Les grands domaines de Sillery

Joyaux menacés: grands domaines de Sillery et ponts de Québec et de l'Île-d'Orléans

Québec, ville d'histoire, de patrimoine mondial. Québec, aimant à touristes. Québec, qui veut se faire belle pour épater la galerie... La «fierpette» capitale peine toutefois à préserver certains de ses plus beaux atours.
Consultant en patrimoine chez Patri-Arch et chargé de cours à l'Université Laval, Martin Dubois (MD) s'en est récemment inquiété dans son blogue (www.contact.ulaval.ca/blogues). Le spécialiste nous convie à une visite guidée en 10 lieux menacés. Le directeur général d'Action patrimoine, Pierre B. Landry (PBL) agrémentera le parcours de ses commentaires. La conseillère municipale Julie Lemieux (JL), vice-présidente du comité exécutif, fermera la marche pour expliquer ce que la Ville fait (ou ne fait pas) pour préserver ces sites d'exception. En route!
Les grands domaines de Sillery, Chemin Saint-Louis
(entre le séminaire des Pères maristes et le cimetière Saint-Patrick)
MD Parmi les sites les plus menacés au Canada. Le changement de gouvernement à Québec repousse les échéances. «Les grands domaines ont été érigés au XIXe siècle par des marchands qui faisaient le commerce du bois.» Les communautés religieuses ont racheté les lots au début du XXe siècle. «Je suis convaincu qu'un développement urbain intelligent et bien contrôlé pourrait permettre de conserver un maximum d'espaces verts et de bâtiments patrimoniaux.» Il faudra faire des compromis.
PBL Les religieux, les religieuses ont le droit de disposer de leurs terres privées. Action patrimoine juge qu'il faudrait créer une fiducie pour gérer les domaines, loin des intérêts des groupes de pression et des politiques. La nouvelle organisation pourrait permettre «un certain développement» afin de financer ses activités, afin de conserver les terrains et les bâtiments les plus significatifs. «C'est possible de faire quelque chose d'intéressant et de permettre aux religieuses de passer à autre chose.»
JL La Ville a produit un PPU, un plan particulier d'urbanisme. Elle y exposait ses souhaits. «Mais, étant donné que le ministère [de la Culture] a le dernier mot, ça ne sert à rien de poser plein de gestes et, qu'en bout de ligne, le ministère dise non. C'est pour ça qu'on attend. [...] On attend leurs directives, leur vision des choses. Et on va se coller à ce qu'ils voudront.»
<p>Le pont de Québec</p>
<p>Le pont de l'Île d'Orléans</p>
Les ponts de Québec et de l'Île d'Orléans
MD Le Canadien National, propriétaire, et le gouvernement du Québec, utilisateur, sont au coeur d'une «chicane de clochers» pour déterminer qui paye quoi, quels travaux sont urgents, etc. Voilà qui repousse sans cesse les échéanciers afin de préserver le plus long pont cantilever au monde. «Pendant ce temps-là, le pont continue à rouiller! Il rouille à vue d'oeil.» Inauguré en 1917, il est désigné lieu historique national du Canada. Quant au plus petit pont de l'île d'Orléans [1935], son avenir est incertain. Il devra être remplacé. Peut-être pourrait-on le conserver pour les vélos et les véhicules d'urgence.
PBL «Le pont de Québec, c'est à pleurer. Il manque d'entretien, c'est sûr que ça amène une détérioration. C'est une structure industrielle extraordinaire.» Et le petit frère de l'île d'Orléans? «On va avoir un choix à faire.» Un pilier s'enfonce et la structure n'est plus adaptée à la circulation automobile en hausse...
JL «On n'est pas chez nous du tout. Ce n'est pas vraiment dans notre cour. [...] C'est sûr que le pont de Québec a une valeur intéressante. Ce serait bien de pouvoir le mettre en évidence.»