L'entreprise de Québec Rébellion Mobilier a fabriqué les claustras et l'arbre de métal.

Laurie Raphaël, un «nouveau restaurant» de 25 ans

«À 25 ans d'âge», le Laurie Raphaël se présente comme «un nouveau restaurant». Le designer de Québec Steve Girard lui a donné tout un coup de jeune, tout en le mettant à l'abri des modes et en préservant son charme ultra-classique.
«Ici, tous les clients sont des V.I.P.», décrète Suzanne Gagnon, copropriétaire avec son conjoint Daniel Vézina, de ce restaurant du Vieux-Port de Québec (coin Dalhousie et quai Saint-André). Les gens sont ainsi conviés «dans un univers», plutôt que dans un décor, où chaque station propose une expérience. 
Ils sont accueillis par une sculpture animalière de Jean-Robert Drouillard. Une fois leurs manteaux suspendus au vestiaire, ils passent devant la cuisine, saluent le chef Raphaël Vézina, avalent une bouchée, puis filent vers «l'univers de l'apéritif», où «ils prennent le temps de se déposer», explique Mme Gagnon. Tout baigne dans la couleur du cuivre, «le matériau des casseroles», qui évoque la chaleur de l'ambiance et de la température. Au plafond, un «champ de blé» ondoie sous le souffle de la ventilation.
<p>Le salon privé est dominé par deux luminaires disproportionnés. Dans l'étagère, à droite, les boules de cuivre représentent la nouvelle signature du Laurie Raphaël.</p>
La salle de 30 places bénéficie de la lumière qui arrive de partout en ce lieu cerné de fenêtres. «On a eu des voiles, des rideaux, des vénitiennes, on voulait autre chose», raconte Suzanne Gagnon. Steve Girard lui a proposé des claustras, soit des panneaux ajourés qui procurent une certaine intimité tout en filtrant à peine la clarté du jour. Le designer les a dessinés et en a confié la fabrication à l'entreprise de Québec Rébellion Mobilier.
Cette dernière a aussi confectionné l'arbre de métal planté au centre de la table de service, et dont on voit les racines en dessous. «Raphaël cuisine les aliments de la racine au feuillage», mentionne Mme Gagnon, sa mère.
<p>Les luminaires qui ressemblent à des étoiles, les plans topographiques dessinés sur le tapis, les claustras de métal et les tables recouvertes de cuir composent un décor intemporel et organique. </p>
Un «plafond d'étoiles» éclaire les tables. Un tapis fabriqué au Danemark dessine un plan topographique. Une paroi matelassée décline toutes les teintes de l'écorce de bouleau. Et partout, les petits points rappelant les trémas du prénom Raphaël sont devenus la signature de cet établissement.
Du cuir sur les tables
Un restaurant haut de gamme ne peut se passer de nappes. Souhaitant innover, Suzanne Gagnon hésitait. «Steve et moi, on a pensé à la même chose: du cuir», relate-t-elle. Toutes les tables en sont recouvertes, avec de belles surpiqûres sans relief. Au bout de chaque table, un guéridon individuel de noyer sert pour le vin et pour «les éléments de finition».
Un salon privé a été aménagé pour les groupes. Des luminaires disproportionnés se reflètent dans le miroir du plafond. Des consoles traditionnelles atténuent leur extravagance. «C'est chic, actuel, chaleureux et hors mode», résume Steve Girard. «On ne se sent pas en pénitence», blague Suzanne Gagnon.