Frêne dépérissant, atteint de l’agrile du frêne.
Frêne dépérissant, atteint de l’agrile du frêne.

Des arbres pour remplacer les frênes

Larry Hodgson
Larry Hodgson
Le Soleil
Se promener dans certains quartiers de la ville est devenu assez désolant, avec un peu partout des arbres mourants marqués d’un X orange. Il s’agit de frênes (Fraxinus) moribonds, leur vie coupée courte par l’arrivée de l’agrile du frêne (Agrilus planipennis), cet insecte foreur de bois importé accidentellement de l’Asie et dévastateur pour les frênes indigènes. 

D’après certaines estimations, plus de 45 000 frênes vont mourir d’ici 10 ans uniquement dans la ville de Québec. Et le règlement municipal oblige l’abattage des arbres atteints, et ce, quand l’insecte est inactif, soit avant le 1er avril ou après le 30 septembre.

Il est vrai qu’il est possible de sauver une certaine portion de ces arbres en les traitant par injection avec un insecticide, mais le traitement est réservé aux arbres qui ne sont pas encore atteints de l’agrile et est assez coûteux, nécessitant de plus une reprise du traitement tous les deux ans, tant que l’arbre vivra. Donc, probablement que l’on sauvera 400 ou 500 sur les 45 000 frênes actuels. Les autres vont mourir, et ce, en relativement peu de temps, de surcroît. 

Cette forêt a été dévastée par l’agrile du frêne.

Décision

Si vous avez un frêne sur votre terrain, vous avez donc une décision à prendre. Et si la décision est d’abattre, il vous faudrait penser avec quels arbres vous prévoyez de remplacer le frêne mort, car personne ne veut voir le cheptel d’arbres urbains et périurbains diminuer, pas en sachant tous les bénéfices qu’ils offrent (climatisation, purification de l’air, prévention des inondations, réduction de l’érosion, habitat pour la faune, amélioration de la santé physique et mentale des citoyens, etc.). Au contraire, il faudrait augmenter le nombre d’arbres en ville, pas le diminuer!

Donc, la question devient… avec quels arbres peut-on remplacer les frênes? Et j’ai mis cela au pluriel, car idéalement, il faudrait utiliser une bonne variété d’arbres.

Le charme de Caroline, un arbre d’ombrage indigène, est tout à fait... charmant!

Arbres de remplacement

Ce qui suit est une liste d’arbres dits «arbres d’ombrage» qui, par leur port, leurs dimensions et leur utilité, peuvent remplacer les frênes dans le paysage urbain. 

J’ai exclu de la liste suivante les arbres qui ont leurs propres problèmes de maladie ou d’insecte, comme l’orme d’Amérique (Ulmus americana, exception faite des variétés résistantes) sujet à la maladie hollandaise de l’orme, le tilleul à petites feuilles (Tilia cordata) sujet aux pucerons qui salissent meubles et autos et les bouleaux blancs (Betula papyrifera et autres) qui ont leur propre problème d’agrile : l’agrile du bouleau. 

Aussi absentes de la liste sont les espèces considérées nuisibles à l’environnement à cause de leur nature envahissante, comme l’érable de Norvège (Acer platanoides) et le robinier (Robinia pseudoacacia), ou qui, à cause de leur système racinaire trop entreprenant, ne sont pas recommandées sur les terrains de banlieue, comme l’érable argenté (Acer saccharinum) et la plupart des peupliers (Populus spp.) et des saules (Salix spp.) :

  • Bouleau jaune (Betula alleghaniensis) — zone 3
  • Bouleau noir (Betula nigra) — zone 3
  • Caryer (Carya ovata) — zone 4
  • Charme (Carpinus caroliniana) — zone 3 b
  • Chêne à gros glands (Quercus macrocarpa) — zone 3
  • Chêne anglais (Quercus robur) — zone 4
  • Chêne bicolore  (Quercus bicolor) — zone 4
  • Chêne blanc (Quercus alba) — zone 4
  • Chêne des marais (Quercus palustris) — zone 4
  • Chêne écarlate (Quercus coccinea) — zone 4
  • Chêne rouge (Quercus rubra) — zone 4
  • Épinette (Picea spp.) — zones 1 à 5 et plus, selon l’espèce
  • Érable à sucre (Acer saccharum) — zone 4
  • Érable de Freeman (Acer x freemanii) — zone 3
  • Érable rouge (Acer rubrum) — zone 3
  • Févier (Gleditsia triacanthos) — zone 4 b
  • Ginkgo ou arbre aux quarante écus (Ginkgo biloba) — zone 4
  • Mélèze (Larix spp.) — zone 2
  • Micocoulier occidental (Celtis occidentalis) — zone 4
  • Noyer noir (Juglans nigra) — zone 4
  • Orme américain (Ulmus americana) (variétés résistantes à la maladie hollandaise de l’orme, comme Valley Forge) — zone 3
  • Orme hybride (Ulmus x) (variétés résistantes à la maladie hollandaise de l’orme, comme Accolade™ «Morton») — zone 4
  • Orme japonais (Ulmus davidiana japonica) — zone 3
  • Ostryer de Virginie (Ostrya virginiana) — zone 3
  • Phellodendron de l’Amour (Phellodendron amurense) (arbres mâles seulement) — zone 3
  • Pin (Pinus spp.) — zones 2 à 5 et plus, selon l’espèce
  • Poirier de Sibérie  (Pyrus ussuriensis) — zone 3
  • Sapin (Abies spp.) — zones 2 à 5 et plus, selon l’espèce
  • Thuja ou cèdre  (Thuja occidentalis) — zone 3
La forêt de la région était autrefois dominée par l’érable à sucre, un arbre à redécouvrir.

C’est le temps d’agir

Le moment pour agir est avant que votre frêne commence son déclin. Plantez maintenant le ou les arbres de remplacement pour qu’ils aient le temps de prendre un peu de galon. Ainsi, quand vient le temps de couper votre frêne, ses remplacements offriront tout de suite une certaine prestance!

Note : Les zones de rusticité indiquent le degré de tolérance des végétaux au froid. Plus le chiffre est petit, plus l’arbre peut tolérer le froid. Par exemple, les jardiniers de zone 5 (Montréal et Gatineau) peuvent cultiver des arbres des zones 1 à 5; ceux de la zone 4 (vallée du Saint-Laurent, incluant Québec), les arbres des zones 1 à 4.; ceux de zone 3 (Saguenay, Côte-Nord, intérieur de la Gaspésie, etc.), les arbres des zones 1, 2 et 3.

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ENTRETIEN DE LA SEMAINE

  • Récoltez les haricots à mesure qu’ils atteignent la taille désirée : cela stimulera la plante à produire davantage de gousses.
  • Fertilisez vos plantes en pot. Elles ont besoin de plus d’engrais que les plantes cultivées en pleine terre. 
  • Tondez le gazon plus haut (à 8 cm) pour protéger les racines du soleil intense.
  • Par journée pluvieuse, quand les abeilles ne sont pas actives, pollinisez manuellement les courges, melons et concombres en apportant du pollen d’une fleur mâle aux fleurs femelles avec un coton-tige.

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QUESTIONS

On voit ici un fraisier de Virginie.

Fraisiers dans le gazon

Depuis plusieurs années, nous avons des fraisiers qui poussent sur notre gazon. Nous avons un service d’entretien et, même après plusieurs traitements de leur part, il n’y a pas eu de résultat. Nous sommes propriétaires depuis plusieurs années et ni nous ni nos voisins n’avons jamais semé des fraisiers. Que faire?
— L. Giguère 

R Le fraisier de Virginie ou fraisier des champs (Fragaria virginiana) est une plante indigène trouvée très couramment presque partout au Québec. Il est plus petit que le fraisier cultivé (F. × ananassa) et produit des fruits plus petits aussi, mais tout aussi sucrés, sinon plus. Il n’était donc pas nécessaire d’avoir planté des fraisiers cultivés dans le secteur pour que le fraisier de Virginie s’installe dans votre pelouse. Un oiseau aurait facilement pu transporter des graines de fraisier d’un champ des environs dans ces fientes. Et ce fraisier pousse facilement dans un gazon, étant suffisamment bas pour passer sous la lame de la tondeuse. 

A priori, la présence de fraisiers dans un gazon n’est pas un problème. Ils produisent des feuilles qui restent vertes en période de sécheresse, offrent de belles fleurs et de délicieux fruits et ne font trébucher personne. Bien des gens seraient très heureux d’en avoir dans leur gazon. Mais vous êtes sans doute une de ces personnes qui tiennent à un gazon uniquement composé de graminées. Puisque votre entrepreneur n’a pas réussi à les éliminer, malgré sans doute l’emploi répété d’herbicides puissants et toxiques, il ne vous reste pas d’autre choix que d’arracher les plants un par un. Attendez le lendemain d’une bonne pluie, car les plantes s’arrachent mieux quand le sol est au moins un peu humide. Vous découvrirez que les fraisiers s’enlèvent facilement et ne repousseront pas, du moins, tant que vous arrachez tous les plants. Évidemment, laisser des trous vides de végétation dans le gazon invitera de véritables mauvaises herbes à s’y installer, donc mieux vaut faire suivre cet arrachage manuel par un sursemis de graines de gazon de qualité. Ainsi ce seront des graminées qui pousseront dans les espaces vides plutôt que des mauvaises herbes.

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Clématite à identifier.

Clématite florifère

Nous avons une clématite magnifique et aimerions connaître son nom. Est-ce qu’on devrait la tailler à l’automne ou au printemps? Cette année, nous l’avons fait au printemps.
— Helene Gamner, Lévis

Je crois que c’est une clématite italienne «Étoile Violette» (Clematis viticella «Étoile Violette») ou encore, une autre clématite italienne, peut-être «Polish Spirit» qui est très semblable. On la distingue de la clématite «Jackmannii» plus populaire par ses fleurs plus petites, mais plus nombreuses. Elle fleurit de juillet à septembre. «Étoile Violette» a une longue histoire, car elle fut développée en 1885 par l’hybrideur lyonnais Francisque Morel. Elle semble solidement rustique en zone 3. Cette clématite fleurit «sur le bois nouveau», soit les nouvelles tiges produites au printemps. Donc, idéalement, vous la rabattrez à environ 30 cm du sol chaque printemps, avant le début de la végétation, pour permettre la pousse d’une abondance de nouvelles tiges. Sachez toutefois qu’une taille à l’automne donnerait exactement le même résultat. 

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Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre :
Par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com
Par courrier à
Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec) G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Entrée gratuite au Domaine Joly-De Lotbinière
Le Domaine Joly-De Lotbinière offre l’accès gratuit au site et au Centre d’interprétation le premier dimanche de chaque mois, dont le 2 août.
Info : 418 926-2462 ou www.domainejoly.com.

Conversations horticoles
Durant la période de confinement dû au coronavirus, Larry Hodgson offre gratuitement des «conversations horticoles» en direct les mercredis à 10h à www.facebook.com/JardinierParesseux.

Six cours sur l’aménagement paysager
La Société d’horticulture de Québec offre une série de six cours sur l’aménagement paysager animé par Alain Lorange, architecte paysager. Advenant l’autorisation de la Santé publique, ces cours auront lieu les mardis 29 septembre, 6, 13, 20 et 27 octobre et 3 novembre de 19h30 à 22h au Centre Marchand, 2740, 2e Avenue Est, Québec.
Prix membre : 125 $, prix non-membre 150 $. Informations : 418 524-4300 ou j.bour4@videotron.ca. Date limite d’inscription : 31 août. 

Formations en ligne
L’agronome Lili Michaud offre des formations en ligne que vous pouvez suivre à votre rythme dans le confort de votre foyer. Au programme : Le compostage domestique, Les fines herbes de la terre à la table, Le potager : planification, aménagement et entretien et Les trucs de culture de 25 légumes, de l’ail à la tomate. Coût : 25 $ et 30 $ + taxes.
Pour information et inscription :  www.lilimichaud.com

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à  courrierjardinierparesseux@yahoo.com.