Pois cultivés comme micropousses
Pois cultivés comme micropousses

Micropotager sur un rebord de fenêtre

Larry Hodgson
Larry Hodgson
Le Soleil
Voici un petit projet facile à réaliser qui vous assurera de récoltes régulières de légumes frais et nutritifs, un excellent projet pour vous divertir pendant votre confinement dû au coronavirus. Et vous pouvez le faire sur un rebord de fenêtre ensoleillé à la maison ou en appartement, et cela, en toute saison. Nul besoin d’un potager en pleine terre. Et, oui, les enfants peuvent participer aussi!

Le projet? Produire soi-même des micropousses.

Vous en avez vu utiliser comme garniture dans un restaurant chic… et votre supermarché en vend aussi. Il s’agit de jeunes pousses — des graines germées — de légumes et de fines herbes. L’idée est de les semer, les faire pousser et les récolter rapidement, habituellement en moins de deux semaines. À ce stade, elles ne ressemblent pas encore aux légumes et aux fines herbes qu’elles seraient devenues si on les avait laissées mûrir. Il n’y a qu’une mince tige, deux cotylédons (les deux premières feuilles d’un semis) et peut-être le début d’une feuille adulte. 

On les cultive sur une couche de terreau (les spécialistes vendent aussi des tapis conçus comme substrat pour leur culture) dans un bac ou un plateau, sur le rebord de la fenêtre. La production se fait si rapidement qu’il n’y ait pas le temps pour que quelque chose aille mal: même les pouces noirs réussissent les micropousses!

Avec des lampes de culture étagées, vous pouvez créer votre propre ferme de micropousses.

Les micropousses sont délicieuses, avec le même goût que la plante mature que vous connaissez (des micropousses de radis goûteront le radis, celles de basilic, le basilic, etc.), mais souvent le goût est plus intense. Elles peuvent être douces ou piquantes, sucrées, acidulées ou amères, croquantes ou fondantes, selon la variété choisie. Et elles sont riches en minéraux et vitamines; plus encore que la plante mature.

Matériaux

Pour ce projet, il vous faut des graines vendues à cette fin. Les sachets de semences préparés pour semer au jardin ne contiennent pas assez de semences et coûtent trop cher. Il faut des quantités plus importantes — 50 g, 150 g, 250 g, etc. — que vous trouverez notamment chez certains semenciers comme Mycoflor (mycoflor.ca), Vertige Ferme Urbaine (vertige.biz) et W. H. Perron (whperron.com). Les jardineries locales aussi en vendent par livraison ou par cueillette à l’auto.

Il faut aussi un plateau avec un dôme assorti. Vous pouvez prendre des plateaux de semis avec dôme offerts par une jardinerie ou utilisez tout simplement des barquettes en plastique transparent de supermarché dans lesquelles on vend des pâtisseries et des légumes.

Enfin, il vous faut du terreau pour semis ou terreau pour plantes d’intérieur, offert en jardinerie et quincaillerie.

Étape par étape

Humidifiez bien le terreau dans un seau ou un bol. Il doit avoir la texture d’une éponge essorée.

Versez environ 2,5 à 5 cm de terreau dans le plateau choisi. Égalisez.

› Étalez les semences sur le terreau. Couvrez-le bien, mais en évitant que les graines se chevauchent.

Pressez-les légèrement dans le terreau avec une petite planche.

Posez le dôme pour maintenir une forte humidité atmosphérique et modérer les changements de température.

Placez votre plateau sur le bord d’une fenêtre ou sous une lampe de culture allumée 12 heures ou plus par jour.

Vaporisez quotidiennement avec de l’eau tiède.

Quand les graines germent et leurs cotylédons sont bien ouverts, ce qui prend habituellement entre 8 et 12 jours, il est temps de les récolter. Coupez-les à la base des tiges avec des ciseaux,
juste au-dessus du terreau.

Rincez les micropousses… et faites une première dégustation.

Ce n’est pas plus compliqué que cela. 

Savoir bien les utiliser

Vous pouvez utiliser vos micropousses en salade, en sandwich, en soupe, en sauté ou comme garniture. Conservez vos surplus au réfrigérateur. La plupart se conservent au moins une semaine, parfois deux ou plus.

Le terreau ne peut pas servir une deuxième fois : mettez-le au compost, utilisez-le dans le jardin ou comme terreau de rempotage pour vos plantes d’intérieur. Par contre, vos plateaux et dômes peuvent servir encore et encore. Lavez-les tout simplement à l’eau savonneuse après chaque récolte.

Quelles variétés cultiver?

Vous pouvez choisir des semences de presque n’importe quel légume (betterave, radis, chou, chou kale, brocoli, blé, maïs, lentille, roquette, luzerne, moutarde, etc.) et de plusieurs fines herbes (basilic, aneth, coriandre, etc.). Il n’y a que les plantes de la famille des solanacées (tomates, poivrons, aubergines, etc.), dont les semis sont un peu toxiques, qu’il ne faut pas consommer.

Les micropousses : pour un potager simple sur le rebord de fenêtre! Une fois que vous les aurez essayées, vous en deviendrez facilement accro!

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ENTRETIEN DE LA SEMAINE

Évitez de marcher sur le gazon tant que le sol n’est pas asséché. 

C’est la bonne saison pour tailler les plantes d’intérieur devenues trop grandes et pour rempoter celles qui sont à l’étroit dans leur pot.

Vérifiez l’état de votre gouttière et nettoyez-la si elle est encombrée de feuilles ou de brindilles.

N’oubliez pas de donner un quart de tour hebdomadaire aux plateaux de semis, toujours dans le même sens. Sinon, ils pencheront vers le soleil.

N’oubliez pas de vérifier l’état de vos semis, les arrosant si le terreau s’assèche.

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QUESTIONS

Pots bon marché

Q Nous avons fait plusieurs semis. Maintenant, nous sommes à la recherche de pots de plastique économiques de 2 et 5 gallons pour nos plants de tomates. Avez-vous des endroits que je pourrais en acheter? Vu la situation actuelle, probablement que il sera plus facile par Internet.  
— André Gagnon

R Je pense que vous trouverez facilement des pots localement, même en période de confinement. Personnellement, j’utilise à cette fin des seaux récupérés de mon supermarché local dans lesquels il reçoit différents produits : olives, cornichons, etc. La dernière fois que je suis allé en chercher (il y a environ 10 ans, je dois admettre), ils coûtaient 1 $. Je sais que certains restaurants les offrent gratuitement aussi. Sinon, achetez des seaux de plastique bon marché dans une quincaillerie. Évidemment, il faut percer des trous dans le fond d’un seau avant de pouvoir l’utiliser comme pot, mais ces «pots recyclés» donne d’excellents résultats avec les tomates.

Pourriture apicale
 Mildiou de la tomate

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Compost contaminé?

Q L’an dernier, mes tomates ont été affligés de pourriture apicale (je crois, car il y avait du noir à la base des fruits) ou est-ce que c’était du mildiou de la tomate ? Nous avons jeté le tout dans notre compost. Est-ce que je peux utiliser ce compost cette année ou je dois craindre une transmission de quelconque maladie ? Nous avons beaucoup de compost et je serais très déçue de ne pas pouvoir en profiter!
— Isabelle Morin

R C’est vrai que les symptômes de la pourriture apicale et du mildiou de la tomate se ressemblent : un fruit où se forme une dépression noire et pourrie. Toutefois, dans le cas de la pourriture apicale, la dépression se forme uniquement à l’extrémité du fruit. Dans le cas du mildiou, la dépression peut paraître n’importe où sur le fruit et le feuillage aussi est marqué de taches brunes. Mais que ce soit l’une maladie ou l’autre, cela n’affectera pas la qualité du compost. 

Premièrement, la pourriture apicale n’est pas une maladie contagieuse. Elle est causée par une carence en calcium. Ainsi, il n’y a aucun risque qu’elle se transmet par des végétaux décomposés. Quant au mildiou de la tomate, oui, c’est une véritable maladie (Phytophthora infestans) et d’ailleurs il a causé énormément de pertes dans les potagers l’an dernier. Par contre, cette maladie ne survit que sur des plantes vivantes, comme des tubercules de pomme de terre (cette plante aussi soufre de cette maladie) et les tomates de serre. Les feuilles, tiges ou fruits morts (et, sous notre climat, toute partie de tomate laissée à l’extérieur, même dans un composteur, sera inexorablement tuée par le gel) ne la transmettent pas. Il n’y a donc pas de risque que ces maladies soient transmises à vos tomates par le compost que vous préparez. 

Cela dit, les spores du mildiou de la tomate sont transportées sur de longues distances par le vent, donc, que vous utilisiez du compost ou non, vos plants de tomate risquent d’en être infestés. Pour prévenir cette maladie, semez des tomates naturellement résistantes au mildiou, comme Defiant, Mountain Magic, Mountain Merit, Jasper et Legend.

DES QUESTIONS SVP!

Vous pouvez nous joindre :
Par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com
Par courrier à
Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec)  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Conversations horticoles
Durant la période de confinement dû au coronavirus, Larry Hodgson offre gratuitement des «conversations horticoles» en direct les mercredis à 10h sur Facebook.

Formations en ligne
L’agronome Lili Michaud offre des formations en ligne que vous pouvez suivre à votre rythme, dans le confort de votre foyer. Au programme :  Le compostage domestique et Les fines herbes de la terre à la table. Coûts: 25$ et 30$ + taxes. Info : www.lilimichaud.com