Les étapes à appliquer lors de la coupe d'une branche importante

Un hiver difficile pour les arbres et arbustes

L'hiver que nous venons de passer a été assez rude pour les arbres et arbustes. Non pas qu'il a fait particulièrement froid, mais la neige a été abondante et lourde, avec parfois du verglas, ce qui a fait plier ou même casser des branches. Maintenant que la neige fond, souvent des dégâts deviennent évidents. Que peut-on faire?
Arbres ou branches courbés
Il est courant que des branches, voire un arbre au complet, courbent sous le poids d'une neige lourde, se penchant parfois jusqu'au sol. À l'occasion, la plante reste par la suite pliée, prisonnière dans la neige. Très souvent, la plante récupère d'elle-même de cette mésaventure, reprenant sa forme habituelle avec le retour du beau temps. Mais si elle reste courbée, vous pouvez installer un tuteur du côté opposé du dommage et la redresser doucement avec des attaches horticoles. 
Ne laissez ce tuteur en place qu'un seul été, car un tuteur laissé en place trop longtemps empêchera la plante de bien se lignifier, et alors la branche ou le tronc risque de casser ou de s'arracher la prochaine fois que la neige s'y accumulera. 
Branches fendues
À la fonte des neiges, on trouve souvent des dégâts causés aux arbres et aux arbustes, comme cette branche arrachée.
Parfois, une branche ou même le tronc est visiblement fendu. 
Dans le cas d'une branche mineure, la chose la plus facile à faire est de la couper à la base, tout simplement. Mais si vous voulez la sauver, percez un trou dans le bois à angle droit avec la blessure et utilisez une vis à bois en acier galvanisé pour ramener les deux parties ensemble. Il peut falloir deux vis pour parfaire le travail. Avec le temps, l'écorce recouvrira la tête des vis et la blessure ne sera plus visible. 
On peut même réparer un tronc fendu, tant que l'arbre est encore debout, mais de simples vis ne suffiront pas: il faudra boulonner. 
Commencez par resserrer temporairement le tronc ou la fourche avec de la corde. Arasez aussi les bords s'ils sont rugueux. Ensuite, percez un trou à travers le bois, d'un côté à l'autre, au centre du tronc. Si le tronc est mince, insérez-y un boulon galvanisé un peu plus long que le tronc est large, le munissant d'une rondelle, et à l'autre extrémité, d'une autre rondelle et d'un écrou. Maintenant, vissez pour serrer le tronc ensemble. Coupez par la suite la partie excédante du boulon pour que l'écorce puisse recouvrir et cacher le support, ce qui peut prendre un an ou deux. 
S'il s'agit d'un grand arbre, il serait sage d'engager un arboriculteur pour faire ce travail. Il pourrait utiliser une longue tige filetée munie d'une rondelle et d'un écrou à chaque extrémité pour ramener les deux parties du tronc ensemble. Souvent, il faut boulonner à deux endroits.
Une branche brisée ou arrachée
Si une branche est cassée ou même carrément arrachée, vous n'aurez pas d'autre choix que de la rabattre, la coupant tout près du tronc ou de la branche maîtresse. Si la branche est mince (moins de 2,5 cm de diamètre), coupez tout simplement avec un sécateur. Il ne faut pas laisser de chicot, mais il n'est pas bien non plus de blesser le tronc. Il faut donc couper juste au-delà du tronc, à l'extérieur du collet.
Si la branche est plus importante (plus de 2,5 cm de diamètre), mieux vaut la supprimer en trois étapes, sinon, elle risque de s'arracher pendant que vous taillez, et de déchirer l'écorce du tronc lors de sa chute. Donc sciez d'abord sous la branche, faisant une entaille à environ 30 cm du tronc. Quand vous aurez scié la branche à une profondeur égale au tiers de son diamètre, changez de position. Sciez maintenant du haut à environ 5 à 7 cm du premier trait de scie et continuez de scier jusqu'à ce que la branche cède. En tombant, la branche ne pourra plus déchirer l'écorce du tronc, car vous aurez déjà sectionné son lien avec celui-ci par la première entaille. 
Il faut maintenant enlever ce qui reste (le chicot). Il importe de ne pas endommager le tronc de l'arbre, car cela pourrait provoquer une blessure profonde qui ne se recouvrira qu'avec difficulté. Donc, évitez de couper ras au tronc. Regardez plutôt la jonction entre la branche et le tronc: il y a toujours un collet, un boursouflement, à la base de la branche. Ce collet constitue essentiellement une extension du tronc vers la branche et est l'emplacement le plus actif du tronc. Votre but sera donc de scier juste au-delà du collet, sans toutefois l'endommager. Ainsi, la blessure sera rapidement couverte d'écorce.
Écorce déchirée
Parfois, il est trop tard pour éviter des dommages au tronc: la branche, en tombant au cours de l'hiver, a arraché un lambeau d'écorce. Si la plaie est irrégulière, avec des échardes et des déchirures, ou si l'écorce est détachée, recoupez avec un ciseau à bois pour égaliser la blessure, ne laissant que l'écorce saine. Ainsi, elle se renouvellera peu à peu pour finir par recouvrir la blessure.
Pas de peinture d'émondage
Notez qu'il n'est pas nécessaire d'enduire la blessure avec une pâte ou une peinture d'émondage quelconque. Au lieu de protéger l'arbre contre les infestations, ces enduits ont pour effet de maintenir la blessure humide plutôt que de la laisser s'assécher. Et quand une blessure est humide, les infestations se développent. Donc, la meilleure chose à faire après avoir coupé même une grosse branche est... rien du tout. Dame Nature s'occupera elle-même du patient.
Qui doit faire le travail?
Vous pouvez vous-même installer un tuteur ou couper les branches mineures, surtout si vous pouvez garder les deux pieds solidement par terre. Si la branche est plus haute que votre tête, considérez obligatoire le port d'un casque et de bottes de sécurité. 
Pour les gros travaux ou s'il faut monter sur une échelle pour accomplir le travail, il est toujours préférable de recourir aux services d'un arboriculteur. Cela est encore plus important si les branches à tailler sont près de fils électriques. 
Un peu de travail pour «nettoyer» les arbres et arbustes endommagés par l'hiver vous permettra de profiter de végétaux en santé pendant de nombreuses années.
Réponses à vos questions
Pélargonium à ravigoter 
Q Selon vos recommandations de l'automne dernier, j'ai hiverné une corbeille de géraniums dans la maison. Placées dans une pièce non chauffée, peu arrosées, sans engrais et devant une fenêtre, les plantes ont survécu et ont même produit quelques fleurs. Maintenant que dois-je faire? Dois-je diviser les plantes? Les rabattre? Est-ce que je change la terre?
Chantal Mimeault
Il est temps de stimuler la croissance des pélargoniums en vue de leur floraison estivale.
R Il est maintenant temps de dorloter vos pélargoniums (anciennement appelés géraniums). Placez-les dans une pièce normalement chauffée, recommencez à fertiliser en utilisant un engrais tout usage selon les recommandations du fabricant, augmentez les arrosages, vous assurant que le terreau reste toujours un peu humide, et continuez de leur offrir un éclairage maximal. Vous pouvez très bien laisser les plantes dans le même pot (le terreau est encore bon pour au moins 3 ou 4 ans, même beaucoup plus si vous y mélangez du compost à l'occasion). Si vous préférez les déterrer pour les rempoter individuellement, vous pouvez le faire aussi. Si vous trouvez les tiges trop longues, rabattez-les à 10 cm du sol : cela stimulera la production de nouvelles tiges plus courtes. Vous pouvez aussi bouturer les tiges que vous supprimez pour obtenir plus de plantes. Enfin, à la fin de mai, quand la température se réchauffera, commencez à acclimater vos pélargoniums aux conditions d'extérieur en les exposant d'abord à 3 ou 4 jours d'ombre, puis à 3 ou 4 jours de mi-ombre avant de les placer au plein soleil, si possible, pour l'été. Soyez toutefois prête à rentrer les plantes le soir si les nuits sont encore fraîches (moins de 10 °C), et ce, jusqu'à ce que la température se stabilise, normalement vers la mi-juin.
Pommier paresseux
Q J'ai un pommier paresseux qui ne me donne que quelques pommes qui tombent avant de mûrir et qui sont brunes à l'intérieur et donc non comestibles. Que dois-je faire pour qu'elles cessent de tomber et deviennent comestibles? 
Antonin, Sayabec
R Les symptômes que vous décrivez peuvent indiquer bien des choses. Je soupçonne d'abord que la pollinisation n'a pas été bien réalisée, car c'est la cause principale d'une production faible. Est-ce qu'il y a d'autres pommiers dans le secteur? Car il faut une pollinisation croisée (les abeilles doivent apporter du pollen d'une autre variété de pommier) pour assurer non seulement une abondance de fruits, mais des fruits qui ne tomberont pas avant leur maturité. Si les abeilles sont rares dans votre secteur (ou s'il pleut pendant la floraison des pommiers), la pollinisation croisée sera assez limitée, autre facteur. La tavelure fait aussi chuter les fruits avant maturité. Cette maladie, très courante dans tout l'Est-du-Québec, nécessitera des traitements pesticides préventifs avec un fongicide si votre pommier est à risque. Une infestation de la mouche de la pomme est une autre cause possible de la chute des fruits et aussi de leur brunissement. On peut utiliser un piège en forme de balle rouge collante pour l'appâter et éliminer ce ravageur. Enfin, si le sol est pauvre ou qu'il lui manque certains minéraux, voilà une autre explication. Une bonne fertilisation avec un engrais complet tout usage peut alors être nécessaire. La prochaine fois que vous voudrez planter un pommier, cherchez spécifiquement une variété adaptée à votre climat (zone 3) qui est, de plus, résistant aux maladies. Peut-être qu'un pomiculteur local pourrait vous aider à faire un choix.
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Calendrier horticole
Salon Cours & Jardins 2017
Le Salon Cours & Jardins est de retour en 2017 avec plus de 100 exposants, des concours, des conférences et des aménagements à la fine pointe de la mode. Cet événement regroupe sous un même toit tout sur l'aménagement extérieur, l'horticulture, le mobilier, la terrasse, la cuisine d'été, le pavillon de jardin, les jeux d'eau, les spas, les piscines et plus encore.
Au Centre des congrès de Québec (1000, boulevard René-Lévesque Est, Québec) de 10h à 21h le samedi et de 10h à 17h le dimanche. 
Admission générale: 13 $, aînés et étudiants: 11 $, enfants de moins de 10 ans: gratuit 
Fines herbes
La Société d'horticulture de Saint-Apollinaire vous invite à sa prochaine conférence qui aura lieu dimanche à 13h30 au Centre multifonctionnel, situé au 20, rue Terry-Fox, à Saint-Apollinaire. Lili Michaud parlera des fines herbes, de la terre à la table. 
Information: 418 886-2874
Ravageurs et maladies des légumes
Lili Michaud présentera le cours Les ravageurs et les maladies des légumes le samedi 29 avril de 9h30 à 16h30 au Cégep Garneau, situé au 1660 boulevard de l'Entente, à Québec. 
Coût: 90 $.  Information et inscription: lilimichaud.com ou 418-522-5654.
Voyage au Jardin botanique de Montréal
La Société d'horticulture de Sainte-Foy organise un voyage au Jardin botanique de Montréal lors son exposition annuelle Rendez-vous horticole. Le voyage comprend la visite libre du Jardin botanique de Montréal et des exposants ainsi que le souper à la Casa Grecque à Drummondville. Dîner libre. L'excursion se tiendra le samedi 27 mai. Départ de l'aréna de Beauport à 7h30 et de l'aréna de Sainte-Foy à 7h45.
Coût: 100 $ pour les membres et 110 $ pour non-membres. Pour information et réservation, contactez Nicole Caron au 581 981-4441 ou par courriel: nicky101.2008@outlook.fr
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