Les jardiniers de tous les âges peuvent réussir un potager surélevé de type «paresseux».

Un premier potager, vite et bien

Il doit bien y avoir des dizaines de façons de faire un premier potager. Je préfère la méthode dite «de paresseux», bien sûr - êtes-vous surpris? - qui permet de jardiner sans mauvaises herbes et dans un sol riche et meuble. Si vous pensez installer un nouveau potager chez vous selon cette méthode, voici comment faire.
Le bon endroit
Un potager doit être au soleil. Idéalement, il y aura au moins six heures de soleil par jour. Donc, un emplacement à l'est, au sud ou à l'ouest peut convenir. La qualité du sol d'origine a peu d'importance (on pourrait même installer un potager de paresseux sur du gravier ou sur de l'asphalte!), mais il est quand même important que tout surplus d'eau puisse s'en drainer. Ainsi, une pente légère n'est pas à dédaigner... mais il est très difficile de jardiner sur une pente importante, à moins de faire une série de terrasses à la manière des rizières orientales. 
Évitez surtout les emplacements qui sont près des arbres ou des arbustes à racines longues. Il est très difficile de cultiver des légumes là où des racines ligneuses vont constamment envahir.
Aussi, pour faciliter les arrosages, il doit toujours avoir une source d'eau à proximité.
Encadrer ou non?
Encadrer un potager de planches n'est pas absolument nécessaire, mais est quand même bien utile. Une taille pratique pour un potager est 120 cm (4 pi) de large sur 240 cm (8 pi) de long, car on peut ainsi travailler avec des planches de longueur standard (240 cm/8 pi). Les planches auraient idéalement 30 cm (1 pi) de largeur, mais 25 cm (10 po) est acceptable. Tout bois peut servir, mais un bois résistant à la pourriture durera nettement plus longtemps. 
Assemblez votre cadre en premier lieu. Pour un cadre de 120 cm x 240 cm, il vous faudrait trois planches de 240 cm (8 pi). Coupez une planche de 240 cm (8 pi) en deux et clouez ou vissez les sections courtes à l'extrémité des sections longues pour faire un rectangle.
Le potager, étape par étape
Fauchez ou tondez les plantes (gazon, mauvaises herbes, etc.) situées à l'emplacement du nouveau potager, laissant les déchets au sol. 
 Recouvrez le secteur de papier journal mouillé (faites tremper des journaux dans un seau d'eau auparavant), le papier journal sec ayant trop tendance à partir au vent. Assurez-vous que les feuilles se chevauchent pour créer une barrière parfaite. Une épaisseur de 7 à 10 feuilles est habituellement suffisante pour étouffer les plantes qui y poussaient. Et, malgré une légende urbaine qui dit le contraire, vous pouvez utiliser les pages couleur : on n'utilise que des encres biodégradables dans le papier journal depuis belle lurette. Aussi, si vous préférez, vous pourriez utiliser du carton non ciré à la place du papier journal. 
Recouvrez de papier journal (ou de carton) une zone nettement plus large que le potager futur, car il faut prévoir une allée de 60 à 90 cm de largeur tout autour du potager, allée que vous tapisserez de papier et recouvrirez de paillis plus tard (voir «Maintenir un pourtour libre de mauvaises herbes» pour plus explications).
Placez le cadre, si vous décidez d'en utiliser un, sur la barrière de papier. 
 Recouvrez le papier de 30 cm de bonne terre libre de mauvaises herbes. Vérifiez auprès de votre jardinerie locale pour savoir ce qu'ils offrent de mieux. Évitez des terres contenant de la soi-disant «terre noire», car ce produit ne convient pas aux légumes. 
 Égalisez le sol au râteau.
 Semez ou plantez, puis arrosez bien.
 Appliquez du paillis pour terminer. 
 L'avantage d'un potager du paresseux est que vous pouvez facilement l'installer en une heure ou un peu plus, contrairement à la méthode traditionnelle, où l'on retourne la terre en profondeur, ce qui demande de longues heures de labeur. De plus, le potager du paresseux vous donnera un jardin à la terre meuble, libre de mauvaises herbes et bien drainée. Le potager traditionnel est généralement bourré de mauvaises herbes, souvent très mal drainé et son sol très difficile à travailler.
C'est le bon moment pour commencer
Théoriquement, on peut commencer un potager de cette manière n'importe quand entre le printemps et l'automne. Par contre, pour une bonne récolte la première année, le printemps est la meilleure saison pour commencer. Il est présentement déjà le temps de faire les premiers semis, d'ailleurs. Déjà les légumes racines et les légumes-feuilles tolèrent les nuits fraîches de la mi-mai, mais de plus, votre nouveau potager sera plus chaud qu'un jardin en pleine terre, car il est surélevé et davantage exposé au soleil qu'un jardin installé au ras du sol. Ainsi, il se réchauffera plus rapidement. 
Quand les légumes ont de 7 à 10 cm de hauteur, entourez-les d'un paillis riche et décomposable, comme un paillis forestier, des feuilles déchiquetées, écales de sarrasin, etc. Le paillis aidera à maintenir une humidité constante dans le potager tout en empêchant la pousse de mauvaises herbes. Évitez les paillis à base d'écorce (paillis de «cèdre», par exemple) dans un potager : ils se mêlent trop facilement au sol et empêchent alors la germination des semis. 
Attendez un peu plus avant de semer les légumes frileux, par contre : haricots, maïs, courges, concombres, etc. Selon la saison, on peut souvent les semer la première ou deuxième semaine de juin, quand le sol est bien réchauffé. Et c'est la même chose pour les plants à repiquer, comme les tomates, les poivrons et les aubergines. Ce sont tous des légumes frileux et mieux vaut retarder leur plantation au mois de juin, quand les nuits demeurent au-dessus de 10 °C. Évidemment, il faut aussi pailler les plants repiqués après leur plantation.
Maintenir un pourtour libre de mauvaises herbes
Pour empêcher les mauvaises herbes à rhizome traçant (prèle, chiendent, graminées de gazon, etc.) de gagner votre nouveau potager, il faut maintenir une allée libre d'envahisseurs autour du jardin. Recouvrez le papier journal qui le recouvre d'un épais paillis - 10 cm ou plus - pour décourager toute tentative des indésirables de prendre le potager d'assaut. Ici vous pouvez utiliser, si vous préférez, les paillis d'écorce, même le célèbre paillis de «cèdre» teint orange. En plus étouffer toute mauvaise herbe qui avance vers le potager, un bon paillis gardera vous souliers propres quand vous jardinez. 
Et voilà : quelques efforts bien minimes et vous voilà bien en route pour un potager extraordinaire qui produira quantités de légumes extraordinaires!
<p>La violette africaine fleurit mieux sous un éclairage moyen, sans trop de soleil direct.</p>
Réponses à vos questions
Q Depuis bientôt deux ans, j'ai une violette africaine qui avait une fleur lorsque je l'ai reçue, mais, depuis un an, elle ne fleurit pas. Elle fait un diamètre de 35 cm; elle est dans un pot de 13 cm (5 po) de diamètre. Elle est devant une fenêtre, exposée au soleil direct tout l'après-midi. Elle a de belles feuilles vertes larges. J'ai recommencé à lui donner de l'engrais depuis quelques semaines (engrais à base d'algues, 0,3-0,3-4,0). Aucun signe de fleur n'apparaît. Y a-t-il un remède?
R Premièrement, l'intensité solaire d'une fenêtre exposée pendant des heures au soleil direct me paraît un peu forte pour une plante qui préfère, essentiellement, la mi-ombre dans la nature. Peut-être serait-il sage de la reculer un peu de la fenêtre pour qu'elle reçoive plutôt un éclairage indirect. Mais surtout, aucune fertilisation depuis deux ans n'a sûrement pas aidé. Vous avez recommencé à appliquer des engrais depuis peu. Si vous continuez de le faire en suivant le mode d'application indiquée sur l'étiquette, j'ose croire que la plante se mettra à fleurir bientôt. Plusieurs lecteurs s'étonneront sans doute que je ne recommande pas l'utilisation d'un engrais particulier aux violettes africaines (Saintpaulia), mais en fait, tous les engrais conviennent à tous les végétaux. Ainsi un engrais d'algues est un excellent choix d'engrais pour presque toute plante.
Q Je viens de découvrir que des rongeurs se sont amusés cet hiver sous la neige à bouffer la pelouse en y faisant de nombreux petits trous et chemins. Je pense avoir affaire à des campagnols. Ma pelouse a été affectée par les punaises et la pyrale des prés. Les punaises ont été contrôlées par le savon à vaisselle, mais pas la pyrale dont les larves hivernent facilement. Y a-t-il un lien entre les deux et que me conseillez-vous pour me débarrasser des rongeurs et de la pyrale.
R Je crois aussi que vous avez affaire à des campagnols, souvent appelés mulots, rongeurs du genre Microtus. Ces mammifères se nourrissent presque uniquement de végétaux, notamment de graminées et, si la population est très élevée, d'écorce d'arbustes et d'arbres. Je ne pense pas que leur présence soit le moindrement reliée aux insectes comme la pyrale qui peuvent infester les gazons. Que les deux soient présents dans le même secteur relève probablement d'une coïncidence, tout simplement, car les deux, pyrales et campagnols, sont très courants dans la région. Dame Nature va probablement s'occuper de débarrasser votre terrain de la plus grande partie des campagnols, car ils souffrent d'une forte prédation (de la part des chats, des belettes, des hiboux, des faucons, des couleuvres et bien d'autres) et ainsi ne vivent pas longtemps. Par contre, l'animal est très prolifique et, donc, il y aurait toujours quelques campagnols sur tout terrain, même en ville. Heureusement, ils ne sont pas toujours assez nombreux pour causer des dégâts très visibles, du moins la plupart des hivers, mais tous les sept ans environ, il y a une surpopulation et donc beaucoup de dégâts. Quant à la pyrale des prés, la meilleure protection consiste à bien entretenir votre gazon, car un gazon en santé souffre peu de ses attaques. Assurez-vous surtout de ne pas tondre le gazon trop ras (jamais à moins de 7,5 cm) : cette manie des propriétaires de vouloir faire de leur pelouse un vert de golf est la cause principale de la plupart des prédations qu'elle subit, car un gazon stressé par une coupe excessive sujet à une vaste gamme d'insectes. 
Q Durant l'hiver, les mulots ont mangé l'écorce d'un érable de l'Amour, de la base jusqu'à une hauteur d'environ 50 cm. Il mesure environ 2,5 mètres. Ils ont aussi mangé l'écorce d'un fusain nain et d'une viorne, mais en moins grande surface. C'est le premier hiver qu'ils font des ravages sur le terrain. Est-ce que je vais perdre l'érable? Est-ce que je peux faire quelque chose dans l'immédiat et comment éviter cette situation les prochains hivers? 
R Quand les campagnols (mulots) se sont attaqués à l'écorce des jeunes arbres ou des arbustes, il n'y a essentiellement rien à faire, sauf attendre pour voir si le végétal reprendra. Aucun traitement n'est possible. Par contre, s'il existe une seule lame d'écorce qui n'a pas été grugée et qui relie les racines aux branches supérieures, il arrive très souvent que l'écorce repousse complètement, sur une période de plusieurs années seulement. Pour prévenir les dégâts des campagnols sur les arbres et les arbustes, on peut entourer le tronc d'un spiral antirongeurs à l'automne, avant le retour des neiges. Aussi, plusieurs produits répulsifs peuvent être utiles. Par contre, si vous avez eu des dégâts cette année, sans doute que la population de campagnols va chuter de façon importante en 2014 pour rebondir massivement dans environ sept ans. Donc, ce n'est pas l'hiver prochain qu'il vous faut agir, mais dans six ou sept ans.