Echinacea 'Secret Joy', avec ses fleurs jaune pâle en pompon, est un exemple de la gamme d'échinacées hybrides maintenant offertes.

L'année de l'échinacée

L'humble échinacée, cette vivace classique de nos jardins, a mérité toute une distinction, car le National Garden Bureau vient de lui dédier une récompense importante : 2014 est reconnue comme l'année de l'échinacée. Regardons pourquoi cette plante a mérité un tel honneur.
<p><em>Echinacea</em> 'Tomato Soup' est la première échinacée à fleurs rouges.</p>
<p><em>Echinacea</em> PowWow™ 'Wild Berry' rappelle une échinacée pourpre classique, mais est plus compacte et florifère.</p>
Une plante, deux utilisations
L'échinacée est autant une plante médicinale qu'ornementale. Depuis l'époque des Amérindiens, on utilise sa racine pour traiter diverses maladies, comme la dépression, le mal de gorge, le mal de tête et plus encore, et, en général, pour stimuler le système immunitaire. De nos jours, elle compte parmi les cinq plantes les plus utilisées en médecine douce au Canada. Les deux échinacées les plus utilisées à cette fin sont E. purpurea et E. angustifolia.
Mais c'est aussi une plante ornementale des plus prisées. La preuve en est que l'échinacée est aussi l'une des cinq vivaces les plus vendues dans les jardineries. On apprécie surtout ses belles fleurs... ou plutôt, devrais-je dire, ses inflorescences, car chaque «fleur» d'échinacée est en fait composée de 200 à 300 fleurons fertiles réunis en un dôme bombé central qui va de vert à orangé selon l'étape de la floraison. Les 15 à 50 «pétales» qui entourent le dôme central ne sont pas non plus de véritables pétales, mais des rayons, soit des fleurs stériles qui servent, par leur coloration vive, à attirer les pollinisateurs vers les véritables fleurs au centre.
Chez huit des neuf espèces, les rayons sont de couleur rose, la dernière, l'échinacée jaune (E. confusus), ayant, comme son nom commun le suggère, des rayons jaunes.
Le nom Echinacea vient du mot grec pour «hérisson», echino, une référence au centre piquant de la fleur. Les fleurs sont pollinisées par les papillons et les abeilles et, si on ne les supprime pas, attirent les oiseaux l'hiver qui viennent manger les graines qui s'y développent.
Pour le bouquet
Les échinacées font d'excellentes fleurs coupées fraîches et persistent environ une semaine. On peut aussi faire sécher les fleurs pour les arrangements floraux. Pour ce faire, attendez vers la fin de la floraison et suspendez les fleurs à l'envers pour les faire sécher. Les rayons tombent, mais le «cône» central peut embellir votre demeure pendant des années.
Les cultiver
Les échinacées viennent du Nouveau Monde, notamment du centre et de l'est des États-Unis, avec une seule espèce (E. angustifolia) qui s'étend jusqu'aux Prairies canadiennes. Elles poussent dans les prés et les sous-bois ouverts et, de ce fait, se plaisent dans nos platebandes qui sont essentiellement des prés reconstitués. Elles tolèrent tous les sols pourvu que le drainage soit bon, mais réussissent mieux dans un sol moyennement riche. Leur tolérance de la sécheresse est excellente, mais malgré tout, elles fleurissent plus abondamment quand on ne laisse pas le sol sécher en profondeur.
Idéalement, on les cultiverait au plein soleil, mais la mi-ombre est acceptable. Évitez de fertiliser à l'excès, car cela stimule des tiges plus hautes, mais peu solides, qui peuvent plier sous la force du vent. Elles sont solidement vivaces en zone 4 et réussissent habituellement bien en zone 3 aussi.
Pour assurer un bon départ des échinacées, mieux vaut ne pas les laisser fleurir la première année, surtout s'il s'agit d'un jeune plant portant une seule tige florale. Si on supprime cette ou ses premières inflorescences, cela encouragera la plante à concentrer son énergie sur un bon enracinement et ainsi à bien s'établir. Ainsi, la plante vivra pendant une décennie plutôt qu'un seul été.
On peut multiplier les échinacées par division ou boutures de tige ou de racine. Elles sont faciles à multiplier par semences. On peut même obtenir une certaine floraison la première année d'un semis fait très tôt, en janvier.
Que de variétés!
Pendant très longtemps, on ne trouvait sur le marché que l'échinacée pourpre, autrefois appelée rudbeckie pourpre (E. purpurea). D'ailleurs, cette espèce demeure toujours l'échinacée la plus populaire. Contrairement à la croyance populaire, le nom pourpre ne vient pas de la couleur de la fleur, car elle n'est pas pourpre mais rose, mais plutôt de ses racines, qui, sous certaines conditions, prennent une coloration pourpre. Il existe aussi plusieurs formes d'échinacée pourpre à fleurs blanches et même vertes. La plupart des échinacées atteignent entre 60 et 90 cm de hauteur.
Depuis cinq ou six ans, on a vu arriver sur le marché une foule de nouvelles variétés aux couleurs et aux formes autrefois inimaginables : fleurs rouges, orange ou jaunes, fleurs doubles ou semi-doubles, plantes naines et beaucoup plus encore. Ces nouvelles formes et couleurs viennent en bonne partie de l'hybridation et impliquent plusieurs espèces différentes. On ne peut pas multiplier ces variétés par semences, car elles ne donneront pas des plantes identiques à la plante mère, mais on peut les diviser ou les bouturer.
Un spectacle de fin de saison
Les échinacées fleurissent pendant deux mois et plus... mais tardivement. D'accord, si on les force en serre, on peut avoir une floraison dès juin la première année, mais par la suite elles prendront leur rythme de floraison normal, soit entre août et octobre. E. 'Purple Splendor', une sélection compacte à fleurs roses, commence à fleurir plus tôt que les autres, en juillet.
Essayez une échinacée dans votre jardin cet été, car elle y mérite bien une place!