L'allée centrale du rez-de-chaussée a été élargie d'un pied. Les tables noires au contour de chrome de l'ancien Flash Café ont été réutilisées, de même que les patères installées près de chacune d'elles. L'auvent chromé chapeautant le bar a également été récupéré de l'ancien restaurant.

Le Flash - Bistro Rétro: du rétro kitch au vintage chic

Véritable institution pour terminer la soirée dans le secteur de Sainte-Foy, le Flash Café de Place de la Cité a tiré sa révérence en décembre 2012. Mais son esprit n'a jamais véritablement quitté l'endroit et le diner à l'américaine a récemment repris vie, après avoir subi une salutaire cure de rajeunissement.
<p>Plusieurs caractéristiques des <em>fifties</em> en un seul coup d'oeil: le damier au sol, le turquoise, le rouge cerise et le chrome. Pour donner un côté plus chic à l'ensemble, le dessus de la table est en bois et les cuirs sont mats et texturés.</p>
<p>Le bar, un élément central du décor, avec son dessus en bois et ses hautes chaises en cuir turquoise. Les portes avec hublots des cuisines, difficile à dénicher, ont été achetées en Oregon.</p>
Après sa fermeture, le local de 4400 pi2 du Flash Café devait abriter un établissement de la chaîne Bamboo Express. Lorsque le projet est tombé à l'eau, le promoteur immobilier Yanick Guillemette (Guillemette Propriétés) a saisi la balle au bond.
Déjà familier avec le concept (l'ancien propriétaire du Flash était lié à la famille de M. Guillemette), le jeune homme d'affaires et ses deux associés (son frère, Dany Guillemette, ainsi que Dominic Gaudreau) se sont donnés comme défi de faire revivre le restaurant d'inspiration rétro, tout en donnant un sérieux coup de barre du plancher au plafond, en passant par les cuisines et le menu, bien sûr. Le Flash Café est ainsi devenu Le Flash - Bistro Rétro.
Après avoir acheté le fonds de commerce de l'ancien Flash, «nous sommes entrés ici le 1er octobre dernier et nous avons "sécurisé" le local pour 20 ans», explique Yanick Guillemette, la «sécurité» étant un bail en bonne et due forme avec le propriétaire de Place de la Cité, Cominar. Ensuite, tout s'est déroulé très rondement, car les propriétaires avaient comme projet d'ouvrir leur bistro rétro au début de janvier 2014. Le restaurant d'environ 170 places a finalement ouvert ses portes à la fin janvier et termine actuellement sa période de «rodage».
<p>Deux icônes d'époque facilement reconnaissables pour les portes des salles de toilette.</p>
<p>Près du bar, un majestueux juke-box d'époque tout à fait fonctionnel.</p>
Moderniser sans dénaturer
Pour moderniser l'endroit sans le dénaturer, comme le voulaient les trois jeunes propriétaires, ceux-ci ont fait appel à la firme d'architecture et de design LemayMichaud (Les magasins Simons, l'hôtel La Ferme), et c'est l'architecte Pierre-Olivier Bouchard qui s'est principalement occupé du projet de près d'un million de dollars.
«L'idée, c'était de faire une mise à jour du resto et conserver le style diner américain, mais en transformant le petit côté "rétro kitch" en "vintage chic"», décrit M. Bouchard. D'abord, l'endroit a été entièrement vidé, certains éléments étant conservés (et temporairement entreposés) pour être réutilisés, notamment les tables noires à bordures chromées, les panneaux de verres qui délimitaient l'espace et les patères de métal installées aux tables.
Côté construction, les architectes ont eu affaire à certains défis, à commencer par le plancher qui n'était pas au niveau. Après avoir nivelé et solidifié le tout (le restaurant est au-dessus du stationnement intérieur), il a fallu faire la même chose avec les deux mezzanines qui étaient mal isolées et dont la solidité des planchers laissait à désirer.
Sur le plancher du rez-de-chaussée, la céramique noire et blanche a été installée pour créer l'effet damier, très fifties. L'allée centrale de passage a été élargie d'un pied pour rendre l'espace plus fonctionnel pour le personnel, notamment.
<p>À l'étage, une mezzanine fermée peut servir de salon privé pour les groupes et comme salle de réunion, car elle dipose entres autre d'un écran de 140 pouces et du Wi-Fi.</p>
<p>Près de l'entrée, la table dite V.I.P., avec sa banquette de cuir chic et son mur de bois rustique, mélange agréablement les genres.</p>
Pour le plafond central, de la toile tendue noire et brillante a été utilisée, les autres portions ont été peintes en noir mat. Même si le bistro est d'inspiration rétro, il est entièrement domotisé et à la fine pointe de la technologie, sur tous les plans. Tous les éléments de base du local (plomberie, électricité, ventilation) ont été revus et optimisés.
Côté design, le concept a fait l'objet de beaucoup de recherches, tant par les architectes que par les trois propriétaires, histoire de respecter la tradition des diners et voir ce qui s'est fait ailleurs dans le domaine. Les designers de LemayMichaud ont vite constaté que les couleurs dominantes de l'époque étaient le rouge cerise, le turquoise et les pastels. Des couleurs essentielles, mais un peu datées, qu'on tenait à utiliser (surtout en accent) dans l'optique «vintage» et non «kitch», comme prévu au départ. Par exemple, pour minimiser l'effet clinquant, les cuirs utilisés sont texturés et non lustrés.
Dans le choix des matériaux, «un gros plus a été d'intégrer le bois, qui n'était pas présent dans l'ancien restaurant», précise Pierre-Olivier Bouchard. Du bois rustique ou plus classique se retrouve donc en accent, ici et là, notamment sur certaines tables. Évidemment, le chrome est un des éléments importants du décor, mais son utilisation n'est pas trop... ostentatoire.
Pour le reste, plusieurs éléments ont été créés sur mesure pour Le Flash, comme les banquettes et les chaises de cuir, les rails pour les luminaires, etc. Les luminaires de style industriel, ont été importés des États-Unis, de même que les portes à hublots des cuisines, une rareté sur le marché. L'éclairage utilisé est du blanc chaud et les concepteurs ont également tenu compte de l'abondante lumière naturelle, de ses variations au cours de la journée et de son impact sur l'ensemble du décor.
Enfin, pour les nostalgiques, trône évidemment près du bar un magnifique juke-box d'époque, un appareil tout à fait fonctionnel, qui fait ici office de véritable icône rétro.