont aussi été écrits sur le kinfolk à la maison, à table et au travail. 

Le livre The kinfolk home

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Éloge de la lenteur

Le kinfolk s’inscrit dans le slow movement (mouvement doux), qui a débuté au milieu des années 80. Les adeptes de ce mouvement prônent le ralentissement du rythme de vie, la famille, s’opposent à la surconsommation et apprécient les choses simples. En cuisine, ils privilégient les aliments locaux. En décoration, ils récupèrent des objets de différentes formes et époques et les intègrent à leur aménagement.

En cuisine, le slow movement privilégie les aliments locaux.

Approche globale

Le courant a débuté par le slow food. En 1986, un Italien du nom de Carlo Petrini avait protesté contre l’ouverture d’un restaurant McDonald’s à Rome. Le slow food était né. Le slow movement est petit à petit devenu une approche globale. Il est aujourd’hui représenté en cinéma, en mode, dans les médias, en médecine, en parentalité, en science et même dans le sexe! En 1999, le physicien Geir Berthelsen a fondé The World Institute of Slowness (theworldinstituteofslowness.com) pour promouvoir cette façon de vivre qui se veut en accord avec les valeurs familiales et l’environnement.

Sur la page d’accueil du site Internet, on peut lire : «La lenteur est la dimension oubliée du temps. Contrairement au temps chronologique, c’est un temps non-linéaire, du temps pigé ici et là, du temps qui vous convient, du temps extraordinaire. Alors, pourquoi aller rapidement quand on peut aller lentement? La lenteur est en lien avec l’équilibre de nos vies, alors si vous devez vous dépêcher, faites-le lentement.» 

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Signification de l’acronyme SLOW

› S pour sustainable (durable) : c’est-à-dire posséder des objets dont la fabrication a peu d’impact
sur l’environnement.

› L pour local : consommer ce qui est autour de nous.

› O pour organique : qui ne vient pas de la production de masse.

› W pour whole (entier) : objets et nourriture qui n’ont pas été transformés. 

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Quelques déclinaisons du slow movement

›  Alimentation

Opposition à la restauration rapide, pour la production locale.

›  Cinéma

Mise en lumière du réalisme par des longues séquences, jeu minimaliste.

›  Médecine

Privilégie une bonne relation entre le patient et le professionnel et l’aspect unique de chaque humain.

›  Mode

Contre la production en masse de vêtements. Privilégie les créateurs locaux ou les vêtements de seconde main, dont la production a peu d’impact sur l’environnement.

›  Parentalité

Vise à moins organiser la vie des enfants, à leur laisser plus de temps libre pour jouer et explorer le monde.

›  Sexe

Faire l’amour en pleine conscience, prendre son temps en opposition aux «p’tites vites» qui visent l’atteinte de l’orgasme rapidement.

›  Travail

Travailler mieux en trouvant de la valorisation dans son travail, en simplifiant vos tâches, en prenant le temps de bien faire les choses.