Les fleurs de galane (ici Chelone lyonii) ressembleraient à une tête de tortue la bouche ouverte.

Une tête de tortue dans votre plate-bande!

Parmi les vedettes du jardin automnal se trouve une plante vivace unique, la galane (Chelone spp.). Cette plante est toujours solidement debout, jamais penchée, jamais brisée, même quand la lumière est très faible ou le vent très fort. Si seulement toutes les plantes se comportaient ainsi!
<p>En 12 ans, ces trois plants de galane oblique (<em>Chelone obliqua</em>) ont fini par se rejoindre pour former une masse de fleurs.</p>
À la toute fin de l'été et à l'automne, des fleurs blanches ou roses tubulaires s'épanouissent sur un court épi au sommet de chaque tige. Elles sont curieusement assemblées, étant plutôt fermées à l'extrémité, avec seulement une petite ouverture et ressemblent à un bec. Les Acadiens trouvaient que la fleur ressemblait à une tête de tortue et l'ont appelée «la tortue», d'où son nom botanique, car Chelone (on prononce «ké-lonne») est le nom grec pour tortue. Le nom couramment utilisé - galane - dériverait d'une mauvaise prononciation de Chelone, tout simplement.
La fleur curieuse des galanes est conçue pour ne permettre qu'aux pollinisateurs les plus forts, soit les bourdons (les grosses abeilles duveteuses de nos jardins) et les colibris, d'y pénétrer. Malgré cela, on voit souvent les papillons s'y arrêter pour essayer de voler un peu de nectar avec leur longue trompe.  
Les feuilles des galanes sont opposées (en paires), avec la paire immédiatement inférieure placée à 90 degrés, ce qui donne un effet de croix quand on regarde la plante de dessus. La tige des galanes est carrée. Tout botaniste amateur sait que cela indique habituellement que c'est une plante de la famille des lamiacées (famille de la menthe), mais pas cette fois-ci : les galanes appartiennent plutôt à la famille des plantaginacées, avec les digitales (Digitalis spp.), les mufliers (Antirrhinum spp.) et surtout la fleur charnière ou plante obéissante (Physostegia virginiana), qui partage la même tige carrée et les mêmes feuilles placées en croix.
Enfin il n'y a que quatre espèces de galane, toutes originaires de l'est de l'Amérique du Nord. Les trois suivantes sont les plus intéressantes pour le jardinier amateur.
Galane oblique (C. obliqua)
C'est l'espèce offerte le plus souvent en pépinière. Ses fleurs sont d'un rose soutenu. Elle forme des touffes denses de tiges dressées, sans ramification, portant de grandes feuilles lancéolées légèrement dentées et d'un vert très foncé. Les feuilles ont un très court pétiole... ce qui permet de distinguer cette galane de la suivante. La galane oblique atteint environ de 60 à 90 cm de hauteur. Sa floraison débute, selon l'emplacement, à la fin d'août ou au début de septembre et persiste pendant deux mois ou plus, habituellement jusqu'aux neiges. Zone 3.
Galane de Lyon (C. lyonii)
Presque identique à l'espèce précédente, celle-ci possède des feuilles qui sont munies d'un pétiole un peu plus long. Elle atteint de 60 à 120 cm de hauteur, et ses fleurs sont du même rose que la galane oblique. Le cultivar le plus courant de cette espèce est 'Hot Lips', qui ressemble à l'espèce, mais qui est un peu plus compact : environ de 60 à 90 cm. Ses fleurs sont d'un rose plus foncé, et ses tiges sont rougeâtres. 'Tiny Tortuga' est une introduction 2014 de la galane de Lyon. Très naine, elle n'atteint que 35 cm de hauteur. Toutes ces plantes sont rustiques en zone 3.
Galane glabre (C. glabra)
C'est la galane des forêts et des marécages québécois. On la distingue facilement des autres par ses fleurs blanches ou blanches teintées de rose. Aussi, ses feuilles sont plus étroites et ne portent aucun pétiole (elles sont fixées directement à la tige). Cette galane est une plante des sous-bois très humides dans la nature, mais elle pousse quand même très bien dans un sol de jardin ordinaire. Curieusement, la pépinière grossiste Jardins Michel Corbeil indique que cette plante peut atteindre une hauteur de
30 cm, alors que dans la nature et chez moi, elle atteint 90 et même 120 cm! Je la considère toutefois comme la moins intéressante des galanes pour le jardin ornemental, car ses fleurs sont moins denses.  Aussi, elle ne pousse pas en touffe dense, mais de façon assez ouverte, ce qui en fait un plant un peu dégarni. Cette espèce est donc surtout intéressante pour les amateurs de fleurs indigènes. Zone 3, comme les autres.
Culture
Toutes les galanes sont de culture très facile. Elles aiment un sol de jardin riche en matières organiques et toujours un peu humide. Elles tolèrent les sols mal drainés et peuvent, de ce fait, pousser en bordure des jardins d'eau. Arrosez-les en cas de sécheresse, toutefois, car leur tolérance de la sécheresse est limitée. L'utilisation d'un paillis pour garder le sol plus humide sera appréciée. Aussi, ajoutez annuellement un peu de compost au pied de la plante pour maintenir la qualité du sol.
Côté ensoleillement, tout va! Oui, ces plantes poussent aussi bien au soleil qu'à l'ombre. Dans la nature, on les trouve habituellement dans des forêts denses où peu de lumière pénètre. Si vous les cultivez en plein soleil, où le sol risque davantage de les assécher, l'utilisation d'un épais paillis est toutefois fortement conseillée, car un paillis aide à retenir l'humidité.
Les galanes poussent lentement mais sûrement. La touffe grossira peu à peu et, après une dizaine d'années, il pourrait être nécessaire de la diviser pour réprimer son élan.
Pour une multiplication rapide et facile, prenez des boutures de tige. On peut aussi diviser les plantes, au printemps de préférence, mais aussi à l'automne (vous perdrez toutefois les fleurs pour une saison, car il faut les supprimer avant de procéder à la division).
Enfin, dans la nature, le feuillage des galanes est parfois percé par des insectes, mais curieusement il est rarement touché dans nos jardins. Et même si elles poussent dans un milieu humide où les limaces sont nombreuses, elles ne semblent pas s'intéresser aux galanes. Tristement, les cerfs de Virginie raffolent de cette plante : si vous avez un problème avec ce mammifère, les galanes ne sont pas de bons choix pour vos plates-bandes!
Où trouver des galanes?
Les galanes - et surtout la galane oblique et les hybrides de la galane de Lyon - sont souvent offertes en jardinerie. Si vous n'en trouvez pas cet automne, demandez au marchand de vous en réserver une pour le printemps. Ou encore, allez voir un spécialiste en vivaces, comme Les vivaces du Merle Bleu, 2003, route de Chute-Panet, à Saint-
Raymond (http://vivacesmerlebleu.com), Les vivaces de l'Isle, 16200, boulevard Bécancour, à Bécancour (http://www.vivaces.net) ou les Jardins de Michel, 61, boulevard Arthur-Sauvé, à Saint-Eustache (http://www.jardinsmichelcorbeil.com). La dernière pépinière est la plus éloignée de notre région, mais offre le plus vaste choix de variétés.
<p>L'impatiente de l'Himalaya est jolie, mais insidieuse : mieux vaut ne pasla laisser s'établir dans un boisé naturel.</p>
Réponses à vos questions
Impatiente potentiellement envahissante
Q En me promenant dans un des sentiers d'un petit boisé près de chez moi, j'ai vu cette plante, présente dans un endroit seulement, qui mesure jusqu'à deux mètres de haut, que je vois pour la première fois. Est-ce une plante sauvage du Québec ou venue par le vent d'un jardin? Réal Paquin, Québec
R La plante en question est l'impatiente de l'Himalaya (Impatiens glandulifera), une très grande annuelle de culture facile. Elle a sans doute abouti dans votre boisé à partir d'un jardin à proximité. L'impatiente de l'Himalaya a la capacité de se maintenir d'une année à l'autre en se ressemant spontanément à partir de graines tombées au sol l'automne précédent et aime bien les conditions de nos sous-bois. Malheureusement cette plante importée de l'Asie devient facilement une mauvaise herbe. Déjà, elle s'est échappée de la culture dans plusieurs endroits au Québec et cause un tort très grave à l'environnement, prenant la place des plantes indigènes. Il serait peut-être sage d'avertir le propriétaire du boisé du problème. Si c'est un espace public, par contre, il est peu probable que les autorités réagissent assez vite pour prévenir le fléau. Je soupçonne que ma recommandation n'est pas tout à fait légale, mais si vous coupez les tiges la prochaine fois que vous vous promènerez dans le secteur, cela pourrait empêcher cette plante indésirable de s'y établir. Parfois, il faut un peu contourner les lois pour sauver une forêt.
Des questions svp!
Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com
Calendrier horticole
Expo de bonsaï
La Société de bonsaï et de penjing de Montréal tiendra son exposition annuelle de 9h à 18h aujourd'hui et demain, au Grand Chapiteau du Jardin botanique de Montréal. Ateliers, conférences, démonstrations et encan de végétaux. Tournée commentée de l'exposition offerte durant la journée de dimanche. Info : info@bonsaimontreal.com
Aménagement des rocailles et des murets
La Société d'horticulture de Québec vous propose une conférence présentée par Alain Lorange intitulée L'aménagement des rocailles et des murets. Elle aura lieu mardi à 19h30 au Centre Marchand, situé au 2740, 2e Avenue Est, à Québec. Coût : 5$ non-membres. Info : 418 871-1665
Arbres et arbustes pour petits terrains
La Société d'horticulture de Beauport vous propose une conférence sur les arbres et les arbustes pour petits terrains avec Larry Hodgson. Elle se tiendra mercredi à 19h30 au Centre municipal Mgr-Laval, situé au 35, avenue du Couvent. Coût : 6$ non-membres. Info : 418 663-1207
Bulbes à floraison printanière
La prochaine conférence de la Socié­té d'horticulture de Saint-Nicolas, qui aura lieu mercredi, sera donnée par Caroline Giroux et portera sur les bulbes à floraison printanière. Cette conférence aura lieu à 19h30 à l'Hôtel Bernières, au 535, rue de l'Aréna, dans Saint-Nicolas. Coût : 6$ non-membres. Info : 418 831-9666 ou 418 831-8471
Pavots
La Société d'horticulture et d'écologie de Charlesbourg vous invite à une conférence qui se tiendra mardi à 19h30 au Centre culturel et communautaire de Charlesbourg, situé au 7575, boulevard Henri-Bourassa, salle 20. Rock Giguère vous parlera des pavots, ces fleurs hallucinantes. Coût : 6$ non-membres. Info : suzygrenier@sympatico.ca
Atelier de bonsaïs
Le Groupe bonsaïs Québec invite les amateurs de bonsaïs à participer à un atelier de travail avec Louis Dallaire aujourd'hui à 9h sous le grand chapiteau au Jardin botanique Roger-Van den Hende (à l'arrière de l'Envirotron). Art et culture bonsaï sera sur place pour ceux qui désirent se procurer du matériel additionnel.  Coût : 5 $ non-membres. Info : groupebonsaiquebec.com
Orchidées
La Société d'horticulture de Rivière-du-Loup commence la nouvelle saison 2014-2015 avec le conférencier Daniel Bédard, qui nous entretiendra sur les orchidées, mercredi à 19h30, à la Maison de la culture,  située au 67, rue du Rocher, à Rivière-du-Loup. Coût : 7$ non-membres