Jardin Jeanne-d’Arc

Québec, toujours un désert botanique?

En février 1985, l’éditorialiste du défunt journal Canadian Garden News, Art Drysdale, avait écrit un billet traitant la ville de Québec de désert botanique («botanical desert»). À la suite d’une visite de deux jours à Québec en 1984, où les attraits horticoles ne l’ont manifestement pas impressionné, il a noté que notre ville «semble pratiquement dépourvue de bons jardins publics» et, de plus, il s’est dit consterné «par le manque de soins horticoles donnés aux plantations, même à l’intérieur des grands murs de la ville.» Assez cinglant, n’est-ce pas? Mais qu’en est-il 33 ans plus tard?

Une nette amélioration
Très honnêtement, la ville est beaucoup plus fleurie qu’à l’époque et ses aménagements sont maintenant bien entretenus. Les autorités ont beaucoup investi dans l’aménagement paysager, non seulement autour de la vieille ville, mais partout sur son territoire. Des îlots de plantes et de fleurs décorent maintenant les grandes artères et de superbes petits aménagements plus intimes, fleuris à souhait, apparaissent çà et là dans la ville. 

Les grands édifices ont maintenant presque tous des aménagements remarquables, selon l’espace disponible — l’Assemblée nationale, la gare du Palais, l’hôtel de ville, etc. — et les grands parcs ont tous des attraits horticoles améliorés ou supplémentaires. 

Il est difficile de croire que M. Drysdale n’avait pas pris en considération les superbes plaines d’Abraham (parc des Champs-de-Bataille), avec ses pelouses, bosquets et jardins, et notamment le superbe Jardin Jeanne-d’Arc. Les Plaines dans leur ensemble donnent à Québec un charme que peu de villes peuvent égaler. Mais peut-être qu’il considérait que les Plaines, étant de compétence fédérale, ne faisaient pas partie de la ville? 

Les pas en avant depuis 1985
Regardons quelques-uns des améliorations notables depuis 1985 :

› Le parc du Bois-de-Coulonge, qui a réussi le défi de se maintenir comme parc historique tout en améliorant la donne, surtout grâce aux incroyables jardins à l’entrée du parc, autour de la maison du gardien;

Maison du gardien du parc du Bois-de-Coulonge

› Domaine Maizerets, avec son vaste arboretum et son tour d’observation sur le fleuve, ouverts seulement depuis 1997;

› Domaine Cataraqui, entièrement restaurée et ouverte aux visiteurs;

› Le Jardin botanique Roger-Van den Hende, toujours aussi beau et intéressant;

› Parc de la Chute-Montmorency : ses incroyables aménagements en font un attrait touristique de première classe;

› Le Parc-Aquarium du Québec, tellement plus fleuri qu’il y a 33 ans qu’il a dû ajouter «parc» à son nom;

› Les innombrables aménagements des Urbainculteurs qui ont su souffler de la vie dans plusieurs quartiers autrement délaissés;

› Villa Bagatelle, abandonnée depuis 40 ans, mais ouverte depuis 1985 (peu après la visite de M. Drysdale en 1984);

› Et dernier parc, mais pas le moindre, la vaste et superbe Promenade Samuel-De Champlain, 4,6 km de verdure parsemés de jardins superbes, de jeux d’eau, de panoramas superbes et de coins de repos. Tout simplement incroyable!

J’en oublie, bien sûr. La qualité et l’étendue de l’aménagement des espaces verts de la Ville de Québec se sont tellement améliorées qu’il est impossible de tout résumer dans un seul article. 

Un bémol
Il reste un triste oubli : Québec demeure l’une des rares grandes villes du Canada qui n’a pas de serre publique (Halifax est la seule autre). Il me semble que la «capitale de la neige» aurait bien besoin d’une belle grande serre remplie de végétation luxuriante et tropicale où l’on pourrait se réfugier quand l’hiver devient trop déprimant. Nous avons eu une telle serre, dans le Jardin zoologique de Québec, mais elle a été vite fermée et git encore là, abandonnée. À la place, les Québécois doivent se ressourcer l’hiver en allant à Montréal dans les magnifiques serres du Jardin botanique. Triste, n’est-ce pas? 

Plus un désert botanique
La ville de Québec n’a jamais été un véritable désert botanique, à mon avis, et si elle paraissait un peu la parente pauvre de Montréal dans le passé, elle s’en est sorti brillamment. 

Mais sans serre publique, notre ville ne sera jamais vraiment sur la carte des grandes villes fleuries de ce monde. Ça, il faut bien l’admettre. 

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Hibiscus qui ne fleurit plus

Q J’ai un hibiscus qui ne veut pas fleurir. Je l’ai changé de terre il y a 2 ans et je le nourris bien. Il n’est pas au gros soleil continuel, mais tout de même. Je ne l’ai pas sorti dehors cette année, mais j’aurais peut-être dû! Et il ne fleurit pas depuis ce changement : il ne m’a donné que 2 fleurs au début de l’été. — Doris Boucher

Oui, vous auriez dû le sortir pour l’été! L’hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis) est un arbuste tropical habitué à au moins 9 heures par jour de soleil intense. Il faut donc essayer de lui faire croire qu’il est à Tahiti si vous voulez le voir fleurir abondamment. 

Malheureusement, relativement peu de lumière pénètre dans les petites fenêtres de nos maisons nordiques, surtout l’automne et l’hiver. Placez-le donc toujours devant la fenêtre la plus ensoleillée de la maison. L’été, acclimatez-le aux conditions en plein air et donnez-lui toujours un ensoleillement maximal. 

Des fertilisations régulières du printemps au début de l’automne avec l’engrais de votre choix, des arrosages abondants et profonds toute l’année et avoir une forte humidité atmosphérique dans la maison sont d’autres façons pour augmenter la floraison de cette plante qui donne du fil à retordre même aux jardiniers les plus expérimentés.

Un sorbier qui ne produit pas de fruits

Q J’ai planté un sorbier des oiseleurs il y a trois ans et je n’ai jamais eu de fruits. L’arbre est planté avec une exposition au sud, dans un sol plutôt sablonneux en zone 4a. Il est arrosé régulièrement par des gicleurs et mesure maintenant environ 6 m. Que se passe-t-il? — Hélène Cholette-Lacasse

Le sorbier fait beaucoup de fruits, mais seulement quand il a atteint sa pleine maturité.

R Probablement qu’il n’est tout simplement pas encore assez mature pour fleurir. La plupart des arbres prennent du temps avant de fleurir : de 7 à 10 ans pour les plus petits arbres, comme un sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), à 40 ans et plus pour un chêne (Quercus spp.). Et évidemment, si l’arbre ne fleurit pas, il ne produira pas de fruits. Probablement que votre arbre avait deux ou trois ans au moment de l’achat et a maintenant trois de plus : il devrait donc fleurir dans un an ou deux, quatre ans tout au plus.

Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

Par courrier à 

Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec)  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Super encan de plantes

Plus de 100 nouveautés horticoles – annuelles, vivaces, plantes d’intérieur, etc. — seront mises à l’enchère par Rock Giguère le samedi 8 septembre à partir de 10h, au bénéfice de la Fondation Joly-De Lotbinière. L’événement aura lieu beau temps, mauvais temps. Adresse : 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix. Info : 418 926-2462 ou www.domainejoly.com.

Bulbes à floraison printanière

La Société des Amis du Jardin Van den Hende offre une conférence sur le choix et la plantation des bulbes à floraison printanière avec Larry Hodgson. Elle aura lieu le dimanche 9 septembre à 10h dans la salle de conférence de la jardinerie Floralies Jouvence, 2020 avenue Jules-Verne, Québec. Coût : 5 $ pour les non-membres. Info : horti-centre@floraliesjouvence.ca.

Porte ouverte et soirée d’information et d’inscription

La Société d’horticulture de Sainte-Foy invite les personnes intéressées à sa soirée d’information et d’inscription et aussi à visiter ses locaux le mardi 11 septembre de 19h30 à 21h au Centre Sportif de Sainte-Foy (aréna, deuxième étage) situé au 930, av. Roland-Beaudin. Info : 418-981-4441 ou 418-658-9844.

Foodscaping et nouveaux légumes

La Société d’horticulture et d’écologie de Charlesbourg vous invite à une conférence qui se tiendra le mardi 11 septembre à 19h30 au Centre culturel et communautaire de Charlesbourg situé au 7575, boul. Henri-Bourassa, salle 20. Rock Giguère vous parlera du foodscaping et des nouveaux légumes. Coût : 8 $/non membres. Info : s.h.e.charlesbourg@hotmail.com.

Film Le jardinier

La prochaine rencontre de la Société d’Horticulture et d’Écologie de Montmagny aura lieu le mardi 11 septembre 2018 à 19h à la salle Jean-Pierre Després (cafétéria) de l’École secondaire Louis-Jacques-Casault (porte 141), 141 boulevard Taché Est, Montmagny. L’assemblée générale annuelle débute à 19h et sera suivie, à 20h30, de la projection du film Le jardinier. Coût : gratuit pour tous. Info : 418-248-9322. 

Soirée d’inscription et pivoines

La Société d’horticulture de Beauport vous invite à sa soirée d’inscription 2018-2019 et aussi à la conférence de Rock Giguère sur les pivoines. Elle se tiendra le mercredi 12 septembre à 19h30 au Centre municipal Mgr Laval sis au 35, rue du Couvent, Québec. Coût : 6 $ pour les non-membres. Info : 582-988-2556.

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

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Entretien horticole faire cette semaine

› Rempotez les plantes d’intérieur qui sont à l’étroit dans leur pot.

› Cueillez le maïs dès que les soies commencent à brunir.

› Prenez des boutures de pélargonium, de bégonias, de coléus, etc. pour décorer votre maison pendant l’hiver.

› Surveillez les fruits des kiwis rustiques et récoltez-les quand les fruits commencent à ramollir.

› Les bulbes à plantation automnale devraient arriver en magasin cette semaine ou la semaine prochaine. Visitez votre jardinerie préférée pour profiter du meilleur choix possible.