Le cottage Ross

Joyaux menacés: le cottage Ross et la caserne des pompiers de Limoilou

Québec, ville d'histoire, de patrimoine mondial. Québec, aimant à touristes. Québec, qui veut se faire belle pour épater la galerie... La «fierpette» capitale peine toutefois à préserver certains de ses plus beaux atours.
Consultant en patrimoine chez Patri-Arch et chargé de cours à l'Université Laval, Martin Dubois (MD) s'en est récemment inquiété dans son blogue (www.contact.ulaval.ca/blogues). Le spécialiste nous convie à une visite guidée en 10 lieux menacés. Le directeur général d'Action patrimoine, Pierre B. Landry (PBL), agrémentera le parcours de ses commentaires. La conseillère municipale Julie Lemieux (JL), vice-présidente du comité exécutif, fermera la marche pour expliquer ce que la Ville fait (ou ne fait pas) pour préserver ces sites d'exception. En route!
Cottage Ross
(photo du haut, 1244, chemin Sainte-Foy)
MD Le cottage Ross est complètement encerclé par les tours. La pression immobilière est forte sur ce dernier souvenir des grands domaines du coin. La Holland Farm, une de ces vastes propriétés de Québec, a été acquise en 1885 par la famille Ross. En 1914, celle-ci avait fait construire le cottage pour loger... le chauffeur. Une partie des terres ont ensuite été cédées pour la construction de l'hôpital Jeffrey Hale. Puis, le complexe d'habitation Samuel-Holland a été planté sur la villa et les autres dépendances. Ne subsiste que cette maison centenaire de style Arts & Crafts. Peut-être pourrait-on la déplacer dans le parc Samuel-Holland, en face, dont le boisé témoigne du domaine original.
PBL «Pour être menacé, il l'est, menacé!»
JL La valeur patrimoniale n'a pas été jugée très élevée par la Ville. Il y a néanmoins une valeur symbolique en tant que dernier vestige d'un domaine. «Sauf qu'elle est mal située présentement. Il y a des discussions avec le propriétaire pour voir où on pourrait l'installer, mais ce n'est pas simple de déménager une maison comme ça.»
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<p>La caserne de pompier de Limoilou</p>
Caserne des pompiers de Limoilou
(325, 5e Rue)
MD «C'est un des plus beaux bâtiments de Limoilou.» Construite en 1910 selon les plans de l'architecte Georges-Émile Tanguay, le même qui a enfanté de l'hôtel de ville de la capitale, la caserne est «un symbole du pouvoir municipal dans ce nouveau quartier de Québec». Limoilou venait de fusionner. On voulait asseoir l'autorité de la mairie. Fermée en 1992, la caserne a été transformée en centre culturel. Vocation abandonnée en 2004. «Ça sert d'entrepôt. C'est sous-utilisé. Il y a plusieurs projets, mais rien d'arrêté.»
PBL «La voie de la sauvegarde, c'est de trouver une vocation. C'est très difficile de pérenniser la sauvegarde de bâtiments comme ça. Ça revient toujours à une question de coûts. Certains bâtiments sont difficiles à convertir, comme les églises et les casernes de pompiers.»
JL «C'est un projet qui est encore vivant. Mais ce n'est pas encore définitif.»