La maison du futur sera... petite

Laurie Richard
Laurie Richard
Le Soleil
D'ici 2020, les maisons américaines continueront à rapetisser. Le salon et la salle à manger formels tendront même à disparaître. Les pièces poursuivront leur décloisonnement; elles fusionneront pour devenir de grands espaces de vie dédiés à plusieurs usages à la fois.
C'est du moins le portrait de la maison de l'avenir qui émane d'un sondage mené par la International Furnishings and Design Association (IFDA) auprès de quelque 2000 de ses membres, tous des représentants du domaine du design et de l'ameublement aux États-Unis et ailleurs.
Une enquête semblable avait été tenue au tournant du millénaire. Certaines tendances se voient donc confirmées alors que d'autres prédictions prennent un cap différent.
D'ici 2020, 76 % des membres prévoient que les Américains vivront dans des maisons plus petites qui contiendront moins de pièces, une prévision appuyée par 49 % il y a 10 ans. Près des trois quarts des répondants croient d'ailleurs que la salle à manger séparée ne sera qu'un souvenir dans la plupart des nouvelles résidences étatsuniennes d'ici 2020.
Elle sera remplacée par une cuisine dans laquelle il est possible de manger, selon la moitié des répondants. Et puisque nos voisins du sud ont développé un intérêt plus marqué pour la popote au cours des dernières années, 65 % des sondés croient que la cuisine gagnera également en grandeur.
Quelque 64 % des professionnels du design croient aussi que les salons s'effaceront peu à peu. En résumé, les pièces isolées seront remplacées par de plus grands espaces de vie qui cumulent plusieurs fonctions, selon 91,5 % des répondants. Ce que la majorité entrevoyait déjà en 2000.
En 2020, on fréquentera aussi davantage les chambres à coucher, selon les membres de l'IFDA. Mais pas en multipliant ses heures de sommeil! Plus de la moitié des sondés estiment que la chambre principale occupera, en plus, des fonctions de bureau, de salle multimédia ou même de salle d'exercice.
S'il y a une pièce qui est là pour rester, c'est bien le bureau, pensent plus des trois quarts des répondants. De plus en plus de gens travaillent à la maison. Même que 40 % des gens interrogés croient qu'il y aura plus qu'un bureau dans chaque résidence d'ici 2020.
Comme les pièces, les meubles aussi deviendront multifonctionnels, selon 65,7 % des membres interrogés par la IFDA. Les petits meubles modulaires seront aussi privilégiés.
Bien sûr, la technologie continue son incursion dans le secteur résidentiel. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des sondés croient qu'une plus grande quantité d'équipement ménager sera activée par la voix ou des senseurs, comme les lumières ou le chauffage et la climatisation, en 2020. Et 75,8 % croient que les rideaux et les tentures seront tous motorisés, d'ici la fin de la décennie.
Plus stable au Québec
La tendance au hiving (ou ruchonnage) étant encore bien forte au Québec, les espaces à aires ouvertes perdureront sûrement, soutient Annie Deschênes, conseillère en com- munication à l'Association provinciale des constructions d'habitations du Québec (APCHQ). Les lieux de rencontre de la maison québécoise, comme la cuisine ou le salon, devraient donc devenir de plus en plus multifonctionnels et flexibles.
Côté superficie, Mme Deschênes ne remarque pas d'envie de réduction au Québec, comme ce serait le cas aux États-Unis. Et ce, bien que les terrains en ville soient de plus en plus rares et réduits. On optera dans ce cas pour un étage supplémentaire.
La résidence moyenne ne grossit pas non plus; elle compte un peu plus de 140 m2 d'espace habitable depuis plusieurs années.
Il est toutefois clair que les tendances en design et déco des États-Unis ont une influence sur les constructions d'ici, soutient Mme Deschênes. Les entrepreneurs travaillent souvent avec des architectes et des designers qui sont inévitablement inspirés par les courants actuels des États-Unis et d'ailleurs.