Cette cuisine signée Armoires Lévis a suscité bien des «wow!» au Salon de l'habitation Chaudière-Appalaches.

L'art de construire et de décorer, côté sud

Il y avait de l'action au Centre des congrès et d'expositions de Lévis la fin de semaine dernière. Une centaine d'entreprises de la Rive-Sud y étaient réunies pour montrer leur savoir-faire en matière de construction, de rénovation et d'aménagement intérieur et extérieur. Survol de ce deuxième Salon de l'habitation Chaudière-Appalaches.
Du bleu marine dans la cuisine
Au bout d'une allée, cette cuisine signée Armoires Lévis a suscité bien des «wow»! Comme un aimant, elle attirait par sa luminosité et sa convivialité. Quelques panneaux affichaient un ton audacieux de bleu marine, une couleur très présente en mode qui commence à s'immiscer dans nos décors, souligne la designer Julie Dessureault. Un mariage heureux avec le blanc dominant et quelques touches de bois et de cuivre. «On a osé, mais en gardant un côté classique», poursuit la designer Isabelle Mc Caughry.
Les créatrices ont joué avec les textures mates et brillantes. Bien que le fini lustré s'estompe, on le retrouve toujours, disent-elles, justement dans des couleurs différentes.
À une extrémité de la cuisine, une grande armoire vitrée avec lumière encastrée mettait en vedette de la porcelaine blanche, une inspiration européenne. À l'opposé, un boîtier moderne recouvrait la hotte et se découpait sur une céramique immaculée.
Vu dans plusieurs cuisines, le dekton est décidément un matériau dans l'air du temps. Mélange de porcelaine, de quartz et de verre réduits en poussière, mélangé à de l'eau, chauffé à des températures extrêmes puis pressé, il devient un comptoir très résistant, notamment à la chaleur, et peut même être utilisé à l'extérieur. Sur la facture, son prix est un peu plus élevé que celui du quartz.
Petite remarque, les tiroirs à ouverture par pression autour de l'îlot ne sont pas une bonne idée. Lors du Salon, ils s'ouvraient dès que quelqu'un s'appuyait au comptoir. Les designers l'ont aussi constaté. C'est donc noté. armoireslevis.com
Du verre pour voir clair
Rampe en verre panoramique 10 mm
Quels sont les trois avantages qui peuvent expliquer la popularité des rampes en verre à l'extérieur? Primo, les gens veulent préserver leur visibilité, deuzio, le verre est intéressant parce qu'il coupe le vent et tertio, il offre une plus value à la résidence lors de la revente. Voilà l'analyse de Stéphane Dufour, représentant pour le fabricant Déco-Rampe de Saint-Apollinaire. 
Il explique que pour une rampe en verre trempé de 5 mm d'épaisseur, une main courante est exigée. Ce qui n'est pas le cas pour les rampes en verre de 10 mm, qui offrent un maximum de transparence. Il y a toutefois une différence de prix : celle de 5 mm avec main courante coûte en moyenne 70 $ le pied linéaire, contre 115 $ le pied linéaire pour une rampe en verre deux fois plus épaisse.
Quant aux rampes à barrotin, qui se détaillent environ 40 à 45 $ le pied linéaire, elles restent encore populaires, souligne Stéphane Dufour. «Tous nos produits sont 100 % aluminium, excepté les vis d'assemblage et la quincaillerie qui sont en acier inoxydable.» Les rampes d'aluminium sont recouvertes de peinture émaillée cuite et ne demandent pas d'entretien. Elles se déclinent en blanc, brun, argile, noir et charbon, alors que d'autres couleurs sont possibles avec suppléments.
Quant au verre trempé, l'entretien est «relatif», selon la présence d'enfants ou d'animaux. Si certains ne touchent pas à leur rampe pendant des années, d'autres sont plus zélés, nous dit-on. Il existe d'ailleurs un produit nettoyant pour redonner le lustre au verre.
Déco-Rampe propose en tout et pour tout une soixantaine de modèles pour balcon, terrasse ou piscine. «Tout est décomposable et personnalisable», précise Stéphane Dufour en soulignant qu'il y a une salle de montre à Québec, près des Galeries de la Capitale, et à Saint-Apollinaire. Les produits sont vendus par 27 distributeurs à travers la province. deco-rampe.com
Un «meuble Madame», s'il vous plaît
Meuble Madame, créé par Armoires Berthiaume Élégance, est vendu autour de 4500 $.
Derrière une porte coulissante en érable wormy, un garde-robe, un coin maquillage et même un tiroir sur roulettes, qui sert de siège. Armoires Berthiaume Élégance de Lévis a baptisé l'ensemble «meuble Madame», une réalisation d'environ 4500 $. La designer cuisiniste Libye Demers remarque que ce genre de concept multifonctionnel est de plus en plus demandé. armoiresberthiaumeelegance.ca
Le mariage bois et époxy
Les revêtements à l'époxy sont aussi utilisés à l'extérieur pour redonner une deuxième vie aux trottoirs et aux contours de piscine.
Imperméables et antibactériens, les revêtements de plancher à l'époxy sont tout désignés pour les garages et les sous-sols. Atelier Serby veut les faire monter au rez-de-chaussée et à l'étage en y intégrant des particules de bois.
Après plusieurs années de recherche et développement, l'entreprise familiale de Tring-Jonction lance sur le marché Bois EPOXY Wood. Alexandre Grondin, estimateur et chargé de projet chez Serby, explique que l'époxy de base est composé de particules de vinyle intégrées à la volée dans une résine. Pour ce nouveau produit, on utilise plutôt des particules de bois exotiques, comme le teck ou le zebrano, pour obtenir un cachet plus rustique et naturel.
Tous les avantages d'un recouvrement à l'époxy sont préservés. Il s'agit d'un revêtement étanche, facile d'entretien, résistant à l'usure, écologique et sans solvant. Il respecte même les normes de certification LEED, soutient Alexandre Grondin.
Il s'agit toutefois d'un produit haut de gamme, le revêtement en bois époxy peut grimper à 15 $ le pied carré (selon la superficie couverte), alors que celui en époxy de base coûte environ 7 $ le pied carré, souligne l'estimateur.
Quant à l'installation, elle se fait en une journée. Atelier Serby offre ce service, mais veut aussi initier les bricoleurs qui ont envie de faire leur recouvrement eux-mêmes. 
Pour accueillir le public, une nouvelle salle de montre jumelée à un centre de distribution verront le jour à Sainte-Marie-de-Beauce au courant de l'été, annonce Alexandre Grondin. 
De retour en 2018 et en 2019
Le deuxième Salon de l'habitation Chaudière-Appalaches comptait 20 % plus d'exposants.
Le deuxième Salon de l'habitation Chaudière-Appalaches a rempli les attentes et ses organisateurs annoncent qu'ils ont déjà réservé le Centre des congrès et d'expositions de Lévis pour 2018 et 2019.
Avec 1300 nouveaux résidents à Lévis les 12 derniers mois et 1734 unités d'habitation parmi les projets autorisés par la Ville en 2016, un tel salon est «justifié», a lancé le maire Gilles Lehouillier lors du lancement de l'événement la fin de semaine dernière.
Un des promoteurs du Salon, Guy Lépine, ne veut pas lancer de chiffres «utopiques», mais estime que l'achalandage a été «nettement» supérieur à celui de l'an dernier, alors que 7000 personnes s'étaient déplacées. Une nouveauté qui n'a pas encore été comptabilisée : les visiteurs ont eu droit à un bracelet leur permettant de revenir à volonté après avoir payé une première entrée. Parce que donner un contrat pour refaire sa cuisine ou sa toiture ne se conclut pas en une heure, croient les organisateurs.
Pour voir les nouveautés et rencontrer les professionnels en habitation, des gens «de tous les âges» sont venus d'aussi loin que la Côte-de-Beaupré, Saint-Ferréol-les-Neiges, la Beauce, Rivière-du-Loup, Thetford Mines, énumère M. Lépine.
Parmi la centaine d'exposants, 20 % de plus que l'an dernier, tous venaient de la région de la Chaudière-Appalaches, mais la plupart offrent leurs services sur un plus grand territoire, y compris Québec.
M. Lépine souligne que même en ayant augmenté l'espace locatif du Salon de 35 % cette année, il y avait une liste d'attente pour les exposants.
Déambulatoire
Des entreprises de tous les secteurs de l'habitation se succédaient en lacet sur deux niveaux au Centre de congrès et d'expositions de Lévis. Le trajet était ingénieusement entrecoupé de zones tranquilles avec salles de bain.
Ursule Jolicoeur, une résidente du secteur Saint-Romuald qui en était à sa première visite au Salon, a apprécié l'espace pour circuler et la liberté de s'arrêter où elle avait envie. «Les exposants ne sont pas après nous», a commenté la dame à sa sortie vendredi.