Ce magnifique pin est un bonsaï d'extérieur.

Huit trucs pour réussir son premier bonsaï

Avec l’exposition annuelle du Groupe Bonsaï Québec qui a lieu cette fin de semaine au Domaine Maizerets, il vaut la peine de parler un peu de ces plantes uniques et de proposer aux néophytes quelques trucs pour les réussir.

1. Choisir un bonsaï

Il est très courant de voir de faux bonsaïs sur le marché : des plantes taillées sans égard à leur croissance future et plantées dans un pot de style oriental. Il faut donc commencer par trouver un vendeur spécialisé qui peut vous vendre un spécimen convenable. Notez que la plupart des bonsaïs sont des plantes d’extérieur. N’essayez pas de conserver un bonsaï d’extérieur, notamment un conifère (genévrier, pin, mélèze, etc.), à l’intérieur de votre maison, car vous allez sûrement le perdre. Si vous n’avez pas d’emplacement où faire hiverner un bonsaï à l’extérieur pendant l’hiver, il faut préférer un bonsaï d’intérieur, habituellement fait à partir d’une espèce subtropicale ou tropicale.

2. Emplacement

La plupart des bonsaïs préfèrent un éclairage intense, mais pas de longues périodes au soleil cuisant. Un emplacement à l’est ou au nord ou sous un arbre aux feuilles clairsemées, qui laissent pénétrer un éclairage filtré, est parfait. Évitez aussi les emplacements très exposés aux vents : les bonsaïs sont délicats et s’assèchent très rapidement.

3. Arrosage

Arrosez votre bonsaï quand la surface du terreau est très légèrement sèche et faites-le alors abondamment. Il faut toutefois laisser tout surplus d’eau s’écouler du trou de drainage. Étant donné que les bonsaïs sont cultivés dans de petits pots et que leurs racines sont très comprimées, il peut être nécessaire d’arroser plus qu’une fois par semaine, surtout si l’air est sec. Idéalement, vous toucherez au terreau de votre bonsaï tous les jours, mais n’arroserez que lorsqu’il commencera à sécher.

Un érable japonais (Acer palmatum) utilisé en bonsaï. Il faut absolument lui préparer un abri très frais mais pas trop froid où le faire hiverner.

Si vous préférez, vous pouvez aussi arroser un bonsaï en plongeant sa motte de racines dans l’eau et l’y laisser pendant 15 minutes environ. Après, il est important de bien laisser drainer le surplus.

4. Faire hiverner un bonsaï d’extérieur

Les bonsaïs d’extérieur doivent passer l’hiver au froid, mais ne tolèrent pas le froid extrême du Québec. Laissez-les subir les températures normales d’extérieur à l’automne, mais à la fin de la saison, placez-les dans une couche froide ou autre serre non chauffée ou encore, enterrez le pot dans le jardin pour protéger les racines, puis couvrez le reste de la plante d’une épaisse couche de feuilles mortes ou d’un géotextile plastifié (style Arbotex). On peut aussi faire hiverner ces bonsaïs dans une chambre froide ou un garage non chauffé. Plusieurs spécialistes se construisent un abri en bois isolé de mousse de polystyrène qu’ils placent sur le sol à l’automne et qu’ils recouvrent de neige l’hiver.

Il est toutefois vital d’enlever toute protection dès que les températures commencent à se réchauffer au printemps et de réacclimater les bonsaïs hivernés sous abri aux conditions d’extérieur assez tôt dans la saison.

5. Faire hiverner un bonsaï d’intérieur

Les bonsaïs d’intérieur ne tolèrent pas le gel et doivent passer l’hiver à l’intérieur de nos maisons, devant une fenêtre ensoleillée. Ils n’entrent jamais vraiment en dormance et il faut alors les arroser tout l’hiver, quand le terreau commence à s’assécher, mais puisque le soleil d’hiver est moins intense et la température, plus fraîche, souvent le terreau s’assèche moins rapidement, permettant d’espacer davantage les arrosages. 

Un léger saupoudrage de neige fraîche ne fera pas de tort à un bonsaï d’extérieur, mais il faudrait au minimum que ses racines soient protégées du plein froid hivernal.

Notez qu’une forte humidité (de préférence de 50 % et plus) est nécessaire en tout temps, alors que l’air dans nos demeures devient souvent très sec l’hiver. Il peut être nécessaire de placer le pot sur un «plateau humidifiant» : un plateau rempli de gravillons dans lequel on verse de l’eau qui alors s’évaporera pour assurer une bonne humidité ambiante.

6. Fertilisation

Ne fertilisez un bonsaï que pendant sa période de croissance, soit habituellement du printemps à la fin de l’été. Un engrais tout usage à faible dose peut alors suffire. À partir du début d’octobre, la plupart des bonsaïs sont en période de dormance ou du moins leur croissance est fortement ralentie et alors aucun engrais ne sera nécessaire.

7. Taille et ligature

On ne s’improvise pas bonsaïste. Mieux vaut suivre un cours sur le bonsaï avant de commencer à tailler, à former et à ligaturer (poser un fil métallique pour donner une forme spécifique à une branche) ou, à tout le moins, consulter un livre sur le sujet. Justement, le Groupe Bonsaï Québec, l’association locale des amateurs de bonsaïs,

offre une initiation à l’art du bonsaï, un cours de trois heures conçu pour les débutants, le samedi 21 octobre, à prix très modique.

8. Rempotage

Rempoter un bonsaï veut rarement dire que vous le planterez dans un pot plus gros comme on fait avec une plante d’intérieur plus classique. Habituellement, vous le garderez dans le même pot, mais taillerez soigneusement les racines pour stimuler une meilleure ramification et vous profiterez de l’occasion pour changer le terreau. Normalement, on rempote un jeune bonsaï annuellement; un bonsaï plus mature, aux deux ans. Les conifères ont moins besoin de rempotage que les bonsaïs à feuilles larges. On les rempote seulement aux trois à quatre ans pour les jeunes bonsaïs et encore moins fréquemment pour les bonsaïs plus matures. C’est au printemps, quand la croissance reprend, qu’on rempote les bonsaïs. Encore, il est sage de suivre une formation avant de procéder. Il existe des terreaux commerciaux pour bonsaïs qui permettent une aération et un drainage optimaux. 

Pour bien vous renseigner

Et voilà! Si vous êtes intéressé par les bonsaïs, vous avez maintenant une petite idée sur la façon de les entretenir. Je vous recommande fortement d’assister à l’exposition annuelle du Groupe Bonsaï Québec cette fin de semaine, soit le samedi 14 octobre et le dimanche 15 octobre de 10h à 17h, au Domaine Maizerets, au 2000, boulevard Montmorency à Québec (gratuit au public). Ce sera non seulement l’occasion de voir de beaux bonsaïs, mais aussi d’acheter des spécimens, des pots, des outils et d’autres matériaux… et aussi de discuter avec des bonsaïstes chevronnés qui pourront vous aider à choisir le bon bonsaï pour vos conditions et vos aptitudes.

Pour plus de renseignements, envoyez un message à groupebonsaiquebec@gmail.com

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Le coléus que Chantal M. veut conserver.

— Réponses à vos questions

Comment faire hiverner un coléus

Q Peut-on faire hiverner un plant de coléus? Est-ce que le transplanter dans un pot et le conserver dans une pièce froide durant l’hiver assurerait sa survie jusqu’au printemps prochain? J’ai procédé ainsi avec des plants de pélargonium et cela a bien fonctionné.

Chantal M.

On ne peut pas traiter un coléus (Plectranthus scutellarioides) aussi «rudement» qu’un pélargonium (Pelargonium x hortorum). Alors que le pélargonium vient d’un climat aride subtropical et peut tolérer la négligence et beaucoup de fraîcheur, au point où il peut même survivre à une mise en dormance, le coléus est une plante tropicale de climat humide et mourra si l’on ne l’arrose pas fréquemment et si les températures sont trop fraîches. Ainsi, on ne peut pas le mettre en dormance. Par contre, vous pouvez en faire hiverner un dans la maison assez facilement si vous disposez d’une pièce normalement chauffée. Il est plus facile de rentrer des boutures de coléus qu’une plante mature. Prélevez une section de tige d’environ 15 cm de longueur et supprimez toute tige florale. Supprimez aussi toute feuille sur les 8 cm inférieurs de la bouture. Insérez cette bouture dans un terreau humide et tassez le terreau légèrement pour que la bouture tienne debout. Couvrez maintenant la bouture d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent et placez-la dans une pièce chauffée, mais pas encore au soleil. Après deux ou trois semaines, quand de nouvelles feuilles paraîtront, signe que la bouture est enracinée, enlevez le dôme ou sac et placez le jeune coléus près d’une fenêtre ensoleillée, toujours dans une pièce bien chauffée. Pendant l’hiver, pincez à l’occasion l’extrémité des branches pour stimuler une meilleure ramification et arrosez dès que le terreau est sec. Ainsi votre coléus passera l’hiver en parfaite santé.

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— Entretien à faire cette semaine

- Rentrez vos plants de romarin et placez-les dans un endroit ensoleillé où la température ne dépasse pas 15°C la nuit l’hiver. Arrosez seulement assez pour prévenir le dessèchement. 

- Plantez l’ail maintenant en vue d’une récolte l’été prochain.

- Suspendez des plants de tomates à l’envers dans le sous-sol pour faire mûrir les dernières tomates vertes.

- Quand vous videz des pots d’annuelles fatiguées, mettez le terreau dans le compost, plutôt qu’à la poubelle. Cela lui donnera une nouvelle vie.

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— Calendrier horticole

Vente à l’encan d’orchidées

Les Orchidophiles de Québec vous proposent la vente à l’encan des orchidées d’un de leurs membres récemment décédé, Jacques Deschênes. Il y aura aussi présentation de l’habituelle table d’honneur. Ces activités auront lieu mardi à 19h30 au Montmartre, situé au 1669, chemin Saint-Louis. Coût : 5 $ pour les non-membres. Info : orchidophilesdequebec.ca

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Exposition d’orchidées à Montréal

L’Eastern Canada Orchid Society tiendra sa 24e exposition annuelle, Orchidfête2017, au Cégep du Vieux-Montréal, au 255, rue Ontario Est, à Montréal. L’événement aura lieu entre 11h et 17h samedi et entre 9h et 17h dimanche. Admission générale : 10 $. En plus des superbes orchidées en exposition, il y aura la possibilité de recevoir des conseils pratiques et il y aura vente de plantes, de semis et d’œuvres d’art en lien avec
les orchidées. Info : ecosorchids.ca

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L’art de la micro irrigation

La Société d’horticulture La Chaudière fleurie vous invite à la conférence intitulée Simplifiez-vous la vie en automatisant l’irrigation de votre jardin, présentée par Jean-François Marie. Elle se tiendra lundi à 19h au Centre culturel Marie-Fitzbach situé au 250, 18e Rue, Saint-Georges (secteur Ouest). Coût : 5 $ pour les non-membres. Info : info@chaudierefleurie.org

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Voyage à la World Bonsai Convention

Le Groupe Bonsaï Québec vous propose une présentation photographique de la visite de Brian Donnelly à la 8e World Bonsai Convention d’avril dernier. Également, il y aura une présentation sur l’entretien des bonsaïs pendant l’hiver. Elle aura lieu le mercredi 18 octobre à 19h30 au Domaine de Maizerets, au 2000, boulevard Montmorency à Québec. Coût : 5 $ pour les membres, 12 $ pour les non-membres, 15 $ pour
les non-résidents. Info : groupebonsaiquebec@gmail.com

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Atelier de citrouilles et de kokedamas

La Société d’horticulture de Sainte-Foy vous invite à deux ateliers successifs de deux heures : un sur la décoration de citrouilles et l’autre sur la réalisation d’un kokedama (culture de plantes dans une boule de terre enveloppée de mousse). Les deux ateliers se tiendront mardi, de 18h à 22h, au Centre Sportif de Sainte-Foy (aréna, deuxième étage) situé au 930, av. Roland-Beaudin. Coût : 10 $ par participant. Matériaux fournis, mais il faut apporter un couteau affûté, une cuillère à crème glacée et un tablier et portez des vêtements pouvant être salis. Inscription obligatoire au 418 653-4785 ou au 418 651-3837

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Les plantes médicinales de la Nouvelle-France

La Société d’horticulture de Saint-Apollinaire vous invite à sa prochaine conférence qui aura lieu le mercredi à 19h30 au Centre multifonctionnel situé au 20, rue Terry-Fox, à Saint-Apollinaire. Alain Asselin parlera des plantes médicinales de la Nouvelle-France. Info : 418 886-2874

Pour poser une question à notre chroniqueur ou pour signaler toute activité horticole, écrivez à courrierjardinierparesseux@yahoo.com