Il y a mille et une façons d'agencer les carreaux illustrés.

La folie de la BD frappe la céramique

La bande dessinée s'immisce sur la céramique. L'imagerie du pop art des années 50 refait surface dans la déco, avec ses femmes fatales, ses bandits le nez dans leurs impers et ses onomatopées en gros caractères naïfs.
<p>Irrésistible, cette salle de bain avec les carreaux de la collection POP de Ceratec</p>
<p>Voici quelque-unes des 10 couleurs de la collection.  </p>
L'entreprise Ceratec propose la nouvelle collection POP, fabriquée en Italie par la compagnie Imola. Elle est composée de carreaux de 5 pouces sur 13, unis ou en relief ton sur ton, déclinés en 10 couleurs pétillantes. Deux séries de six rectangles illustrés à la manière d'une BD s'ajoutent à cette collection ludique et audacieuse.
«Ça peut aller partout, car la céramique, en soi, n'a pas d'identité», a commenté Doris St-Pierre, designer à la succursale de Ceratec à Québec. 
Et pas besoin de se restreindre à la cuisine ou à la salle de bain, soutient-elle. Cette collection «vibrante» convient aussi bien à un bureau qu'à un restaurant. «On tombe sous le charme de ces carreaux», lance-t-elle.
<p>Les carreaux en relief apportent du dynamisme à l'espace.</p>
<p>La salle de bain de Claude Bernier, à Saint-Lambert-de-Lauzon </p>
Originalité
Marie-Claude Parisé voulait faire plaisir à son fils Claude en lui offrant une salle de bain flambant neuve pour sa maison de ferme en rénovation. «Il représente notre relève», explique la dame qui exploite une entreprise familiale d'élevage d'agneaux, à Saint-Lambert-de-Lauzon, avec son mari Christian Bernier. «On n'a pas regardé à la dépense», mentionne-t-elle.
Claude et sa mère ont succombé à la collection POP en magasinant chez Ceratec. «On aime tous les deux l'originalité», dit-elle.
Ils ont choisi pour le plancher des grands carreaux «noir anthracite». Sur les murs, ils ont opté pour les rectangles noirs et brillants de la collection POP. Et ils ont distribué çà et là les planches illustrées de visages et d'exclamations inspirés de la bande dessinée.
«Dans la douche, la femme qui tient une caméra est à la hauteur de nos yeux, relate-t-elle. Et le "wow!" est vis-à-vis les parties...» La conversation serait-elle en train de prendre un tour grivois? La beauté de la BD, c'est qu'elle permet toutes les folies, même dans une salle de bain rénovée à grands frais.
Le pop art est souvent associé à Andy Warhol. Mais l'imagerie de la collection POP renvoie au peintre américain Roy Lichtenstein, qui a tiré ses influences de la publicité et de la BD.
Les carreaux unis se vendent 6,79 $ le pied carré; les carreaux en relief ton sur ton, 7,49 $ le pied carré. Les carreaux illustrés sont vendus en ensemble de six au coût total de 130 $.
«Avec l'hiver qu'on a eu, cette collection arrive à point», conclut Doris St-Pierre.  
Information : ceratec.com
<p>Les artistes du pop art puisent leur inspiration dans la BD, la pub et la télé.</p>
Les objets du quotidien magnifiés
Les artistes du pop art puisent leur inspiration dans la BD, la pub et la télé, «la culture de bas étage», quoi. Ils s'approprient les objets du quotidien, les reproduisent et en font des oeuvres facilement accessibles. Pensons à Andy Warhol et à ses boîtes de soupe Campbell's.
Deux artistes du pop art, Pierre Ayot et Serge Lemoyne, tous les deux décédés, ont laissé leur marque au Québec, rappelle Eve-Lyne Beaudry, conservatrice de l'art contemporain au Musée national des beaux-arts du Québec.
Serge Lemoyne a notamment créé avec une planche à repasser une sculpture qui est aujourd'hui considérée comme une «oeuvre majeure», mentionne Mme Beaudry.
Pierre Ayot, lui, a dupliqué des bâtons de hockey grâce à l'estampe et inséré des bâtons réels à sa création. Incidemment, le pop art s'est infiltré au Québec grâce à l'estampe, précise la spécialiste.
Les artistes américains Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Claes Oldenburg sont les précurseurs de ce mouvement aux États-Unis dans les années 60. «Ils étaient en réaction face à une certaineintelligentsia», résume-t-elle.
Oldenburg a agrandi une image de hamburger, «une icône de la consommation américaine», rappelle Eve-Lyne Beaudry, et en a fait une structure gonflable.
Roy Lichtenstein a repris les images de la BD et les a emmenées «hors des arts sérieux», explique-t-elle. Il jouait avec les couleurs primaires et avec le noir et le blanc, fait-elle observer, un parti pris lié aux impératifs de l'imprimerie.
Approche juvénile
Le pop art est caractérisé par une approche juvénile, une éthique du jetable après utilisation et une culture de l'éphémère. Dans le livre Design du XXe siècle, on peut lire : «Les couleurs franches, vives, et les formes audacieuses [...] balaient les derniers vestiges de l'austérité de l'après-guerre et reflètent l'optimisme général des sixties, dopé par une prospérité économique sans précédent et la libération des moeurs.»
Source : CHARLOTTE et PETER FIELL. Design du XXe siècle, Taschen, 2005.