La demande de bouddhas est en constante progression depuis trois ou quatre ans.

Le calme de bouddha

Les yeux clos, recueilli, un bouddha inspire le calme, la paix, la zénitude. Sans doute pourquoi on installe volontiers sa statue au jardin, au salon ou dans une salle de yoga.

La designer d’intérieur Stéphanie Morin aime tellement les bouddhas qu’elle en a déjà orné un sapin de Noël zen. Elle les choisit par coup de cœur et les dispose avec dosage, généralement entourés de plantes et de lanternes.

«J’adore m’inspirer des revues et je suis attirée par les décors exotiques.» Selon elle, un bouddha bien choisi et bien placé crée un effet «wow» dans une pièce.

La designer Stéphanie Morin adore les statues de bouddha qu’elle choisit par coup de cœur.

Dans une salle de gym ou de yoga, un bouddha insuffle une ambiance de plénitude et de relaxation. Même résultat dans une rocaille, près d’une piscine ou d’un foyer extérieur.

«Mais ce n’est pas tout le monde qui l’apprécie. C’est comme un tableau, c’est très personnel», respecte la designer de la quincaillerie Gauvin, de la bannière Rona, à L’Ancienne-Lorette.

L’offre sur le marché est de plus en plus constante et variée. «On en recevait pour les cours et jardins avant, mais ce n’est plus juste saisonnier», note Stéphanie Morin.

À l’entrée de cette résidence de la région de Québec, une statue de bouddha a été installée par les propriétaires, pour compléter l’aménagement des Artisans du paysage.

Elle ajoute que les fournisseurs suivent les tendances actuelles. «Il y avait des bouddhas turquoise et colorés il y a quelques années, alors qu’ils sont plutôt gris ou noirs en ce moment.» Un retour au naturel.

La demande de bouddhas est en constante progression depuis trois ou quatre ans, renchérit Patrick Garneau, de Signé Garneau, qui a une succursale à Lévis. «Les gens embarquent dans tout ce qui est asiatique, comme les lanternes. Ils ont envie d’avoir des espaces relaxants et zen.»

Une inspiration.

Les fournisseurs proposent tout ce qu’il faut pour créer un environnement complet dans cet esprit, poursuit-il.

Une fois la statue de bouddha choisie par le client, les paysagistes de Signé Garneau l’installent à travers bambou et gabions.

Il existe des bouddhas assis, couchés, plus petits, plus volumineux. Signé Garneau propose une statue de quatre pieds de haut.

Peinture sur bois de bouddha de FS WoodCraft.

Les bouddhas d’intérieur sont souvent en résine, plus légers, alors que ceux pour l’extérieur sont plutôt en béton, souligne Patrick Garneau.

Stéphanie Morin, de la quincaillerie Gauvin, précise qu’un bouddha en poterie conçu pour l’intérieur peut être protégé en l’enduisant d’une peinture extérieure à base d’acrylique. «Pour ceux en métal, on utilise une peinture antirouille.»

On peut ainsi l’adapter, le sortir, le rentrer. Car selon la designer, la tendance aux bouddhas est là pour rester.

Info : rona.ca et signegarneau.com

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Quelques notions sur le bouddhisme

Hélène Gilbert n’est pas choquée que de plus en plus de gens exposent chez eux des statues de bouddha. La secrétaire du Centre Paramita de bouddhisme tibétain du Québec se fait toutefois un plaisir de partager certaines notions importantes à ses yeux.

Qui est bouddha?

«Le bouddha est un homme comme vous et moi, qui a vécu il y a 2500 ans. Ce n’est pas un dieu, mais un humain qui, grâce à ses réalisations, a atteint l’éveil, le bonheur parfait, et a ensuite expliqué aux gens comment y arriver.» Si le fondateur du bouddhisme, Siddhartha Gautama né au Népal, a vécu 80 ans pour transmettre ses méthodes, il n’est pas considéré comme le seul bouddha. «Il y a tous ceux avant et après lui qui ont réussi à atteindre l’éveil», indique Hélène Gilbert.

Ses différentes représentations

D’un pays à l’autre, l’image de bouddha diffère. La tradition thaïlandaise le montre avec une grande pointe sur la tête, pour «l’élévation de ses réalisations». Les Tibétains le représentent avec un renflement au sommet de la tête. «Un vrai bouddha est normalement représenté en posture de méditation, plutôt calme, mais il ne peut pas être en train de rire.» Hélène Gilbert fait référence à ce gros personnage souriant appelé à tort «bouddha rieur». Il s’agit plutôt d’un moine dont le nom ressemblait à bouddha, d’où la méprise.

Comment intégrer un bouddha dans son espace?

Par respect pour le personnage, il est préférable de voir le corps au complet et non pas seulement la tête. S’il s’agit d’une toile, elle devrait être placée au mur, à la hauteur des yeux. S’il s’agit d’une statue, elle peut prendre place sur une table, «au-dessus du chakra du nombril, soit quatre doigts sous le nombril». Mais comme tout le monde n’a pas la même taille, ce n’est qu’un indice, glisse Hélène Gilbert dans un sourire. Au jardin, il est mieux de mettre le bouddha sur un piédestal ou sur une pierre. 

Info : centreparamita.org