Le premier symptôme d'une infestation d'agrile du frêne est que les branches à la cime deviennent clairsemées ou meurent.

Que faire de votre frêne?

Vous avez sûrement vu la nouvelle. Depuis quelques semaines, les médias traitent abondamment de l'arrivée de l'agrile du frêne (Agrilus planipennis) dans la région de Québec. On le pense cantonné dans le quartier Montcalm actuellement, mais en fait, il est probablement rendu beaucoup plus loin. Après tout, avant de voir des symptômes de sa présence, l'arbre est souvent hôte de l'insecte depuis deux à trois ans, ce qui lui donne amplement le temps de se propager.
Le frêne (Fraxinux spp.), la seule essence touchée, a été énormément planté dans notre région depuis les années 1970 jusqu'aux années 2000 environ. Environ un tiers des arbres plantés à la promenade Samuel-de Champlain, lancée en 2008, sont par exemple des frênes. C'est un excellent arbre d'alignement et il existe des cultivars mâles qui ne produisent pas de samares (graines), ce qui plaît aux propriétaires, car il y a alors moins de déchets à ramasser. De plus, trois espèces, le frêne blanc (Fraxinus americana), le frêne noir (F. nigra) et le frêne rouge (F. pennsylvanica), sont indigènes dans la région et peuvent donc se trouver tout naturellement sur votre terrain sans y avoir été plantés.
Reconnaître l'arbre
Vous ne connaissez pas l'identité des arbres sur votre terrain? Sachez que reconnaître un frêne est relativement facile, notamment par son feuillage. La feuille est toujours pennée, avec un nombre impair de folioles (5 à 11) opposées placées le long de la nervure principale. Les folioles, sans pétiole, sont ovales et se terminent en pointe. Elles peuvent avoir une marge lisse ou légèrement dentée. 
Aussi, les arbres femelles produisent des grappes de samares linguiformes, chacune portant une graine à une extrémité. L'écorce, par contre, varie selon l'espèce.
Pouvez-vous sauver votre arbre ?
Probablement pas. D'accord, il est possible de faire traiter un frêne en santé pour prévenir l'attaque de l'agrile, notamment avec le produit biologique Treeazin, mais le prix est prohibitif : environ 300 à 400 $ aux deux ans. Vaporiser l'arbre ne suffit pas, il faut appliquer le produit par injection au moyen d'une pompe, ce qui demande un travail considérable.
Les larves creusent tellement de galeries dans le tronc que la sève ne peut plus monter... mais tout cela est hors de la vue, sous l'écorce.
Faire abattre un frêne (et disposer adéquatement de son bois, désormais contaminé) vous coûtera beaucoup moins cher que de traiter. D'accord, le prix d'abattage peut paraître onéreux (il varie énormément, selon la taille de l'arbre, sa situation géographique, sa dangerosité et sa facilité d'accès, entre autres facteurs), et peut facilement dépasser 700 $. Mais vous n'abattez un arbre qu'une fois, alors que vos arrières-petits-enfants paieront encore pour traiter votre frêne dans 75 ans si vous décidez de le conserver ! De plus, si votre arbre est déjà visiblement atteint, les traitements s'avéreront probablement inefficaces et non, ils ne sont pas garantis.
Seulement les instances publiques et les gens plutôt fortunés peuvent logiquement penser conserver certains frênes, et même là, il leur faudrait être réalistes et se limiter aux arbres qui ont une valeur historique ou ornementale exceptionnelle. 
Reconnaître l'infestation
L'agrile femelle préfère la cime des arbres où elle pond entre 30 et 60 oeufs sur ou sous la surface de l'écorce, alors que nous, les humains, sommes cloués au sol. Ainsi, elle passe inaperçue. 
Les larves éclosent et creusent des galeries sous l'écorce, dans l'aubier, mais encore là, elles travaillent sans se faire voir. Ces tunnels réduisent la capacité de la sève de monter des racines aux feuilles et donc, éventuellement, le feuillage jaunit au sommet de l'arbre et les branches se défolient partiellement ou complètement. C'est généralement le premier signe de présence de l'agrile. À ce stade, il y a déjà des galeries un peu partout dans l'arbre et il est donc presque toujours trop tard pour le sauver.
D'autres symptômes à surveiller : 
• Présence de gourmands (nouvelles pousses adventives paraissant directement du tronc) ;
• Fentes et fissures dans l'écorce ;
• Trous de sortie en D (percés quand les larves arrivent à maturité et quittent l'arbre) ;
• Présence de trous de pics-bois et de plaques d'écorce arrachées par les écureuils, les deux étant à la recherche de larves.
Quand réagir ?
Il n'est pas nécessaire de paniquer et de couper tous les frênes de la région tout de suite, car il peut falloir 10 à 15 ans avant qu'ils soient infestés. Par contre, il est indéniablement temps de commencer à planter des arbres de remplacement : tout arbre sauf un frêne, bien sûr ! Si vous les plantez cette année, ils auront déjà une taille respectable dans 10 ans et la perte de votre frêne fera alors moins mal. 
Qui doit s'en occuper ?
Si votre frêne se trouve en façade, près de la rue, il est probablement sur l'emprise municipale et donc la responsabilité de l'abattage relève de la Ville. Consultez votre certificat de localisation ou composez le 311 pour vérifier.
La présence de gourmands sur le tronc des frênes est souvent un symptôme que l'agrile est à l'oeuvre.
Sinon, c'est votre responsabilité. Le maire Régis Labeaume a récemment annoncé que la Ville préparait un programme pour aider les citoyens à combattre l'infestation. Un peu comme elle l'avait fait lors de l'épidémie de la maladie hollandaise de l'orme avec son Programme de soutien à l'abattage des ormes. La Ville payait la moitié des frais d'abattage, jusqu'à un maximum de 300 $. 
La fin des frênes?
Est-ce que les frênes vont disparaître complètement de notre continent? À l'état sauvage, probablement. Toutes les espèces nord-américaines sont très sensibles à l'agrile et meurent inévitablement de l'infestation à moins qu'on leur prodigue des injections répétées d'insecticide. Des chercheurs essaient d'introduire des insectes et des maladies qui tueront l'agrile, mais tout au plus permettront-ils aux jeunes frênes de survivre assez longtemps pour se reproduire. Les grands frênes matures que nous connaissons aujourd'hui seront bientôt chose du passé. Éventuellement, on pourrait planter des espèces de frênes asiatiques comme le frêne de Mandshurie (F. mandshurica) qui, ayant évolué avec l'agrile, offrent une certaine résistance. Mais pour l'instant, il faut en toute logique faire le deuil du frêne et passer à d'autres arbres.
***
Réponses à vos questions
Planter un pied de céleri
On peut faire enraciner un pied de céleri et obtenir une deuxième récolte.
Q J'ai suivi votre conseil et planté mes pieds de céleri. À date, les nouvelles feuilles apparaissent bien, mais un des pieds a pourri ! Trop d'eau ?  Également, j'ai lu qu'il faut les renchausser pour garder les branches blanches et croustillantes. Dois-je le faire tout le long de leur croissance ?
Monique Lespérance
R J'explique cette technique plus en détail à goo.gl/qwrtKu. Essentiellement, on prend un pied de céleri acheté à l'épicerie et quand on l'utilise, on laisse la base intacte. Si l'on place la base dans un bol d'eau ou dans un pot de terreau humide, de nouvelles racines apparaîtront et bientôt des feuilles aussi. Repiquez alors votre «pied de céleri enraciné» dans le potager et il reprendra rapidement sa forme d'origine, vous donnant une deuxième récolte. Qu'un pied ait pourri n'est pas trop surprenant : c'est quand même une «chirurgie» assez radicale et le taux de succès n'est pas de 100 %. 
Quant à l'idée de renchausser les plants ainsi produits, ce n'est pas du tout obligatoire. D'ailleurs, les branches seront aussi croustillantes que vous le fassiez ou non : cela ne change rien à la texture de la branche. On le fait uniquement pour blanchir les branches de céleri, une technique autrefois fort populaire, mais rarement utilisée de nos jours. C'est, jusqu'aux années 1950, que le céleri était vert foncé avec un goût intense. En renchaussant la plante de terre, cela coupe la lumière, ce qui rend les branches plus pâles et leur goût plus délicat. Or, le céleri moderne est autoblanchissant et alors il n'est plus nécessaire de la renchausser. Il produit tout naturellement une couleur vert pâle et un goût agréable. D'ailleurs, rappelez-vous que renchausser le céleri laisse toujours de la terre et du sable difficile à enlever s'infiltrer dans les interstices des branches. Le céleri moderne, n'étant plus renchaussé, est libre de ces saletés.
Pour poser une question à notre chroniqueur, envoyez un courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.
***
Entretien horticole à faire cette semaine
1. Récoltez les haricots à mesure qu'ils mûrissent : cela stimulera la plante à produire davantage de gousses.
2. Par journée pluvieuse, quand les abeilles ne sont pas actives, pollinisez manuellement les courges, melons et concombres en apportant du pollen d'une fleur mâle aux fleurs femelles avec un coton-tige.
3. Fertilisez vos plantes en pot. Elles ont besoin de plus d'engrais que les plantes cultivées en pleine terre. 
4. En préparant des bouquets de fleurs, recoupez la tige sous l'eau. Cela assure une meilleure irrigation des fleurs.
5. Tuteurer les grandes vivaces au besoin.
***
Calendrier horticole
Comment paresser au potager
Le Marché public de Pont-Rouge organise une conférence avec Larry Hodgson le samedi 22 juillet à 10h30 qui a pour thème comment paresser au potager. Vous y découvrirez comment réaliser un potager à entretien minimal qui produira de magnifiques légumes. L'activité aura lieu au centre récréatif Joé-Juneau, 51, rue du Collège, Pont-Rouge. Le marché lui-même est ouvert de 9h à 13h tous les samedis de l'été. Pour information : 418 873-4481.
Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.