Les toits végétalisés et les arbres nombreux sont des caractéristiques d'une densification verte.

Lancement du Guide sur la densification verte

L'organisme Vivre en ville lancera, la semaine prochaine, un guide qui s'adresse aux promoteurs. Son objectif? Les inciter à «verdir» leurs projets immobiliers en plantant plus d'arbres, en réduisant les espaces de stationnement et en adoptant une architecture bioclimatique.
Pour plusieurs, les principes de ce Guide sur la densification verte sembleront aller de soi. «Ça n'a rien de révolutionnaire», convient Claudia Bennicelli, conseillère en aménagement du territoire et en urbanisme pour Vivre en ville (un organisme sans but lucratif, dont le siège social est situé à Québec). «Mais comme il y a peu de bons modèles à Québec, on a voulu inspirer les promoteurs.» 
L'inspiration vient des pratiques proposées. Mais le guide va plus loin en énumérant les avantages que les promoteurs pourront faire valoir à leurs clients en regard de leurs actions «vertes» : acceptabilité sociale, image positive du projet, crédibilité de l'entreprise, économie d'énergie, confort accru, utilisation maximale du terrain, bonne intégration au milieu. Ce sont, en somme, des «stratégies de marketing».
Le guide propose 10 thèmes présentés sous forme de fiches. L'une d'elles concerne le stationnement, un enjeu majeur de la densification verte. «Ça occupe tellement de place, ça coûte tellement cher quand on veut en construire des souterrains», explique Mme Bennicelli. 
Les suggestions de Vivre en ville ne manquent pas d'audace : vendre ou louer les cases en sus des logements; offrir des logements sans stationnement, mais à moindre coût; privilégier des stationnements étagés en retrait des habitations, pouvant accueillir les voitures de plusieurs immeubles; négocier à la baisse avec la Ville le nombre minimal d'espaces requis dans les secteurs bien desservis par le transport collectif; envisager un projet mixte intégrant des habitations et des commerces qui pourraient partager les cases : le soir pour les habitations, le jour pour les commerces.
Habitus, un exemple
Vivre en ville a accompagné Tergos, le promoteur des Écopropriétés Habitus, actuellement en chantier dans l'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres, à Québec. Il s'agit, pour l'organisme, d'un exemple à suivre en matière de densification verte : toits verts, murs végétalisés, cour intérieure avec des arbres et des parcelles de jardin, rangements à vélos en quantité, barils de récupération d'eau de pluie, pavé perméable, localisation près des autobus, etc.
La densification des villes est un prérequis dans la création de milieux de vie sains. Les secteurs denses et diversifiés, en effet, sont les plus à même d'offrir un mode de vie actif au quotidien, ainsi qu'un accès aux services et à une saine alimentation. Il faut profiter du développement immobilier pour densifier de façon plus verte. Les projets domiciliaires peuvent être améliorés par toutes sortes de mesures inspirées d'une architecture bioclimatique.
Comment? En choisissant des toitures blanches ou végétalisées; en construisant des logements traversants; en utilisant des matériaux extérieurs de couleur claire; en optant pour des débords de toit et des pare-soleil pour les ouvertures sud et sud-ouest; en diminuant les surfaces asphaltées ou bétonnées; en préservant la plantation d'arbres; en favorisant l'infiltration naturelle des eaux de pluie.
Les 10 fiches et les quatre études de cas du guide pourront être consultées gratuitement à compter du 30 mars au www.vivreenville.org/densificationverte. Elles ont été produites dans le cadre de Milieux de vie en santé, un projet d'adaptation aux changements climatiques qui vise à créer des milieux de vie favorables à la santé sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Québec.