L'épinette 'Jean's Dilly' (Pinceau glauca 'Jean's Dilly'), petite mais au port bien conique, est très populaire en contenant.

Un jardin de conifères miniatures en pot

Les jardiniers du Québec sont souvent tellement axés sur les fleurs qu'ils oublient qu'il y a d'autres végétaux d'intérêt sur la planète... comme les conifères. Non, les conifères n'offrent pas de fleurs très saisissantes (elles sont généralement si discrètes qu'elles passent inaperçues!), mais leur feuillage est beau en toute saison, créant un effet qui dure beaucoup plus longtemps que des plantes à belle floraison.
<p>La gamme des formes de conifères miniatures est étonnante.</p>
On peut cultiver les conifères en pleine terre, bien sûr, mais de plus en plus de jardiniers les cultivent en pot. Pas les grands conifères (pouvez-vous même imaginer la taille de pot qu'il faudrait pour une épinette de Norvège [Picea abies] de 30 mètres de hauteur!), mais les conifères miniatures. On peut les assembler dans un contenant et ainsi créer un jardin miniature trois saisons qui pourrait aller sur le balcon, la terrasse, une table de jardin ou même par terre. Je dis bien trois saisons, car, sous notre climat, les conifères miniatures disparaîtront sous la neige l'hiver. Mais votre jardin de conifères miniatures sera attrayant dès la fonte des neiges au printemps et jusqu'à son retour à l'automne.
Contrairement à la plupart des techniques de jardinage, qui sont exclusives à une seule saison, la fabrication d'un jardin de conifères miniatures peut se préparer au printemps, à l'été ou à l'automne. D'ailleurs, le début d'été, comme maintenant, est une excellente occasion pour commencer.
Les matériaux
Il vous faut tout d'abord un contenant. La forme n'a pas d'importance, tant qu'il est assez gros pour contenir trois ou quatre plantes, mais il doit être pourvu d'un trou de drainage et pouvoir résister aux froids hivernaux, car votre petit jardin en pot restera dehors toute l'année. Les auges de pierre (qui sont plutôt fabriquées en hypertufa, un genre de simili-pierre), qui rappellent les abreuvoirs d'animaux d'autrefois, sont particulièrement prisées pour ces jardins, mais on peut utiliser aussi des pots en plastique, en fibre de verre, en béton et bien plus encore. Fouillez dans votre grenier ou sous-sol : vous avez peut-être exactement ce qu'il faut déjà sous la main.
Il vous faut aussi du terreau. Évitez la terre de jardin, généralement trop compacte, mais la plupart des terreaux pour bacs et boîtes à fleurs - qui sont légers, riches en humus et aérés - conviennent bien. Et ayez sous la main un engrais tout usage à dégagement lent.
Quant aux plantes, toutes les jardineries vendent des conifères, mais certaines ont de plus belles collections de conifères miniatures que d'autres. La pépinière Au Jardin de Jean-Pierre (www.jardinjp.ca), à Sainte-Christine près d'Acton Vale, n'est peut-être pas à la porte, mais offre le plus vaste choix de conifères nains au Québec: littéralement des centaines de variétés!
Vous découvrirez rapidement que les conifères miniatures viennent dans une vaste gamme de formes (globulaires, érigées, coniques, rampantes, retombantes, etc.) et couleurs (toutes les teintes de vert, plus le bleu, le gris et le jaune). Et leur texture varie énormément aussi: certains conifères sont doux et mousseux, d'autres raids et piquants, et d'autres offrent un feuillage en éventail. Parmi les choix, il y a des épinettes (Picea spp.), des thuyas (Thuja occidentalis cvs), des genévriers (Juniperus spp.), des faux-cyprès (Chamaecyparis spp.) et des pruches (Tsuga canadensis cvs).
Même si un jardin de conifères est, par définition, dominé par des conifères, il n'est pas criminel d'ajouter d'autres petites plantes à feuillage persistant (des sédums ou des joubarbes, par exemple), tant que ces nouvelles plantes aiment les mêmes conditions que les conifères, soit, en général, le plein soleil ou la mi-ombre et un sol bien drainé qu'on gardera, par l'arrosage, toujours une touche humide.
En choisissant les plantes, assurez-vous de prendre des variétés résistantes au froid de notre région, soit des plantes de la zone de rusticité 4 ou moindre. Même, il peut être sage de choisir des conifères des zones encore plus froides (1, 2 et 3), car en pot, le froid pénètre plus profondément qu'en pleine terre.
Enfin, vous pouvez aussi ajouter des roches ornementales, des mousses, du bois flotté, des branches tordues, ou d'autres décorations, tant qu'ils sont de taille appropriée pour le contenant.
La préparation, étape par étape
Arrosez les plantes la veille, si possible: elles seront plus faciles à sortir de leur pot.
Placez un morceau de moustique, de papier journal ou de filtre à café sur le ou les trous de drainage, question de laisser sortir tout surplus d'eau sans permettre au terreau de sortir aussi. Aucune couche de drainage n'est nécessaire ni même souhaitable (des études prouvent qu'une couche de gravier provoque souvent la pourriture!). Recouvrez maintenant le fond du pot d'une couche de terreau, assez pour que les plantes soient au niveau désiré quand on les pose dessus. Maintenant placez les plantes, toujours dans leur pot d'origine, dans le contenant qui servira de jardin. Ajustez-les, approchant certains, éloignant d'autres, jusqu'à ce que l'effet vous plaise.
Maintenant, dépotez chaque plante et placez sa motte à l'endroit désigné. Comblez les interstices de terreau, tassez un peu pour le raffermir. À la fin, ajoutez quelques cuillérées d'engrais et faites-le pénétrer dans le terreau. Finissez par bien arroser, puis placer votre nouveau jardin à l'emplacement que vous aurez choisir. Ce n'est pas plus compliqué que cela!
Entretien
Rien de plus facile! Enfoncez un doigt dans le terreau tous les trois ou quatre jours (pot peu profond) ou hebdomadairement (contenant creux). S'il est sec au toucher, arrosez bien. Répétez tout au long de la saison, jusqu'à ce que le terreau gèle. Si vous vous êtes limitées aux plantes bien rustiques, le contenant peut rester au même endroit pendant l'hiver, mais si vous avez osé inclure quelques plantes plus frileuses, placez le contenant près des fondations d'une maison ou édifice et couvrez-le abondamment de feuilles mortes pendant l'hiver. Quand la neige fond au printemps, dégagez les plantes, rajoutez un peu d'engrais et recommencez les arrosages de routine. Rien de plus facile!
Évidemment, les conifères grandiront avec les années. Même si on les dit «miniatures», laissés eux-mêmes, ils vont doubler ou tripler de taille après 10 ans. Si vous prenez l'habitude de tailler de deux tiers les nouvelles pousses en juin chaque année, vous pouvez ralentir leur croissance, mais habituellement, on calcule qu'un jardin de conifères miniatures est fait pour durer cinq ou six ans. Plantez alors les conifères désormais trop gros ailleurs sur le terrain (ou offrez-les en cadeau à des amis) et recommencer votre contenant avec une nouvelle génération de conifères nains.
Et voilà! Un beau jardin qui demande peu de soins et qui durera des années... et cela, sans la moindre fleur. À vous maintenant de faire vos propres expériences!
<p>Certains jardiniers considèrent la molène comme une mauvaise herbe, mais d'autres apprécient sa grande beauté.</p>
<p>Les jeunes pousses de ce pin, dont sa flèche, se sont asséchées au cours de l'hiver. Il va falloir choisir une nouvelle flèche pour lui donner une belle symétrie. </p>
Réponses à vos questions
Quand transplanter une molène?
Q La grande molène est une plante qui revient tous les deux ans. Quand puis-je la transplanter? Antonin Joubert
R Définissons d'abord notre sujet, car la grande molène, une plante commune des champs et bords de route, porte de nombreux noms différents : molène commune, bouillon blanc, tabac du diable, bonhomme et plus encore. Heureusement qu'elle n'a qu'un seul nom botanique : Verbascum thapsus. Effectivement, il s'agit d'une plante bisannuelle : la première année, elle forme une rosette de grandes feuilles couvertes de poils blancs, mais reste basse. La deuxième, elle monte vers le ciel avec une épaisse tige centrale dressée portant un ou plusieurs épis de fleurs jaunes. Après la floraison, la plante produit des semences, puis meurt et ce sont les semis qui la remplacent. Il est très difficile de transplanter une molène de deuxième année (avec tige florale), mais les jeunes plants (de la première année) se transplantent facilement. Comme ils germent tôt au mois de mai, ils sont maintenant assez visibles et il serait donc le temps de le faire.
Conifères étêtés
Q J'ai transplanté deux petits pins l'été dernier et ce printemps, certains bouts de branches sont brunâtres et ne font pas de bourgeons. Pourquoi, selon vous, et dois-je les couper?
R Le vent froid semble avoir endommagé vos jeunes pins blancs (Pinus strobus) au cours de l'hiver, faisant brunir les aiguilles et mourir les bourgeons supérieurs. Comme ils étaient fraîchement transplantés, il est fort probable aussi que les racines, n'étant pas assez bien ancrées dans leur nouveau chez-soi, n'ont pas pu fournir assez d'eau aux branches supérieures, les laissant susceptibles à l'assèchement par le vent. Si aucun nouveau bourgeon n'est en vie au sommet d'une branche, il serait aussi bien de supprimer cette partie, coupant juste au-dessus d'un bourgeon bien en vie. Comme cette taille aurait éliminé la flèche de votre arbre (la branche centrale verticale), il faudrait la remplacer. Parmi les branches qui repousseront au sommet de la plante, laissez une seule se développer, taillant l'extrémité des autres. Si nécessaire, vous pouvez tuteurer la tige restante pour la redresser davantage. Avec le temps, elle formera une belle flèche et ce déboire ne laissera probablement aucune séquelle visible.