À droite, le centre communautaire Lebourgneuf arbore l'oeuvre La mêlée de Florent Cousineau.

Le design au service de l'accessibilité

Le nouvel agrandissement du centre communautaire Lebourgneuf surprend par ses couleurs éclatantes et son côté graphique. L'iconographie et la typographie utilisées sur les murs et le sol pour diriger les utilisateurs sont aussi claires qu'esthétiques. En plus d'être plaisantes pour l'oeil, elles permettent à toutes les clientèles, sans exception, de profiter des installations.
<p>Des décalques en forme d'alvéoles ont été ajoutés dans les parois vitrées du centre afin d'éviter que les usagers ne s'y cognent le nez.</p>
<p>Une ligne de guidance rugueuse, au sol, a été pensée pour les personnes aux prises avec une déficience visuelle. Une main- courante a été installée pour les aînés notamment, à cause du plan incliné. On peut aussi suivre des lignes tracées sur le plancher pour arriver à l'endroit visé : les vestiaires ou les gymnases. </p>
La Ville de Québec est dotée d'un Plan d'action pour l'accessibilité pour tous, qui est en quelque sorte une bonification du Code du bâtiment, explique Renée Fleury, conseillère responsable du dossier de l'accessibilité universelle à la Ville. «On voulait faire du centre un projet-vitrine, se rapprocher le plus possible des pratiques exemplaires», explique-t-elle.
La première phase de l'agrandissement du centre communautaire Lebourgneuf, situé sur la rue de la Morille, a nécessité un investissement de 8 millions $.
Pour être accessible «universellement», un bâtiment ne doit pas seulement être adapté pour les handicapés. Il doit correspondre aux besoins de tout le monde: les enfants, les immigrants qui ne comprennent pas le français, les mamans avec leurs poussettes... 
Pour le projet, la Ville a fait appel pour la première fois à un comité consultatif dès l'idéation. La Ville et les architectes de CCM2 ont travaillé en collaboration avec le Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale, des professionnels de la santé de l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec et les spécialistes du loisir et du sport adapté d'Adaptavie. Un citoyen devant se déplacer en fauteuil roulant a aussi testé et évalué les installations pour le comité.
On a évité de créer, partout, des obstacles. Et lorsqu'il y en a d'inévitables, comme les murs, on les a signalés clairement à l'aide de couleurs contrastantes. Le tout en jaune et noir, une thématique qui évoque une ruche bourdonnante.
<p>Pour les vestiaires, on a un indice visuel clair dès l'entrée : rose pour les femmes, orange pour les hommes. On rappelle la couleur dans toute la pièce, dans une «aire de stationnement» encavée dans le mur, notamment, prévue pour les poussettes et les fauteuils roulants.</p>
<p>Dans le second gymnase, les architectes de CCM2 ont pensé à une fenestration abondante. «On voulait éviter un gymnase en boîte fermée», explique Renée Fleury. Les espaliers ont été intégrés à l'avant des fenêtres de sorte à être alignés avec le mur. Ils ne sont ainsi pas des obstacles. «Ils servent aussi à filtrer la lumière», indique Mme Fleury. </p>
Qualité d'équipement
La conception universelle nécessite aussi une réflexion qui mène à une qualité d'équipement pour tous. Puisque le bâtiment n'a qu'un étage, un ascenseur n'est normalement pas requis. Mais pour qu'il soit accessible à tous, le centre, annexé à l'école primaire Les Prés-Verts, en a été doté.
«Le plus gros enjeu de l'accessibilité universelle, ce sont les pieds carrés : ça prend plus de place», note Mme Fleury. On a besoin, notamment, de réserver de l'espace dans les vestiaires - une zone de dégagement de 1,5 m de circonférence - afin de permettre aux usagers de fauteuils roulants de se tourner. Mais il est beaucoup plus rentable de penser à un bâtiment adapté avant sa construction, ajoute la conseillère. Ajuster des locaux déjà en place s'avère souvent beaucoup plus coûteux.